Richard Hétu

Richard Hétu - Auteur
  • Richard Hétu, collaboration spéciale

    Richard Hétu est le correspondant de La Presse à New York. Il a fait paraître deux romans, Rendez-vous à l'Étoile (VLB éditeur, 2006) et La route de l'Ouest (VLB éditeur, 2002), ainsi que deux essais sur les États-Unis, Sexe, fric et vote : les clés de la Maison-Blanche (Les Éditions La Presse, 2012), co-écrit avec Alexandre Sirois, et Lettre ouverte aux anti-américains (VLB éditeur, 2003).
  • Lire la suite »

    Partage

    Dimanche 19 avril 2009 | Mise en ligne à 15h21 | Commenter Commentaires (64)

    Le juge et la torture

    A US flag at Camp V inside Camp Delta at the US Naval Station ...

    Le New York Times réclame dans cet éditorial percutant la destitution du juge fédéral Jay Bybee, l’auteur d’un des quatre mémos publiés jeudi par l’administration Obama et cautionnant les tortures pratiquées par la CIA sous l’administration Bush. À l’époque, Bybee était l’avocat du département de la Justice américain. Sa note de service de 18 pages, datée du 1er août 2002, devait servir à justifier la torture d’Abou Zoubaydah, un membre d’Al-Qaeda. En voici des extraits, tirés d’un reportage du quotidien français Libération :

    «Au vu des informations que Zoubaydah posséderait et du haut niveau de menace actuel, semblable à celui qui régnait à la veille des attentats du 11 Septembre, vous désirez faire basculer les interrogatoires dans ce que vous appelez une “phase de pression accrue” […]. Vous envisagez d’employer dix techniques pour l’encourager à divulguer les informations cruciales mentionnées ci-dessus. Ces dix techniques sont : (1) l’intimidation, (2) la “technique du mur” [qui consiste à repousser violemment le prisonnier contre un mur auquel il est adossé, ndlr], (3) la saisie au visage, (4) la gifle au visage, (5) le confinement dans un endroit exigu, (6) le “wall standing” [forcer le prisonnier à se tenir debout pendant des heures près d’un mur sans avoir le droit de s’y appuyer], (7) les positions stressantes, (8) la privation de sommeil, (9) le confinement dans un endroit exigu avec des insectes, (10) la simulation de noyade.»

    Et Bybee de conclure :

    «Au regard des éléments fournis, il apparaît que la procédure d’interrogatoire envisagée ne violera pas la loi d’interdiction de la torture.»

    Selon le New York Times, l’auteur d’un tel document ne peut continuer à être juge, fonction que Bybee doit à George W. Bush. On ne peut évidemment pas passer sous silence le fait que toutes les informations pertinentes fournies par Zoubaydah avaient été obtenues avant le début de la «phase de pression accrue», comme on l’apprend dans cet article.

    La décision de destituer un juge fédéral relève du Congrès des États-Unis. Sur Fox News, ce matin, la sénatrice démocrate du Missouri Claire McCaskill n’a pas écarté un tel scénario. En attendant, la publication des mémos secrets pourrait ouvrir la porte à d’autres révélations sur ce chapitre sombre de l’histoire américaine, comme on peut le lire dans ce reportage. N’en déplaise à Barack Obama, qui voudrait clore ce chapitre, elle pourrait également mener à des enquêtes parlementaires ou des poursuites criminelles aux États-Unis.

    (Photo AP)


    • Les USA ont signé la convention de Genève. Il faut enquêter sinon l’administration Obama est dans l’illégalité.

      http://thinkprogress.org/2009/04/19/obama-violated-int-law/

      En outre, moralement, comment cette administration pourra garder sa crédibilité en demandant aux autres pays de respecter les droits de l’homme alors qu’elle refuse de poursuivre les tortionnaires.

      J’espère que cette journaliste récemment emprisonnée en Iran ne sera pas torturée. Cependant, nous savons tous que cela peut arriver. Qu’est-ce que l’administration Obama pourra invoquer? Pire, diplomatiquement, l’Iran pourrait dire: “Nous, contrairement aux États-Unis, on ne torture pas personne et, si cela se produit, les tortionnaires seront poursuivis!” (ce qu’ils ont affirmé pour la journaliste Zarah Kazemi) et l’administration Obama serait prise en souricière.

      Je comprends que cette situation est ÉNORMÉMENT politique et que les républicains vont déchirer leurs chemises (ce sera pire que les “tea bags parties”, bien que le nom donné à ces rassemblements me fait mourir de rire). Néanmoins, quand on se targue d’être un état de droit, on agit en conséquence.

    • En tant que président, mais aussi en tant qu’avocat constitutionnaliste et être humain, M. Obama ne peut fermer les yeux sur le passé.

      À ma connaissance, on n’a jamais amené de président américain ou de ministre devant les tribunaux (l’impeachment n’est pas un tribunal ordinaire). Je comprends qu’il ne veuille pas crééer de précédent, la réputation et la crédibilité des États-Unis (et de les siennes) sont en jeu.

      Il faut destituer le juge en question, et poursuivre et punir ceux qui doivent l’être.

      Va-t-on laisser cette tâche à l’Espagne?

    • précédent, MAIS la réputation… et les siennes

    • Ça sent l’amnistie… personne n’a intérêt à fouiller dans ce tas de fumier. Ça ne s’arrêterait plus. Tous ceux, dans la chaîne de décision, qui ont fermé les yeux sur ces pratiques sont-ils également coupable ? Quand les Français ont quitté l’Algérie, une des premières décisions a justement été d’amnistier les soldats pour les faits de guerre répréhensibles, afin d’éviter les poursuites en cascade.

      Un bon ménage doit être fait. Les responsables les plus impliqués doivent être écartés. Mais leur mise en accusation criminelle ouvrirait toute une boîte de Pandore…

    • Alors disons “Bebye” à “Bybee” et aux autres avocats qui ont eu, comme lui, une conduite honteuse et indigne d’un être humain.

    • C’est évident qu’il sera difficile de justifier le maintien d’emploi pour un juge responsable de tels mémos. Comment le gouvernement hypocrite des États-unis pourrait-il par la suite se poser en défenseur des droits de l’homme?
      Je ne crois pas cependant qu’il y aura des mises en accusation dans cette affaire.Ça serait politiquement beaucoup trop explosif pour Obama qui doit se souvenir d’un sondage qui disait que plus de 60% des Américains étaient favorables à des interrogatoires s’apparentant à de la torture dans le cas de présumés terroristes.

