Je ne comparerai pas ce qui se passe au Washington Post à l’affaire du Watergate, mais le journal qui a révélé ce scandale au début des années 1970 est aux prises avec sa propre affaire scabreuse aujourd’hui. Comme on peut le lire dans cet article publié sur le site Politico, le prestigieux quotidien a offert aux lobbyistes et dirigeants d’associations de leur organiser des rencontres off-the-record avec des figures puissantes de Washington – des membres de l’administration Obama, des élus du Congrès et même des journalistes du Post -, moyennant une somme d’argent pouvant atteindre 250 000$. Les rencontres devaient avoir lieu au domicile de la directrice du journal, Katharine Weymouth (photo). La première d’une série de 11 rencontres devait avoir lieu le 21 juillet et porter sur la réforme de la santé.
Après la publication de ces informations, Weymouth a annulé le projet, tout en précisant qu’elle et le rédacteur en chef du Post, Marcus Brauchli, n’avaient approuvé ni l’offre aux lobbyistes et dirigeants d’associations ni le dépliant la détaillant (le document circule à Washington depuis mercredi). Dans son compte rendu sur cette histoire, le critique des médias du Washington Post, Howard Kurtz, cite des sources anonymes selon lesquelles des cadres «hyper zélés» du service de marketing du Post seraient responsables de cette initiative qui aurait coûté aux lobbyistes 25 000$ pour participer à une rencontre et 250 000$ pour les 11.
Comme on peut s’y attendre, les membres de la salle de rédaction du journal sont scandalisés à l’idée que le Post puisse avoir songé à abandonner son rôle de chien de garde pour adoper celui d’entremetteur. Sur le plan des relations publiques, il s’agit d’un «désastre», pour emprunter l’expression de l’ombudsman du journal, Andy Alexander.
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