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Richard Hétu est le correspondant de La Presse à New York. Il a fait paraître deux romans, Rendez-vous à l'Étoile (VLB éditeur, 2006) et La route de l'Ouest (VLB éditeur, 2002), ainsi que deux essais sur les États-Unis, Sexe, fric et vote : les clés de la Maison-Blanche (Les Éditions La Presse, 2012), co-écrit avec Alexandre Sirois, et Lettre ouverte aux anti-américains (VLB éditeur, 2003).
Par 138 voix pour, 9 contre et 41 absentions, l’Assemblée générale des Nations unies vient d’accorder à la Palestine le statut d’État observateur non membre à l’ONU, offrant à son peuple et ses dirigeants une victoire diplomatique majeure.
Au grand dam des États-Unis et d’Israël, le nouveau statut des Palestiniens à l’ONU leur permettra notamment de poursuivre l’État juif devant la Cour pénale internationale pour sa politique de colonisation en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est annexée.
Ce nouveau statut a été qualifié de «certificat de naissance» par le président palestinien Mahmoud Abbas.
La France, l’Espagne et la Suisse font partie des pays européens qui ont voté en faveur de la résolution octroyant à la Palestine une nouvelle stature internationale. L’Allemagne et la Grande Bretagne se sont abstenus. Le Canada a voté dans le même sens que les États-Unis et Israël.
Le New York Times publie aujourd’hui en première page une analyse démontrant que les critiques de John McCain et cie à l’encontre de Susan Rice pour ses déclarations du 16 septembre sur l’attaque contre le consulat américain de Benghazi ne sont pas seulement infondées. Celles-ci escamotent également des questions plus importantes sur la sécurité et le travail des diplomates américains dans des pays dangereux ainsi que sur la menace que représentent les groupes affiliés à Al-Qaeda dans des pays comme la Libye.
Pourquoi donc alors le sénateur McCain prêterait-il son nom à une campagne qualifiée d’«obsession» par la Maison-Blanche et susceptible de nuire à ce qui lui reste de réputation et de prestige? Le Times fournit une hypothèse dans son analyse en rappelant que Susan Rice avait ridiculisé les positions en matière de politique étrangère du rival de Barack Obama lors de la campagne présidentielle de 2008. Or, comme le veut le dicton, la vengeance est un plat qui se mange froid.
L’animatrice de MSNBC Rachel Maddow a offert une autre théorie hier soir (voir la vidéo qui coiffe ce billet) : McCain et ses collègues républicains veulent ternir la réputation de l’ambassadrice américaine à l’ONU pour forcer le président à choisir le sénateur du Massachusetts John Kerry comme remplaçant à Hillary Clinton au poste de secrétaire d’État. Selon la théorie de Maddow, le choix de Kerry mènerait à la tenue d’une élection spéciale au Massachusetts qui pourrait permettre au républicain Scott Brown, battu en novembre par Elizabeth Warren, de retourner au Sénat.
Quoi qu’il en soit, la croisade des McCain et cie fait rire certains humoristes, dont Jon Stewart, qui n’ont pas oublié les déclarations erronées de ces derniers sur les armes de destruction massive en Irak pour justifier l’invasion de ce pays ainsi que leurs propos chevaleresques pour défendre la réputation de Condoleezza Rice avant et après sa nomination au poste de secrétaire d’État. Voici le topo de Stewart sur cette affaire :
P.S. : Les internautes canadiens peuvent trouver ce topo ici.