    • Un autre prisonnier a été “noyé” 183 fois dans le même mois :

      http://rawstory.com/blog/2009/04/cia-waterboarded-al-qaeda-suspect-183-times-in-1-month-memo-reveals/

    • Je crois que ce que veulent surtout éviter Obama et le parti démocrate est une guerre ouverte entre les partis suite à une chasse au coupable. Puisque il faut présumer qu’une majorité de coupables serait lié au GOP, il est immanquable que celui-ci ferait de même lors de la prochaine passation de pouvoir. Et la ‘classe politique’ n’a pas intérêt que leur linge sale soit lavé en public.

      Il s’agit bien sur d’un manque de courage à faire appliquer la justice et en fin de compte, de la bonne vielle ‘politicaillerie’. Amnistie pour tous, qui perpétue l’impunité au gouvernement et encourage la poursuite des abus.

    • Tout le monde à l’échafaud ? ou
      Tous les grands de ce monde se protègent ?

    • @yvonthivierge

      “yvonthivierge

      19 Avril 2009
      16h37
      Les psy, aussi, recommandaient ces méthodes de torture.”

      Arrêtez, je suis en train de me creuser un réduit sous ma cave pour me cacher! J’espère que l’APA va les bannir! J’ai honte.

    • lizzie et al. Certains psy veulent bannir ou abolir l’APA au seul chapitre de l’homosexualité par ce qu’elle a eu, à leurs yeux miopes et borgnes, le tort de “démaladiser” !

    • Je suis allé lire les quatre mémos, disponibles sur le site du NY Times. Je vous invite à aller lire rapidement la page 14 du mémo datant du 1 août 2002. C’est ici :

      http://documents.nytimes.com/justice-department-memos-on-interrogation-techniques#p=15

      On y affirme que la simulation de noyade ne constitue pas de la torture, parce que la souffrance mentale induite “n’y est pas prolongée”. Et pour justifier ça, on se base sur des simulations de noyade faites dans des milieux contrôlés sur du personnel militaire. D’un point de vue scientifique, c’est une énorme supercherie! D’un point de vue éthique…

      C’est d’un dégueulasse… je n’en reviens juste pas.

    • De Bebye et Yoohoo, lequel est le plus malin et méchant ?

      Toujours est-il que cette affaire de tortures est loin d’être close:

      L’administration Obama a diffusé, le 16 avril, les mémos de la torture décrivant en détail les méthodes autorisées par la justice américaine et utilisées par la CIA dans la lutte contre le terrorisme. “Le président et le ministre de la Justice Eric Holder ont tenu à assurer que les agents qui ont agi en se basant sur ces textes ne seront pas poursuivis. Ils n’ont cependant pas précisé quel sort ils réserveront aux personnes responsables de ces mémos. Il semble que l’administration n’a pas encore pris de décision à leur sujet”, explique le webzine Salon.

      Le ministère de la Justice doit d’abord décider si les auteurs des mémos, comme Jay Bybee et John Yoo, ont fait leur travail dans le respect de ses standards professionnels. Ces deux hommes ont occupé des fonctions de conseillers juridiques de haut rang dans ce ministère sous l’administration Bush. Yoo est notamment visé par des plaintes pour torture déposées en Espagne par les avocats de cinq ressortissants ou résidents espagnols détenus à Guantanomo Bay.

    • Wô!

      Bybee ne présentait pas les qualités morales nécessaires et il n’aurait jamais dû accéder à la magistrature. Je n’ose pas affirmer ici qu’en signant ce mémo, il aurait démontré qu’il manque de “jugement”, une qualité essentielle à la fonction de juge…

      Je me questionne néanmoins sur la légalité d’une éventuelle destitution.

      Quand Bybee a signé ce mémo, il n’était pas juge. Il était avocat. Je ne sais pas si la Loi ou la jurisprudence permettent la destitution d’un juge pour un geste posé, ou une opinion émise AVANT qu’il ne soit nommé juge. La distinction peut sembler oiseuse, mais elle ne l’est pas.

      D’autre part, ce pourrait être un précédent dangereux que de congédier un juge après sa nomination, pour le motif d’une sorte de délit d’opinion.

      Je ne doute pas que la plupart d’entre nous se réjouiraient de la destitution de ce juge-là pour ces motifs-là.

      Mais en droit, on peut toujours invoquer des précédents.

      Sous un gouvernement ultra-conservateur, en 2025, ce précédent ne pourrait-il pas être invoqué pour destituer des juges qui auront osé se prononcer, pendant leur carrière d’avocat, sur le droit à l’avortement. Ou sur la légalisation du mariage entre conjoints du même sexe? Ne répondez pas NON trop rapidement. Ne répondez pas que le fait de cautionner la torture, c’est bien différent. Car aux yeux d’un ultra-religieux, la torture, l’avortement ou l’homosexualité, ce sont trois choses aussi immorales l’une que l’autre…

      L’un des principes cardinaux d’un système judiciaire démocratique et efficace, c’est l’inamovibilité des juges, qui ne doivent être destitués que pour des motifs bien précis. Cette procédure doit être balisée, sans quoi elle donnera lieu à des abus pires encore que le maintien de Bybee.

      Je veux dire par là, notamment, que pour éviter d’être destitués, des juges considérés trop libéraux ou trop conservateurs vont rendre des décisions qui plaisent au pouvoir en place. Or le rôle d’un juge, c’est de rendre jugement en son âme et conscience, selon ce qu’il comprend des faits, de la Loi et de la jurisprudence. Pas selon ce qu’il sait être l’opinion du Président!

      Cela dit, j’ose espérer que le jour où le juge Bybee sera appelé à se prononcer sur un dossier qui met en cause un tortionnaire, il acceptera de se récuser de lui-même.

      - – - -

      J’aimerais bien pouvoir émettre une opinion, sur ce Bybee, qui soit le reflet de l’opinion que j’ai de la torture et des tortionnaires. Mais je dois émettre une opinion qui reflète plutôt mes questionnements d’ordre légal.

      Je ne vous cacherai pas que je rends moi-même des décisions que je voudrais pouvoir rédiger autrement; mais je suis lié par la règle du stare decisis, et si une Cour d’appel a rendu une décision avec laquelle je ne suis pas d’accord, je rentre dans le rang et je signe une décision qui va à l’encontre de mes convictions personnelles.

