Richard Hétu

Richard Hétu - Auteur
  • Richard Hétu, collaboration spéciale

    Richard Hétu est le correspondant de La Presse à New York. Il a fait paraître deux romans, Rendez-vous à l'Étoile (VLB éditeur, 2006) et La route de l'Ouest (VLB éditeur, 2002), ainsi que deux essais sur les États-Unis, Sexe, fric et vote : les clés de la Maison-Blanche (Les Éditions La Presse, 2012), co-écrit avec Alexandre Sirois, et Lettre ouverte aux anti-américains (VLB éditeur, 2003).
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    Samedi 30 avril 2011 | Mise en ligne à 12h00 | Commenter Commentaires (27)

    Quand Romney parle de «pendre» Obama

    Il va sans dire que Mitt Romney ne propose pas de «pendre» le premier président américain de couleur, même si le mot est sorti de sa bouche hier soir lors d’un discours au New Hampshire. Selon la transcription de ses propos, l’ancien gouverneur du Massachusetts a employé une métaphore dans laquelle il a exprimé son intention de «passer autour du cou» de Barack Obama les problèmes économiques des États-Unis :

    “We’re gonna have to hang the Obama misery index around his neck, and I’ll tell you the fact that you’ve got people in this country really squeezed with gasoline getting so expensive, with commodities getting so expensive; families are having a hard time making ends meet. So we’re gonna have to talk about that. And housing foreclosures and bankruptcies and higher taxation – we’re gonna hang him with that…”

    Comme on peut le constater dans la vidéo qui coiffe ce billet, Romney a rapidement réalisé son erreur et précisé qu’il parlait métaphoriquement lorsqu’il a dit «nous allons le pendre avec ça». Cela dit, il y a lieu de se demander si le prétendant républicain a intérêt à répéter cette métaphore évoquant la corde que l’on passe autour du cou du condamné à mort (ou que l’on passait, à une autre époque, autour du cou du nègre à lyncher).


    • Il n’y a pas juste ses “mispokes” dont il doit se méfier, il y a aussi ses “miswrotes”.

      “An opinion piece by the former Massachusetts governor focused on last week’s threat by an influential ratings agency to cut the U.S. credit rating.

      That message was quickly drowned out by backlash after Romney referred to Obama’s stimulus programs as “one of the biggest peacetime spending binges in American history.” In doing so, Romney neglected to acknowledge the U.S. wars in Iraq and Afghanistan and current involvement in Libya.”

      http://www.cnbc.com/id/42759352/Peacetime_Gaffe_Dilutes_Romney_Message_on_US_Debt

      Il est mieux de faire attention, si ça continue comme ça, il va réussir à faire passer Trump pour le candidat le plus cohérent du GOP.

    • Quelle excuse!!! Un lapsus ou une métaphore…bizarre comme la langue des politiciens fourche aujourd’hui… Un politicien se doit de préparer ses allocutions avant de se produire en public…alors je ne lui accorde aucun bénéfice du doute, cela a été dit intentionnellement…

    • C`est rendu complètement débile ce politiquemnt correct.Y`a pas dit qu`il était pour le pendre au bout d`une cordre après un arbre.Encore du niaisage pour faire passer Obama pour une victime contre les méchants blancs.Le LTC Allen West est noir,plus noir qu`Obama et est contre les politiques d`Obama et a utilisé le terme”fix your bayonet” pour lutter contre les gauchistes étatistes.AHHHH !!! Je suis tout bouleversé.

    • Hummm….Voyons voir,
      Organisateur politique de Romney: “Hey, conseiller aux communications du GOP, quels termes pourrait-on faire dire à notre candidat Romney qui feraient plaisir à la portion teaparty, redneck et gunloving freak de notre électorat potentiel d’extrème droite pour compenser pour son programme de couverture médicale trop à gauche?”
      Conseiller en communication: “Heu…watermelon and fry chicken eating…, peut-être cotton picking… ou neck hanging, oui c’est ça, neck hanging!”

    • Pas une très grosse gaffe, à mon avis. Dans le contexte, on savait exactement qu’il n’avait pas en tête le lynchage des Noirs.

