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Richard Hétu est le correspondant de La Presse à New York. Il a fait paraître deux romans, Rendez-vous à l'Étoile (VLB éditeur, 2006) et La route de l'Ouest (VLB éditeur, 2002), ainsi que deux essais sur les États-Unis, Sexe, fric et vote : les clés de la Maison-Blanche (Les Éditions La Presse, 2012), co-écrit avec Alexandre Sirois, et Lettre ouverte aux anti-américains (VLB éditeur, 2003).
Pour Mitt Romney, la meilleure défense, c’est l’attaque, comme il le démontre en accusant Barack Obama dans une nouvelle pub d’avoir donné le feu vert à des coupes de plus de 700 milliards de dollars dans le programme d’assurance santé Medicare pour les personnes âgées et handicapées.
Le camp républicain espère que cette accusation éliminera l’avantage que les démocrates pourraient tirer en dénonçant le sort que le plan budgétaire de Paul Ryan réserve au programme Medicare (voir ce billet).
Les démocrates ont fait valoir que la pub de Romney est injuste et trompeuse dans la mesure où les économies projetées par l’administration Obama ne proviennent pas de réductions d’avantages et de services dont jouissent aujourd’hui les personnes âgées dans le cadre de Medicare.
Ils rappellent aussi que le plan Ryan que Romney a promis de promulguer s’il est élu tient compte des économies projetées par l’administration Obama. Ce plan, faut-il le rappeler, a été adopté en 2011 par la Chambre des représentants à majorité républicaine.
Le camp de Mitt Romney demand à Barack Obama de condamner une déclaration faite aujourd’hui par Joe Biden devant un auditoire de Virginie composé de plusieurs électeurs afro-américains. Je cite cette déclaration :
«Romney veut laisser les… il a dit que pendant les 100 premiers jours (de sa présidence), il laisserait à nouveau les grandes banques dicter leurs propres règles, désenchaîner Wall Street. Ils vont remettre des chaînes à vos pieds (They’re going to put y’all back in chains).»
Pendant que la porte-parole de Mitt Romney déplorait cette nouvelle «bassesse» des démocrates, celle de Barack Obama n’y voyait rien à redire, selon cet compte rendu du New York Times.
Les démocrates ont gagné plusieurs élections locales ou nationales par le passé en avertissant les électeurs qu’un vote républicain mettrait en péril Medicare, le programme public d’assurance santé destiné aux personnes âgées et handicapées.
Et c’est en partie pourquoi ils se réjouissent du choix de Paul Ryan comme colistier de Mitt Romney. Et c’est pourquoi aussi plusieurs stratèges républicains sont inquiets, déçus ou carrément ulcérés par la décision de Romney, selon cet article du journal Politico.
Il ne fait pas de doute que Medicare continuera à alourdir les déficits budgétaires du gouvernement fédéral si aucun changement n’y est apporté. Ces déficits pourraient même menacer l’existence même du programme, comme le rappelle Paul Ryan.
Mais les électeurs âgés de Floride, du New Hampshire et d’Ohio, entre autres États-clés de l’élection présidentielle, accepteront-ils les changements proposés par le représentant du Wisconsin? C’est la question que soulève le New York Times dans cet article publié aujourd’hui à la une.
Le plan Ryan ne s’appliquerait pas aux électeurs qui ont aujourd’hui 55 ans et plus. Dans sa version actuelle, il permettrait à ceux qui le désirent de recevoir un montant fixe pour s’assurer sur le marché privé. Les démocrates feront valoir que cette proposition mettrait fin au programme Medicare «tel que nous le connaissons» et forcerait au bout du compte les personnes âgées à piger dans leurs revenus ou leurs épargnes pour obtenir des soins de moindre qualité.
Et ils passeront sans doute sous silence le fait que les bénéficiaires actuels de Medicare ne seraient aucunement touchés par les changements proposés par Ryan.
De leur côté, Mitt Romney et ses alliés républicains pensent avoir trouvé une bonne façon de répliquer aux attaques de leurs adversaires. Non seulement répètent-ils qu’ils veulent «sauver et non éliminer» Medicare, mais ils accusent également Barack Obama de réduire le budget de ce programme à hauteur de 700 milliards de dollars pour financer sa réforme de la santé.
Le montant de 700 milliards de dollars, faut-il préciser, correspond à des économies négociées par l’administration Obama auprès des hôpitaux et des compagnies pharmaceutiques, entre autres, dans le cadre de la réforme de la santé.
La vidéo qui coiffe ce billet a été réalisée par le camp de Barack Obama, qui donne la parole à des électeurs de Floride sur le «plan Romney-Ryan».