      That’s life…

    • Le LATimes reproche à Obama de laisser des ambiguïtés et ambivalances dans le dossier de la torture mais ne le critique pas aussi fortement que Glenn Greenwald du “Salon” précité :

      http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=93865

    • Et, en guise d’épilogue à mon précédent commentaire, je rappelle aux âmes sensibles que j’ai émis, et répété sur ce blogue l’opinion que John Yoo, pour sa part, devrait faire l’objet d’une radiation par le Barreau.

      Il n’y a pas de contradiction.

      Les propos de Yoo et de Bybee sont tout aussi condamnables l’un que l’autre. Sauf que…

    • papitibi et al. Aux yeux des ultra-religieux, l’homosexualité et l’avortement sont des péchés et/ou crimes pires que la torture et que le meurtre.
      C’est ainsi qu’un brave Québécois a dénoncé le pourtant conservateur cardinal Turcotte pour avoir expliqué qu’une fillette peut avorter pour sauver sa propre vie comme un gars peut en tuer un autre qui s’apprête à l’assassiner. Un foetus vaut plus qu’un être humain pour ses détraqués là.

    • @papitibi

      Si Bybee et Yoo sont passibles de radiation par leur ordre professionnel, pourquoi Bybee devrait être gardé comme juge? Il y a peut-être des subtilités que je ne comprends pas.

    • @papitibi

      Il me semble que vos exemples sont mal choisis. L’avortement, par exemple, n’est pas un crime aux USA, alors que la torture contrevient aux lois américaines et aux traités internationaux signés par les USA. Or les avocats du gouvernement doivent prêter serment et jurer de défendre et respecter les lois et la constitution américaines. Selon ses critiques, Bybee aurait choisi de bafouer ces lois et la constitution.

      Des juristes américains ont signé cette lettre intéressante sur le rôle des avocats du gouvernement qui ont signé les mémos publiés jeudi dernier :

      http://physiciansforhumanrights.org/library/documents/non-phr/lawyers-statement-on-bush.pdf

    • YT
      La casuistique (cardinalice ou papale) c’est comme la «jésuistique» : pharisaïque. De la m* dans un bas de soie…

    • papitibi

      Vous êtes sûrement en train de faire autre chose et vous êtes distrait.
      Roe vs. Wade
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Roe_v._Wade

    • Les flics de mon patelin avaient des techniques semblables qu’il appliquaient aux détenus qu’ils n’aimaient simplement pas. Et on ne parle pas de pédos ou violeurs. Ceux-ci n’étant que très rârement «baveux».
      Leurs «techniques» qui n’avaient JAMAIS pour but de sauver quelqu’un s’appliquaient tout aussi bien aux majeurs qu’aux mineurs.

      Parmi celles-ci:
      -Le pape: coller le visage de l’individu sur l’asphalte brulante ou glacée, dans la «garnotte» pointue, la vase ou la slush en applicant le genou sur le visage de celui-ci avec tout le poid du flic. L’une des variantes consistait à lui administrer quelques tout petits coups de matraque dans les côtes pour qu’il se débatte et s’éraffle le visage sur l’asphalte. Si l’individu en sortait amoché, on disait simplement qu’il avait résisté à son arrestation.
      -L’équerre: on force l’individu menotté dans le dos à s’appuyer le front sur un mur de béton tout en l’obligeant à maintenir ses pieds à 20 pouces de celui-ci. On l’y laisse indéfiniment en le menacant de «lui en sacrer une» s’il bougeait, ce qui arrivait immanquablement tôt ou tard (15 mitutes environ). On sait où frapper pour ne pas laisser de trace…
      -Le chill-room: Placer le détenu en sous-vêtement dans une cellule volontairement sous-chauffée sans drap et où le lit consiste en une planche en bois-franc accrochée au mur.
      -La bécosse: Forcer l’individu qui demande à se soulager à attendre indéfiniment jusqu’à ce qu’il en vienne à faire dans ses culottes. L’invividu se ramasse immancablement à subir la première technique dite «le pape».

      J’étais en centre d’accueuil jeunesse ouvert à l’époque. On y retrouve autant de jeunes placés par la DPJ (mon cas) que de jeunes contrevenants aux délits mineurs. J’avais 16 ans.
      Les jeunes policiers de l’époque savaient à quelle heure le soir on nous donnait le droit de sortir ainsi que par où nous passions. Régulièrement, ceux-ci nous attendaient discrètement au coin d’une rue pour nous faire les poche et nous mollester. Leur prétexte: des résident qui s’étaient plaint (alors qu’on venait tout juste de sortir de notre foyer, deux minutes avant…) ou encore des soupçons de traffic de stupéfiant. Leur but? ramasser les quelques grammes de pot qu’ils pouvaient trouver… Jamais un éducateur du centre n’entendait parler de ces «saisies»… Et on savait tous ce qu’ils en faisait. Alors à chaque fois que l’un d’entre nous ne clignait pas des yeux à leur goût, c’était immancablement la face sur l’asphalte avec le genous appuyé dessus le temps de la fouille.

      Nous avions aussi cette fameuse loi pour pénaliser les gens plus responsables qui prennent un coup sans prendre leur véhicule: L’Ivresse au Trottoir! Le principe était simple: on allait taxer (puisqu’il s’agit de taxes déguisées) l’individu qui ne marchait pas assez droit en sortant d’un bar. Si le festif était moindrement un peu baveux à la vue du ticket, on lui appliquait:
      1- le pape,
      2- la bécosse,
      3- l’équerre et
      4- le chill-room. L’un à la suite de l’autre.

      Alors quand on s’insurge de ces méthodes de torture «soft»… Je me dit que la plupart d’entre vous n’avez pas conscience de ce qui se passe dans votre propre cour…
      BTW, la torture, moi aussi je trouve-ça révoltant.

    • En passant, le ticket pour «ivresse au trottoir» pouvait se chiffrer à près de 200$. Selon l’humeur du flic ou de l’état de son quota de distribution mensuel…

    • drstrange
      Je vous crois. Corruption? Mauvais leadership? Têtes enflées qui se pensent au-dessus des lois? Un peu de tout…

      Mais je connais aussi un policier qui est venu prendre un rapport de personne disparue, qui a cherché la personne sur son temps libre, et qui est revenu le lendemain, toujours sur son temps, pour voir si la personne avait donné des nouvelles.

