Richard Hétu

Richard Hétu - Auteur
  • Richard Hétu, collaboration spéciale

    Depuis juin 1994, Richard Hétu est le correspondant de La Presse à New York. Il a fait paraître deux romans, Rendez-vous à l’Étoile (VLB éditeur, 2006) et La route de l’Ouest (VLB éditeur, 2002), ainsi que plusieurs essais sur les États-Unis, dont Sexe, fric et vote : les clés de la Maison-Blanche (Les Éditions La Presse, 2012) et Madame America : 100 clés pour comprendre Hillary Clinton (Les Éditions La Presse, 2016). Il vit à Manhattan avec sa famille.
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    Archive du 25 octobre 2009

    Dimanche 25 octobre 2009 | Mise en ligne à 9h26 | Commenter Commentaires (254)

    La guerre, la santé et la dette

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    Le blogueur Glenn Greenwald revient dans ce billet sur cet éditorial du Washington Post inspiré par cette question d’un lecteur :

    «Pourquoi est-il O.K. de s’endetter pour financer les guerres, mais pas pour payer pour les soins de santé?»

    La page éditoriale du Post, qui a un penchant néoconservateur, offre deux réponses. Dans la première, elle explique que l’administration Obama réalisera des économies en coupant dans les dépenses militaires et en retirant les unités de combat américaines d’Irak, un argument que réfute Greenwald. Au bout du compte, souligne le blogueur libéral (dans l’acception américaine du terme), les États-Unis devront continuer à emprunter au Japon et à la Chine pour financer leur effort de guerre en Afghanistan.

    Dans sa deuxième réponse, la page éditoriale du Post présente un argument qui résume selon Greenwald les priorités de Washington. Je cite un extrait de l’édito :

    «L’universalité des soins de santé, tout souhaitable soit-elle, n’est pas “essentielle à la défense de notre peuple”. Et ce n’est pas une “nécessité” qu’elle soit adoptée cette année : M. Obama propose un nouveau programme à une époque de déficits budgétaires historiques. À l’opposée, le général McChrystal croit que si des renforts ne sont pas envoyés en Afghanistan dans la prochaine année, la guerre pourrait être perdue, avec des conséquences catastrophiques pour les intérêts des États-Unis en Asie.»

    Tout en évoquant cette étude récente estimant à 45 000 le nombre de personnes qui meurent aux États-Unis faute d’assurance-maladie, Greenwald réplique ainsi à l’éditorial du Post et à la stratégie du général McChrystal en Afghanistan :

    «Ainsi, selon le Washington Post, larguer des bombes, contrôler et occuper l’Afghanistan – tout en assurant simultanément aux citoyens afghans “la bonne gouvernance, le développement économique, l’éducation, l’élimination de la corruption et la protection des droits des femmes” – est une nécessité vitale qui doit être satisfaite peu importe le coût. Mais les besoins fondamentaux (comme les soins de santé) des citoyens américains constituent au mieux une priorité secondaire, quelque chose de totalement inutile qui devrait attendre quelques années ou décennies et n’intervenir qu’après la fin de nos guerres multiples, si cela arrive.»

    La photo d’AFP qui coiffe ce billet a été prise aujourd’hui à Bagdad où un double attentat a fait plus de 130 morts.

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