      C’est pas mal moins grave que les allusions que beaucoup d’autres politiciens républicains font de ces jours-ci. Genre Donald “le toupet” Trump qui décide de frapper sur un clou déjà très enfoncé (le certificat de naissance). Les connotations raciales sont immanquables sur ce coup-là, surtout qu’en 2008 personne n’a jamais contesté l’endroit où McCain est né (et puis pourtant il y aurait eu de quoi: il est né dans la zone américaine du Canal de Panama, qui appartient aujourd’hui au Panama).

    • …et est-ce qu’on parie que bon nombre des convives à écouter Romney déblatérer sur les hausses du prix de l’essence, à ce diner très chouette de “American for prosperity”, non seulement ne souffriront-ils nullement de ces hausses en raison de leur fortune, non seulement auront-ils la possibilité de déduire ces coûts d’essence pour venir à ce diner de leurs frais de représentation comme entrepreneurs ou lobbyistes, mais en plus certains profiteront-ils à la source et au premier chef comme commerçants de ces hausses de prix. Ou de l’art d’être riche et non cohérent.

    • «Stange fruits» chantait Nina Simone.

      Cette image de noirs pendus aux arbres est très présente dans l’imaginaire USA. Ce «lapsus» n’est pas innocent.

      Ce sont les républicains qui fabriquent la corde pour se pendre eux-mêmes!

    • Un lapsus dit toujours quelque chose au sujet des arrières-pensées de celui qui l’a proféré.

    • Josh Green sur le sujet :

      “Romney remains an exceptionally unnatural public speaker. To convey passion and excitement, he raises the pitch of his voice and imbues it with urgency. But it never quite clicks. His tone and affect are like that of an adult doing a dramatic reading of a pirate story to a wide-eyed three year old. It doesn’t help that he speaks too quickly and often trips over his lines. At points during his speech, Romney seemed to slip into a frenzy and start madly free associating economic buzzwords.

      This hurt him during the question-and-answer period when, in response to a question about high gas prices, he blurted out a Jimmy Carter-Barack Obama comparison about how just as Reagan had hung the “misery index” around Carter’s neck, so, too, would Republicans have to “hang” Obama with the country’s current economic hardship. Romney repeated the “we’re going to hang him” locution once more and then, all of a sudden, in mid-sentence, seemed to realize that metaphors about hanging a black man probably wouldn’t redound to his political benefit. He stammered that he meant it metaphorically, that “you have to be careful what you say.” ”

      http://www.theatlantic.com/politics/archive/2011/04/mitt-romneys-rusty-debut/238091/

      Ouch!

    • Bon l’équipe de Romney fait du damage-control.

      “On the heels of the potential presidential candidate raising eyebrows with the remarks, Romney spokeswoman Andrea Saul addressed the questionable choice of words. She told ABC News, “It is not what the governor meant and that was very clear in what he actually said.” According to CNN, Romney’s camp called initial reports on his remarks “a ridiculous exaggeration of his actual comments.”"

      http://www.huffingtonpost.com/2011/04/30/mitt-romney-hang-obama-gaffe_n_855881.html

    • @lizzie Si j’ai bien compris la citation de Josh Green, Romney est incapable de penser aussi vite qu’il ne parle!

      On peut dire qu’il a la langue bien pendue!

    • Infratexte, même rectifié, tu restes avec nous…
      Paul Laurendeau

    • @goupil 13 h 45

      MDR!

    • out ceci est ridicule. Remember pig and lipstick? (Oups!anglais dans le texte, quel rénégat, anti-québécois et sexiste, ce Captrjd).

      Cette victimisation systématique est lassante à la fin. S’il fallait s’insurger à toutes les fois qu’un candidat(e) dira un mot qui a une vague connotation avec les horreurs qui ce sont passé dans notre histoire, ils(elles) seraient tous pendu(e)s haut et court..(Oups! Allusions à la peine de mort-Quel réactionnaire, ce Captrjd!)….

      Obama n’a pas fait sa campagne sur le fait qu’il est en parti noir (Oups! Africano-Kenyano-Hawaiano-américain. Quel raciste ce Captrjd!).

      Faudrait pas être plus catholique que le pape ( Oups! Captrjd-allusion au catholicisme et au pape; vite, au bûcher!) en criant au racisme, sexisme ou tout autre “isme” potentiel d’un tel, ou d’un autre; exception Donald Trump (Oups citation Donald Trump et Obama dans le même paragraphe; quel teapartyisto-libertario-birther, ce Captrjd!).

    • Je n’ai aucune admiration pour les excès de langage, d’images, de métaphores qu’utilisent trop d’adversaires de Barak Obama.