      Plusieurs mois après (la personne est revenue 3 jours après d’elle-même, sinon nous ne l’aurions jamais trouvée), il s’est souvenu de cette histoire. Et je lui ai dit ce mot : MERCI.

      Les policiers sont des humains. Il y en a des bons et des pourris.

    • Ça n’excuse pas l’affaire Villanueva.

    • Le président nomme un juge qui lui permet de torturer .

    • @Richard Hétu, Belette, Lizzie, Yvon T

      Je n’ai certainement pas trouvé le bon exemple en ce qui concerne l’avortement. Oui, j’ai déjà lu Roe vs Wade (merci, Belette, de me le rappeler) mais je visais plutôt la perception qu’ont les ultra-conservateurs. Yvon T confirme d’ailleurs cette réaction viscérale qu’ils ont.

      En ce qui concerne le droit au mariage de conjoints du même sexe, je suis depuis l’élection du 4 novembre et les résultats du référendum californien (tenu en même temps) d’opinion que le 14e amendement interdit à un État de restreindre le droit à l’égalité. Je sais que les objecteurs diront que le droit à l’égalité est protégé, dès lors que tous ont le même droit d’épouser une personne du sexe opposé. Je connais cette opinion, et je ne la partage pas. Bref, j’estime qu’un jour ou l’autre, tous les États auront été contraints de légaliser. Mais ça, c’est une opinion bien personnelle, basée sur ma compréhension du 14e amendement (dont je ne suis pas un spécialiste).

      En d’autres termes, même cet exemple là me paraît plus ou moins pertinent.

      Reste que le but que je poursuivais, dans ce texte publié à 17h31, c’était de démontrer que ce qui peut aller dans un sens peut aller dans l’autre… Ce qui pourrait avoir des effets pervers. Ce que je voulais mettre en lumière, c’est le principe sous-jacent.

      En ce qui concerne la torture, je vous rappelle que tous ne s’entendent pas sur sa définition. Le waterboarding, que je considère comme un mode abject de torture, ne l’était pas au sens de l’administration Bush. Les traités internationaux, comme par exemple la Convention de Genève, le gouvernement Bush les a balayés du revers de la main, malgré trois décisions de la Cour Suprême des USA (dont la décision Boumedieme en juin 2008).

      Le gouvernement est lié par ses propres lois, mais il les modifie à son gré, par des règlements ou des décrets. Bref, je suis loin d’être certain que les tortionnaires (incluant Yoo et Bybee, par leurs mémos) ont violé la règle telle qu’elle existait sous Bush.

      Je vous rappelle par ailleurs que dans un État de droit, il me semble impossible de donner un effet rétroactif qui rendrait illégal aujourd’hui, sous Obama, ce que Bush avait rendu légal. C’est là un principe reconnu en droit criminel, aussi bien au Canada qu’aux USA, car ce droit puise à la même source (la common law).

      Ces gens-là étaient immoraux, ou amoraux, mais John Yoo, dont c’était le mandat, a rédigé les textes législatifs ou les décrets qui rendent la faute non fautive, légalement, si je puis dire.

      - – -

      @Lizzie

      Votre objection est celle qui me pose le plus gros problème!

      Yoo était avocat, il est toujours avocat, que je sache, et la lettre dont Richard me suggérait la lecture à 17h56 confirme que, du moins pour Yoo, j’ai raison de suggérer une sanction par son ordre professionnel.

      Mais Bybee n’appartient pas à un ordre professionnel. Un juge ne peut pas être avocat (sous certaines réserves; il y a au Québec des juges de cour municipale qui sont juges à temps partiel et qui, le reste du temps, demeurent avocats!). L’avocat, tout comme le juge, fait partie du système judiciaire et a, à l’égard du système judiciaire, l’obligation fiduciaire de ne rien faire qui puisse en diminuer la crédibilité.

      Mais le juge DOIT être à l’abri du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif – cette séparation des pouvoirs est un principe de base. L’avocat, lui, n’a pas à être à l’abri. Quand il faute, on peut lui retirer son droit de pratique.

      Pour vous donner une idée, les cas cas de récusation d’un juge, au Canada, se comptent sur les droits de la main. Il y a eu le juge Landreville. Il y a eu le “juge” Therrien, dont le cas m’a d’autant plus intéressé qu’il a pratiqué le droit dans ma région et que je connais!

      Therrien avait, dans sa jeunesse, été complice après le fait de certains membres du FLQ. Il a été condamné, et obtenu plus tard un pardon. Quand il a postulé le poste de juge, il a déclaré ne pas avoir de condamnations au criminel. Vrai dans un sens (le pardon “efface”), faux dans l’autre. Il est choisi. Il démissionne du Barreau. Et il est destitué pour avoir caché la vérité. Le Barreau l’a “barré” car quand il a commis ce “mensonge”, il était avocat. Il a été “refusé” au poste de juge, parce que son forfait avait été commis dans le cadre du processus qui conduit vers sa nomination.

      La récusation d’un juge, aux USA, je n’ai aucune idée. Voilà pourquoi j’ai bien précisé que j’émettais des questionnements sur la possibilité de destitution de Bybee. Je ne peux pas me prononcer, sinon sur les grands principes, comme celui de la séparation des pouvoirs et du principe d’inamovibilité qui en est le corollaire.

      Cela dit, que dit le droit américain à cet égard? Je ne sais pas… Je soupçonne, tout simplement, qu’il doit ressembler au nôtre, dans la mesure où le droit public, au Canada comme aux USA, repose sur les mêmes fondements (droit britannique).

      Ouf!

      PS Belle occasion pour “Me” P00L00 d’exposer ses connaissances…

    • @drstrange

      Sans parler de la méthode de l’annuaire téléphonique, qui n’existe plus depuis que les interrogatoires sont filmés.

      Alors, on frappe la personne (coup de poing) en utilisant l’annuaire téléphonique (celui de Montréal, bien épais) entre le poing et le visage. Ça fait mal et pas de marque sauf l’enflure, qui arrive bien des heures plus tard.

    • J’adore ce passage:
      “Vous envisagez d’employer dix techniques pour l’encourager à divulguer les informations cruciales mentionnées ci-dessus” disons que j’ai vu des encouragements plus subtils.

    • Ce que Axelrod a dit ce matin à la tivi!

      http://politics.theatlantic.com/2009/04/axelrod_on_torture_prosecutions.php

      Comme dirait Sullivan, lisez bien!

