
Le New York Times a publié sur son site le compte-rendu d’une rencontre ayant eu lieu à Ottawa, le 2 juillet 2008, entre le directeur du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), Jim Judd, et un conseiller du département d’État américain, Eliot Cohen. Le document fait partie des nouvelles fuites du site WikiLeaks.
Lors de la rencontre, Judd a employé un ton de dérision en prédisant la réaction des Canadiens à la diffusion imminente d’une vidéo montrant l’interrogatoire d’Omar Khadr à Guantanamo par les services secrets canadiens en 2003, alors qu’il avait 16 ans. Je traduis un passage du compte-rendu :
Il (Judd) a souligné que les images provoqueraient sans aucun doute un «réflexe d’anti-américanisme» et des «paroxysmes d’indignation morale, une spécialité canadienne», ainsi qu’une pression accrue sur le gouvernement pour que celui-ci réclame le retour de Khadr au Canada. Il a prédit que le gouvernement du premier ministre Harper continuerait néanmoins à résister à cette pression.
Judd s’est également moqué de l’attitude des citoyens et des tribunaux canadiens face au monde, l’associant au roman de Lewis Carroll, Alice au pays des merveilles. Il s’est
notamment plaint de jugements des tribunaux interdisant aux autorités canadiennes d’utiliser des informations ayant pu être obtenues sous la torture. Selon le compte-rendu américain, il a déclaré que les juges avaient «menotté» la SCRS.
Judd a quitté le poste de directeur du SCRS en juin 2009. Le premier ministre Harper et l’ancienne gouverneure du Canada Michaelle Jean l’ont honoré pour ses services en janvier dernier.
P.S. : La Presse Canadienne publie cet article sur le câble diplomatique américain, mettant l’accent sur une déclaration de Judd à son interlocuteur américain selon laquelle son agence «harcelait vigoureusement» des membres connus du Hezbollah au Canada.
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