      Or, cette fois, je me demande si on ne pousse pas le bouchon un peu trop loin en accablant Romney. Il y a plein d’expressions très courantes faisant allusion à «la corde pour se pendre» et elles n’ont rien à voir avec un quelconque passé esclavagiste.
      Faudrait-il éviter toute expression idiomatique passée dans le langage courant sous prétexte que l’on pourrait y déceler une intention autre?

      Cesser d’utiliser des métaphores sous un tel prétexte, ne serait-ce pas aussi faire la preuve que celui dont on parle ne fait pas partie de «la gang» et qu’en conséquence, il faille le ménager?

      Qu’en pensent ceux qui connaissent bien Mitt Romney? Avait-il vraiment une autre idée en tête?

    • Tiens, un républicain qui lance des menaces de mort directs à un adversaire. La normalité et la moralité voudrait qu’il soit en prison pour longtemps, mais qu’il est d’extrême-droite, il sera récompensé à la place. Jack des bois doit tellement se cr***er en ce moment, lui qui est fanatique de meurtres sordides et de criminalité.

    • @captrjd Vous semblez regretter le bon vieux temps où on pouvait dire «un bon indien est un indien mort» et être élu là-dessus.

      Vous semblez vous-même vous victimiser de la rectitude politique.

    • Les républicains n’ont rien de vrillant à offrir. Que des slogans démagogiques, violents, faux et douteux.

      On appel ça une démocratie-poubelle

    • @jeanfrancoiscouture

      Je suis d’accord avec vous.

      Le “we’re gonna hang him with that” ne signifie pas autre chose que “nous allons l’attaquer et l’achever politiquement avec çà”.

      Il ne faudrait pas prendre Mitt Romney pour George Wallace ou Gérald Larose.

    • Goupil: Primo: Wow le moteurs! Je suis métis; Il ne faudrait pas mettre des mots dans ma bouche.

      Secndo: Dois-je comprendre que vous n’aimez pas les indiens?

      Tertio: Il est évident que lorsqu’il vient le moment d’ironiser, j’ai besoin de pratique……

    • jeanfrancoiscouture: J’aime mieux les expressions de Romney que les idiocies de Trump. Au moins, on ne l’a pas encore entendu traiter les chinois de on-sait-quoi….

    • Une questions à nos dretteux: pourquoi ce genre de lapsus semble systématiquement venir des républicains?
      Pas fort… mais bon… on le savait déjà…

    • @jaypee

      Ils te répondront que c’est la liberté d’expression.

      Par contre, ce sont les premiers à venir brimer nos droits à la transparence et à notre vie privée.

    • C’est possible que Romney voulait dire “we’re going to hang that around him [too],” qui aurait été completement “politically correct.”

      C’est egalement possible que Romney est un maladroit. Le pere de Mitt, George Romney, briguait la presidence en 1968. On disait que regarder la campagne electorale de ce dernier etait comme “watching a duck trying to f**k a football.” Tel pere, tel fils?

    • @goupile Au sujet de ‘Strange Fruit’ la version la plus connue est sans doute celle de Billie Holiday

      Billie Holiday – Strange Fruit

      “Southern trees bear strange fruit
      Blood on the leaves and blood at the root
      Black bodies swinging in the southern breeze
      Strange fruit hanging from the popular trees

      Pastoral scene of the gallant south
      The bulging eyes and the twisted mouth
      Scent of magnolias, sweet and fresh
      Then the sudden smell of burning flesh

      Here is fruit for the crows to pluck
      For the rain to gather, for the wind to suck
      For the sun to rot, for the trees to drop
      Here is a strange and bitter cry”

    • @captrjd

      Désolé de n’avoir pas compris votre ironie. Mais vous convenez-vous-même que votre point n’était pas très clair.

      Sans rancune.

    • Je me souviendrai toujours d’un cours de droit à l’université où un jour, le prof nous avait dit qu’à la cour, dans une cause devant juré, les avocats font exprès de faire une affirmation ou de poser une question inappropriée à laquelle l’avocat de la partie adverse s’objecte et que le juge accepte l’objection. Même si le juge indique au juré d’ignorer l’affirmation/question, en nous faisant un clin d’oeil, le prof concluait en disant: le message a passé quand même.

      L’analogie s’applique aux propos de Mitt Romney et tous les autres “lapsus”, des candidats répugnicains désespérés.

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