    • @papitibi

      Il va sans dire que les juges fédéraux ne sont pas à l’abri du pouvoir législatif aux USA puisque la constitution américaine reconnaît au Congrès le droit de les destituer.

      Pour ce qui concerne les lois américaines contre la torture, elles n’ont pas été modifiées sous Bush par des décrets ou des règlements, d’où la nécessité d’obtenir des mémos qui pourraient être jugés illégaux par des tribunaux.

      Enfin, le refus de l’administration Bush de reconnaître le waterboarding comme une forme de torture ne change rien à la possibilité que ses responsables ou agents soient poursuivis et reconnus coupables d’avoir enfreint la loi à cet égard.

    • @papitibi

      Je me rappelais de ce juge en devenir qui, compte tenu de ses accointances, n’a pu obtenir la position convoitée.

      Néanmoins, je me souviens aussi de juges qui ont fait du blanchiment d’argent, d’autres qui ont dit que les femmes, dans certaines circonstances, étaient pires que les hommes…. Tous ont dû donner leur démission ou ont été destitués.

      Je pense que je m’acharne sur les juges pour contrer mon dégoût face à des psy qui ont torturé. J’ai tellement honte de ma profession.

    • @M. Hétu

      Effectivement, les USA sont signataires de la convention de Genève.

      P.S. J’ai tellement honte!

    • Dans ce qu’on appelle la lutte contre le terrorisme, les méthodes divergent d’un pays a un autre (vu que presque tous les pays du monde ont leurs terroristes)
      Par exemple, les terroristes, sont catalogués dans deux grandes familles:
      -Les réutilisables: ceux la ont certains intérêts, ce sont souvent des leaders qu’on veut utiliser pour l’exemple (les exposer a la presse aurait un effet démoralisant sur leurs troupes), on peut aussi les utiliser après un long processus a la fois pour les réhabiliter et profiter de leurs réseaux pour démembrer leurs structures, ou simplement monnayer leur repentir, ceux la on général il ne faut pas trop les amocher, même quand ils sont cuisinés utiliser les méthodes de torture dite douce.. en bref celle qui ne donne pas lieu a des traumatismes physiques irréversibles….
      -Les jetables: le trouffion terroriste de base ou le leader trop secret, ces gens là peuvent détenir des informations importantes de type opérationnel… leur arracher les informations est un objectif important.. les méthodes elles sont beaucoup plus violentes, os brisés, membres arrachés, les tortionnaires ne s’intéressent pas beaucoup a la durée de vie des suppliciés tant qu’ils ont l’informationn qu’ils veulent…
      Ils procèdent en dehors des heures régulières, les arrestations sont secrètes et les endroits utilisés pour la détention sont généralement banalisés (on évite dans ce cas la l’utilisation des bâtisses officielles pour éviter toute implication)
      Une fois les informations cueillies, ceux qui ne seront pas morts sont exécutés, et enterrés dans des charniers ou possiblement jetés dans la rue.
      La guerre d’Algérie , et la récente guerre contre le terrorisme ont été des terrains ou ces procédés ont été largement utilisés.
      D’ailleurs les US ont bien appris les méthodes Françaises de contre-insurrection et les ont transmises aux sud-américains (le général Aussaresse a été le formateur en chef)
      Les US ont eu le temps de paufiner leurs techniques et de les adapter a leurs contraintes légales..

    • @Richad Hétu

      Si la Constitution permet de destituer le juge, alors be-bye, Bybee!

      Cela dit, si tel est le cas, j’imagine que c’est balisé. Chez nous aussi, le droit de destituer existe, mais les conditions d’exercice sont telles que ça n’arrive vraiment pas souvent, et c’est très bien ainsi. Je n’ai pas le temps de vérifier ce soir…

      J’étais convaincu que John Yoo avait fait le nécessaire pour soustraire Bush, Cheney, Rumsfeld (à tout le moins) aux Tribunaux. Il me semble que nous avions même débattu sur ces efforts de Yoo, qui avaient semblé bien peu éthiques…

      Si c’est la loi, un règlement ou un décret US qui dit que le waterboarding n’est pas de la torture, je maintiens mon opinion: aucune accusation ne devrait tenir sous ce seul chef. Si c’est une simple politique administrative, alors là c’est autre chose!

    • @papitibi

      “Si c’est la loi, un règlement ou un décret US qui dit que le waterboarding n’est pas de la torture, je maintiens mon opinion: aucune accusation ne devrait tenir sous ce seul chef. Si c’est une simple politique administrative, alors là c’est autre chose!”

      Les USA sont signataires de la convention de Genève. Peuvent-ils se soustrare au droit international?

      Pour ce qui est des psy, qu’on leur retire leur droit de pratique! Je suis tellement choquée.

    • Même le président peut-être destitué s’il ne respecte pas la constitution. Idem pour un juge. Nul n’est au dessus de la loi.

    • @papitibi

      Oups. Soustraire et non “soustrare”!

    • @belette-lachinoise
      18h48 «Les policiers sont des humains. Il y en a des bons et des pourris.»

      Vous avez parfaitement raison. Mais je vous dirais que la plupart d’entre eux sont tout-à-fait capables des deux extrèmes. Je ne vous ai vraiment pas tout conté… Pas même le quart de ce que je sais et vu!

      Mais mon point était que les techniques de torture (inacceptables même si non-dangereuses) évoquées dans les document que R. Hétu cite ne sont pas très éloignées de ce qui est utilisé encore couramment aujourd’hui près de chez vous. Dans NOTRE pays civilisé. Dans NOS villes par NOS autorités. Sur des gens qui ne sont PAS des menaces ni des terroristes.

      @lizzie
      19h12
      J’ai refusé de parler de l’annuaire pour ne pas tomber dans le cliché que l’on connait tous. Mais vous avez parfaitement raison.

    • @papitibi

      Comme on peut le lire dans l’article ci-dessous, il s’est écoulé plusieurs mois entre l’application de méthodes d’interrogatoire considérées comme de la torture et la rédaction des mémos du département de la Justice. John Yoo et cie ont fait ce qu’ils pouvaient pour protéger leurs patrons et leurs agents, mais ils s’y sont peut-être pris trop tard (et pas assez bien).

      http://www.nytimes.com/2009/04/18/us/politics/18detain.html?scp=2&sq=cia&st=cse

    • @drstrange

      Ce n’est pas un cliché, je vous l’assure. J’en ai vu des victimes.

