Richard Hétu

Richard Hétu - Auteur
  • Richard Hétu, collaboration spéciale

    Richard Hétu est le correspondant de La Presse à New York. Il a fait paraître deux romans, Rendez-vous à l'Étoile (VLB éditeur, 2006) et La route de l'Ouest (VLB éditeur, 2002), ainsi que deux essais sur les États-Unis, Sexe, fric et vote : les clés de la Maison-Blanche (Les Éditions La Presse, 2012), co-écrit avec Alexandre Sirois, et Lettre ouverte aux anti-américains (VLB éditeur, 2003).
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    Archive du 21 juillet 2009

    Mardi 21 juillet 2009 | Mise en ligne à 14h51 | Commenter Commentaires (108)

    Que se passe-t-il en Iran?

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    Vendredi, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad annonce la nomination d’Esfandiar Rahim Mashaie au poste de premier vice-président, une décision aussitôt critiquée par les religieux et parlementaires conservateurs du pays. Très proche d’Ahmadinejad (deux de leurs enfants sont mariés), Mashaie a déjà été au coeur d’une controverse pour avoir déclaré que l’Iran est l’ami du peuple israélien.

    Aujourd’hui, le guide suprême Ali Khamenei ordonne à Mashaie de démissionner.

    Que se passe-t-il en Iran? Le New York Times répond aujourd’hui à cette question en se penchant non pas sur la nomination de Mashaie mais sur les Gardiens de la révolution islamique, dont le pouvoir éclipserait aujourd’hui celui des religieux.

    Que se passe-t-il en Iran? La réponse du chroniqueur Roger Cohen : une farce tragique. Je cite quelques-unes des questions que Cohen soulève lui-même (merci à Antenor pour la traduction) :

    Quel président célébrerait une «victoire», remportée avec deux tiers des suffrages, par une répression semblable à un putsch? Quelle nation digne de ce nom attribuerait la présence dans les rues de près de trois millions de manifestants convaincus d’avoir été privés de leur droit de vote à des sionistes, à de médias «malins» et à des agents britanniques?

    Quelle sorte de pays invite des centaines de journalistes à être témoins d’une élection pour ensuite les chasser du pays illico? Quel type de régime révolutionnaire invoque «l’éthique» et «la démocratie religieuse» quand il permet à des brutes habillés en civil de battre des femmes en public?

    Que doit-on penser d’un guide suprême qui qualifie les résultats électoraux de divins, pour ensuite dire que certaines questions doivent être éclaircies par le Conseil des gardiens de la révolution, et dicter enfin à ce même conseil le résultat de son recomptage avant la fin de l’opération?

    (Photo AFP)

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    Mardi 21 juillet 2009 | Mise en ligne à 13h47 | Commenter Commentaires (113)

    Une arrestation «regrettable»

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    Les autorités de Cambridge ont retiré l’accusation de conduite désordonnée qui pesait contre l’éminent professeur de Harvard Henry Louis Gates depuis jeudi dernier. La municipalité a qualifié de «regrettable et malheureuse» l’arrestation de l’universitaire devant son domicile par la police, qui répondait à l’appel d’une voisine blanche ayant pris Gates pour un cambrioleur.

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    Mardi 21 juillet 2009 | Mise en ligne à 12h14 | Commenter Commentaires (132)

    Coupable d’être Noir en Amérique?

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    De retour d’un séjour en Chine où il a tourné un documentaire pour la chaîne PBS, l’éminent professeur de Harvard Henry Louis Gates a eu du mal, jeudi dernier, à ouvrir la porte de sa résidence de Cambridge, située non loin de Harvard Square. Avec l’aide de son chauffeur de taxi, il est parvenu à la décoincer avec quelques bons coups d’épaule.

    Après avoir vu ces deux hommes noirs entrer ainsi dans une maison de son quartier en début d’après-midi, une voisine blanche a appelé la police, qui a dépêché un agent sur les lieux. S’est ensuivie une altercation entre l’agent et Gates qui a pris fin sur l’arrestation de l’universitaire. Celui-ci a notamment accusé l’agent de racisme, selon le rapport de police. Au policier qui lui expliquait qu’il ne faisait que répondre à un appel signalant un vol par effraction, Gates aurait rétorqué : «Pourquoi, parce que je suis un homme noir en Amérique?»

    L’avocat de Gates affirme que son client a montré à l’agent des documents prouvant qu’il se trouvait dans sa propre maison et qu’il enseignait à Harvard, où il dirige un institut de recherche prestigieux (W.E.B. Du Bois Institute for African and African American Research). L’agent a indiqué dans son rapport que Gates s’était adressé à lui en criant et avait refusé de s’identifier immédiatement. On trouve ici le compte rendu du Boston Globe qui donne la version de Gates et celle du policier.

    L’histoire est remarquable parce qu’elle se déroule dans une ville du Massachusetts – Cambridge – qui se veut un modèle de tolérance et d’harmonie raciales. Elle met de plus en scène une sommité du monde universitaire qui a été nommée en 1997 parmi les 25 Américains les plus influents par l’hebdomadaire Time. Âgé de 58 ans, Gates a notamment été l’animateur d’une série de PBS retraçant les origines de plusieurs célébrités afro-américaines, dont Oprah Winfrey, Morgan Freeman et Chris Rock.

    Et voilà que la photo d’arrestation de Gates apparaît aujourd’hui dans les journaux, comme celle d’un vulgaire criminel. Voici un reportage télévisé sur cette affaire :

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