    • @M. Hétu

      Effectivement, les mémos ont servi de caution aux agents de la CIA qui, ne voulant pas se retrouver dans la m*rde, ont exigé un sauf-conduit de la part de l’administration Bush.

      En outre, quand Bush a fait “l’étonné” lors de la révélation de a torture à la prison d’Abi Graïb, il mentait. Il avait déjà autorisé la torture et j’espère que tous ceux qui ont été trouvé coupable de torture vont se mettre à parler et à dire qui a autorisé ces techniques.

    • Yoo a donc «patché» après le fait.

      J’avais lu un texte très intéressant dans le site de formation de la GRC (il y avait des parties accessibles au public) et ils décrivaient comment un flic vient à se prendre pour la justice personnifiée ou à penser que vu qu’il prend des risques, il est au-dessus des lois. Comment ils commencent à descendre la pente savonneuse de la corruption (ces fameux repas gratuits, aprfois, c,est le premier pas)… c’était vraiment intéressant. Comment ils deviennent parfois baveux et même violents, méprisants envers les non-flics…

    • Et l’esprit de corps a ses mauvais côtés aussi (ne pas dénoncer un collègue qui agit mal).

    • Voici l’opinion d’un interrogateur-tortionnaire.

      http://andrewsullivan.theatlantic.com/the_daily_dish/2009/04/an-interrogator-demands-prosecution.html

      Je pense que plus les jours vont avancer, plus l’administration Obama devra mettre ses culottes et affronter l’ire des néo-cons qui ne veulent pas que Bush et sa gang soient pointés du doigt.

    • @lizzie
      Je sais, moi aussi. Sur un jeune de 17 ans qui avait refusé d’éteindre un feu de camp sur une plage sur le bord du fleuve et qui avait refusé aussi de leur donner son 6-pack de Beck à peine entâmé. Il était tellement frustré qu’il a engueulé les deux jeunes flics qui lui ont tordu le bras puis l’ont menotté avant de le monter passer la nuit au poste municipal… LE problême, c’est qu’il a continuer de les insulter. Sauf qu’en aucun cas il n’a été menacant pour qui que ce soit.
      Et l’histoire ne s’arrète pas là…

    • @ Richard Hétu

      Je viens de relire la Constitution US et les amendements; tout ce que j’y trouve sur l’indépendance judiciaire, c’est que les juges demeurent en place durant bonne conduite.

      Par ailleurs, j’ai trouvé cet extrait d’une allocution prononcée par Sandra Day O’Connor, juge à la Cour suprême des États-Unis, devant le Forum judiciaire arabe, à Manama (Bahreïn), le 15 septembre 2003.

      L’importance de l’indépendance judiciaire

      Sandra Day O’Connor

      Juge à la Cour suprême des États-Unis

      Le 15 septembre 2003

      Dans l’article 78 des « Federalist Papers », l’un des auteurs de la Constitution des États-Unis, Alexandre Hamilton, défend le rôle du pouvoir judiciaire dans la structure constitutionnelle. Il y soutient qu’« il n’y a point de liberté si la puissance de juger n’est pas séparée de la puissance législative et de l’exécutrice (…) La liberté n’a rien à craindre du Judiciaire seul, mais aurait tout à craindre de son union avec l’un des deux autres pouvoirs ». La pénétration d’Hamilton transcende les différences qui existent entre les systèmes judiciaires nationaux. En effet, ce n’est que grâce à l’indépendance que la réalité aussi bien que l’apparence d’un strict respect de la primauté du droit peuvent être garantis au peuple. Comme l’écrivit l’ancien président des États-Unis Woodrow Wilson, le gouvernement « tient ses promesses ou ne les tient pas, dans ses tribunaux. Par conséquent, pour le particulier (…) le combat en faveur d’un gouvernement constitutionnel est un combat en faveur de bonnes lois, certes, mais aussi de tribunaux intelligents, indépendants et impartiaux ». Gardons à l’esprit l’importance que revêt l’indépendance pour assurer un fonctionnement efficace du Judiciaire.

      source: Gouvernement des USA (site français):
      http://www.america.gov/st/usg-french/2008/March/20080311160225xcuaednal0.4925762.html

    • Extrait du lien de M. Hétu 19 Avril 2009 20h09

      “Some Republicans in Congress criticized the White House for declassifying the details of the interrogation techniques, saying that the revelations would allow Qaeda operatives to train to resist the rigors of captivity.”

      Donc implicitement la torture ne doit pas être abolie. Est-que ce n’est pas l’apologie du crime ?

    • à papitibi
      Etes-vous en train de dire que si un juriste consulté émet un avis qui aux yeux de l’homme de bien, comme aux yeux de la Constitution américaine comme aux yeux du droit international auquel a souscrit l’État où réside ce juriste, les USA, que ci ce juriste émet un avis qui contrevient à l’interdiction de la torture, et qu’en forme de procédé de soustraction à toute possible sanction, à la fois contre les commanditaires de l’avis que contre le juriste commandité émettant l’avis, ce juriste est nommé par les commanditaires à une fonction judiciaire fédérale de haut niveau d’où il ne peut être démis, compte tenu du fait qu’il n’était pas juge au moment de l’avis, êtes-vous en train de dire que l’esprit et la parole de Alexandre Hamilton ont été doublement bafoués? …et qu’en conséquence il y aurait lieu d’avancer vitesse grand V pour un acte entendu d’outrage à la Nation par un geste manifeste de déni de l’esprit de la Constitution? Ou bien si je comprends tout à l’envers…

      Dans le sens de: on torture tu ou bien si on ne torture pas???

    • @papitibi

      Vous soulignez le principe constitutionnel de la non-rétroactivité du droit pénal, qui s’applique également en matière disciplinaire. Or ce principe ne peut être invoqué, en droit pénal international, comme moyen de défense à une inculpation pour des violations du droit humanitaire (crimes de guerre, crimes contre l’humanité, etc.). C’est ce qui découle notamment de la jurisprudence de Nuremberg. La torture dans un contexte de conflit armé se situe dans ce registre d’infractions.

      Par ailleurs, si j’ai bien compris vous êtes vous-même magistrat. Pensez-vous qu’il soit correct d’un point de vue déontologique de participer (même anonymement) à un blogue comme celui-ci tout en déclinant votre fonction? Je respecte l’intelligence de votre propos et je ne suis pas totalement en désaccord avec vous. Néanmoins il me semble que votre devoir de réserve devrait vous inciter à la prudence. Certains pourraient interpréter votre point de vue comme un soutien corporatiste à un juge d’un niveau extrême de bassesse morale. Par ailleurs, vous vous avancez sur des questions juridiques dont vous n’êtes pas saisi. Enfin, si vous avez l’habitude de bloguer ici, j’imagine que vous vous prononcez parfois sur des enjeux politiques.

      Bref, je ne veux pas être désagréable, mais je ne pense pas que vous devriez mentionner votre fonction lorsque vous bloguez.

    • À voir ces développements récents, je finis pas me dire
      que Oussama ben Laden avait bien mesuré les contradictions
      de la constitution américaine et de l’âme américaine
      quand ils étaient confrontés à la réalité de leur propre nature humaine
      devant une agression ouverte après 200 ans d’isolement.

      Je dois admettre qu’il a obtenu l’effet maximum pour un effort minimum.

      Les tours ont provoqué un esprit de vengeance qui a dénaturé
      toute la réputation de démocratie, de défense de la liberté et d’équité
      qu’avaient pu construire les deux libérations de l’Europe ( 14-18 et 39-45 )

      Aujourd’hui, on ramasse les sales restes de cette vengeance.

      C’est ce que je comprend de ce que je vois.

    • @st-thomas

      Vous soulignez le principe constitutionnel de la non-rétroactivité du droit pénal, qui s’applique également en matière disciplinaire. Or ce principe ne peut être invoqué, en droit pénal international, comme moyen de défense à une inculpation pour des violations du droit humanitaire

      On parle ici de droit domestique, et non pas de poursuites devant le Tribunal Pénal international. Je maintiens donc le principe de la non-rétroactivité, pour le cas où il pourrait être invoqué. Les USA ne reconnaissent pas le TPI, par ailleurs. Si l’Espagne ou la Belgique devaient présenter une demande d’extradition, elles qui se sont donné juridiction sur des crimes extra-territoriaux par des non non-résidents, vous pouvez deviner qu’il n’y sera jamais donné suite…

      Bref, s’il devait y avoir poursuites, c’est le droit domestique qui s’appliquera, de même que les poursuivants voudront sans doute invoquer, par exemple, la Convention de Genève… Dont j’ai toujours affirmé qu’elle s’applique, ce que niait l’administration précédente.

      Néanmoins il me semble que votre devoir de réserve devrait vous inciter à la prudence. Certains pourraient interpréter votre point de vue comme un soutien corporatiste à un juge d’un niveau extrême de bassesse morale. Par ailleurs, vous vous avancez sur des questions juridiques dont vous n’êtes pas saisi. Enfin, si vous avez l’habitude de bloguer ici, j’imagine que vous vous prononcez parfois sur des enjeux politiques.

      Je n’ai jamais affirmé que je porte le titre de juge ou de magistrat. Soutien corporatiste? Il me faudrait d’abord être membre de la même “confrérie”… Relisez par ailleurs mon commentaire de 19h58 (première ligne); ça ne ressemble pas vraiment à un quelconque soutien…

      N’importe quel citoyen de ce pays a le droit de se prononcer sur ces points où je soumets de l’information, ou des pistes de réflexion. Je ne vois pas ce qui m’empêcherait d’émettre une opinion sur les origines d’un incendie, par exemple, et ce, même si je ne saurais être saisi d’un tel litige…

      Mon droit de m’exprimer est plus limité que le vôtre, en ce sens qu’il serait malsain que je blogue à visage découvert, ce qui n’est pas votre cas. Et même dans le plus strict anonymat, je m’abstiens de me prononcer, même indirectement, sur des sujets sur lesquels je pourrais devoir me prononcer. J’en aurais pourtant le droit, mais je préfère m’abstenir.

      Vous aurez sans doute du mal à identifier le Tribunal administratif au sein duquel j’exerce mes fonctions; à cet égard, je n’ai jamais fourni le moindre indice. Je n’ai jamais commenté la moindre situation qui pourrait interférer avec mes fonctions ou me “peinturer dans un coin”.

      Des points de vue politique? J’ai le droit de m’exprimer; mais je le fais plus librement, sous couvert d’anonymat et sachant que cet anonymat s’étend à l’organisme – terme générique – auquel je suis rattaché.

      Je ne mentionne par ailleurs mon statut que dans la mesure où il me paraît nécessaire de renseigner sur les contraintes auxquelles le membre d’un Tribunal est confronté. C’est ma contribution à l’avancement des connaissances…

      Merci d’avoir permis de m’exprimer sur ce sujet qui semble vous tenir à coeur.

    • @onbo 21h00

      Je vous rappelle que mon propos, au départ, était d’expliquer qu’il y avait lieu de réfléchir à ce qui me semblait une contrainte légale.

      Je n’ai aucune idée de la jurisprudence américaine portant sur la révocation d’un juge pour des propos qu’il aurait tenus (ou écrits) avant d’être nommé juge.

      J’ai cité un juge de la Cour suprême des USA qui confirmait l’importance, pour la démocratie, de séparer les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire. J’ai cité cet extrait de la Constitution US qui dit que les juges demeurent en place “pendant bonne conduite” [during good behaviour: Constitution, article III (judicial branch), section 1]. Mais je ne sais pas ce qu’entendent les Tribunaux par cette expression, ni si elle ne vise que la conduite à titre de juge, où si elle permet de fouiller le passé du magistrat.

      En somme, j’ai lancé des pistes de réflexion. Et essayé d’apporter l’info qui m’est disponible mais qui est bien partielle.

      Alors, à cette question, je réponds par des points d’interrogation…

      Le droit général du Congrès de destituer a donné lieu à 16 destitutions, dont 7 ont été approuvées par le Sénat:

      La destitution au niveau fédéral

      La Constitution autorise le Congrès fédéral à destituer et juger le président, le vice-président et « tous les fonctionnaires civils des États-Unis ». Ces derniers peuvent être « destitués de leur charge sur mise en accusation et condamnation pour trahison, corruption ou autres crimes et délits majeurs ».

      Un fonctionnaire peut être destitué sans être démis de ses fonctions. En effet, si la Chambre des représentants a le pouvoir de prononcer la destitution, seul le Sénat peut la confirmer et démettre le fonctionnaire concerné de ses fonctions. Le Sénat peut également se contenter de censurer le fonctionnaire concerné. Il s’agit alors d’une sorte de condamnation publique qui ne va pas jusqu’à la destitution et qui lui permet de conserver son poste.

      À ce jour, seize destitutions ont été prononcées par la Chambre, mais le Sénat n’en a confirmé que sept. La liste des personnes concernées comporte deux présidents – Andrew Johnson en 1868 et Bill Clinton en 1998 – dont la destitution n’a pas été confirmée par le Sénat. Un autre président, Richard Nixon, a démissionné en 1974 après que la commission judiciaire de la Chambre eut approuvé des articles de mise en accusation, mais avant que la Chambre des représentants ne prononce sa destitution.

      source: gouvernement des USA http://www.america.gov/st/usg-french/2009/February/20090202171716hmnietsua0.9085199.html

    • @onbo – 21h00
      ma réponse a été interceptée par les douaniers… À suivre

    • @alexpert
      Vous avez raison de recentrer ce débat
      Le WTC est tombé tout seul , pas de démolition contrôlée , pas de complot , rien que de des musulmans fanatiques super efficaces .
      La baignoire c’est vieux comme le monde , Allemagne , France , Turquie , Israel ….
      En occident on ne torture pas , on n’aime pas les heures sup ,alors on accélère la procédure .
      C’est simple , mais on en parle pas .
      D’ailleurs tout est public , TV , Presse .
      Un monde parfait .
      Au fait JFK on saura quand ?

    • @papibibi
      Mes commentaires aussi , que la douane s’occupe…
      Merci de vos interventions éclairantes , bien que furieusement procédurières .
      D’un point de vue plus “terrain” ayant pratiqué la chose , la loi est faite pour ceux qui la lise .
      C’est souvent comme ça et dans tous les pays .

    • @ alexpert

      Votre point de vue est intéressant. J’aime comment vous dépeignez l’âme américaine comme celle d’un seul individu : il serait intéressant de caractériser sa psyché! Voyons…

      Le côté vengeur que vous décrivez correspond assez, dans le DSM IV, à un trouble de la personnalité antisociale : incapacité de se conformer aux normes sociales (La guerre en Irak vs l’ONU), tendance à tromper par profit (les WMD de Hussein), irritabilité (la vengeance)… le problème, c’est que c’est difficilement traitable.

      Heureusement, il a également un trouble dissociatif de l’identité (avec deux personnalités, rouge et bleue) et, lorsqu’il adopte l’identité bleue, ses traits antisociaux se dissipent… Pour faire place à quelques traits narcissiques, faut avouer!

      Pfff. Décidément, nous avons un voisin d’en bas bien tapageur.

    • À la clôture du sommet de l’OEA, Obama a admis que la politique d’embargo contre Cuba a été un échec. Il a lancé des signes d’ouverture envers l’île et son régime. Et Raul Castro a démontré une volonté de discuter de tous les sujets possibles.

      Et je me pose une question: Sachant que par son ouverture au dialogue, R.Castro met en danger son régime, ne pourrait-on pas l’affubler du sobriquet de «Gorbatchev cubain»?

    • à papitibi
      Merci de vos réflexions qui rappellent, puisqu’il y a eu des précédents de destitution, que la loi est aussi faite pour ceux qui la transgressent, en plus de ceux qui la lisent, comme le suggère avec humour 2hub.

      J’aime bien la conclusion de l’article du NYT cité en entête, parce qu’il énonce des étapes à franchir et des liens logiques à ne pas sauter, afin, comme vous ne cesser de nous mettre en garde, de ne pas sauter à des conclusions hâtives. Je me promets bien de conserver cela à l’esprit.

      After eight years without transparency or accountability, Mr. Obama promised the American people both. His decision to release these memos was another sign of his commitment to transparency. We are waiting to see an equal commitment to accountability.

      Concernant WP, j’ai remarqué que, si j’écris un texte long et qui demande réflexion, il s’écoule suffisamment de temps pour que WP mette mon texte en queue de peloton. Alors il ne s’affiche pas en temps réel. Pour éviter d’être déçu par cette modalité de WP, je fais toujours un Couper / ensuite un F5 de mise à jour du rouleau du billet / ensuite un Coller de mon texte / ensuite Envoyer. Il m’arrive de faire F5 deux ou trois fois lorsque la circulation est lourde en heure de pointe sur les blogues de Cyberpresse, incluant les autres blogues si mon observation est juste. Je serais heureux si cela s’avérait bénéfique pour le posting de vos commentaires. Bonne fin de soirée à vous…

    • @jean_richard
      Cher Monsieur c’est exactement ça.
      Vous recentrez encore plus ce débat : Le Juge et la torture.
      Il y a les érudits ( on accepte les psychiatres ) qui s’offusquent de tout et de rien , parlent (mais on y comprends rien ), etc…
      Et le monde réel .
      Et dans ce monde la , s’il faut faire prendre son bain à quelqu’un qui ne pense pas comme vous , on argumente pas .
      La seule chose qu’il ne faille pas envisager est : est ce que mon boss ( et son boss , et encore + haut ) a un plan ?
      Sinon c’est le début d’une posture qui ne vous apporteras rien de bon .

    • Les progrès sont énormes aux États-Unis depuis quelques temps.

      Il n’y a encore que quelques mois la discussion était à savoir si les USA torturaient ou non et aujourd’hui le débat a tellement progressé que l’on s’interroge si l’on doit poursuivre ceux qui ont fait la promotion de cette pratique.

      J’ai toujours dit que le peuple américain était long à saisir les vrais enjeux ou le fond d’un problème mais la beauté de la chose est que tôt ou tard il y arrive.

    • On ne peut poursuivre les soldats pour avoir suivi les orders venant d’en haut. Ce n’est pas parcequ’on change de President que tout d’un coup ils sont responsable. L’administration de Bush est responsable …

      On pense Bush et son administration parti, mais ils ont eu le temps de mettre en place assez de juges pour faire valoir leur politique de droite pour les prochains 10 ans …

    • lizzie

      19 Avril 2009
      15h39

      j’aime vôtre raisonnnement juste et impartial! qualités en voie de disparation au sein du ‘’système judiciaire” il semble!

    Vous désirez commenter cet article?   Ouvrez une session  |  Inscrivez-vous

    publicité

  • Twitter

  • Catégories



  • publicité





  • Calendrier

    mars 2014
    L Ma Me J V S D
    « fév   avr »
     12
    3456789
    10111213141516
    17181920212223
    24252627282930
    31  
  • Archives

  • publicité