Richard Hétu

Richard Hétu - Auteur
  • Richard Hétu, collaboration spéciale

    Richard Hétu est le correspondant de La Presse à New York. Il a fait paraître deux romans, Rendez-vous à l'Étoile (VLB éditeur, 2006) et La route de l'Ouest (VLB éditeur, 2002), ainsi que deux essais sur les États-Unis, Sexe, fric et vote : les clés de la Maison-Blanche (Les Éditions La Presse, 2012), co-écrit avec Alexandre Sirois, et Lettre ouverte aux anti-américains (VLB éditeur, 2003).
  • Lire la suite »

    Archive, novembre 2008

    Dimanche 30 novembre 2008 | Mise en ligne à 14h31 | Commenter Commentaires (125)

    Obama n’est pas Noir

    Barack Obama election items are displayed for sale by a street ...

    Au lendemain de l’élection de Barack Obama à la présidence, un bon ami et collègue de Québec m’envoit ce courriel de reproche :

    Je vois que toi aussi, tu parles d’Obama comme d’un Noir. Il me semble pourtant qu’il est plus que ça. Il est à la fois Blanc et Noir, comme toi. Il est à la fois la réunion de deux grandes races. Il est le résultat d’un rapprochement, d’une fusion. Il est l’échec au découpage Blancs-Noirs. Le symbole me paraît trop puissant pour l’occulter comme le font les médias depuis le début.

    L’auteure Marie Arana, qui est elle-même issue d’un mariage mixte, exprime la même idée aujourd’hui dans ce texte publié dans le Washington Post. J’en cite un long extrait :

    Il est aussi à moitié Blanc.

    À moins que la règle de la goutte de sang soit encore en vigueur, notre président élu n’est pas Noir.

    Nous disons qu’il l’est – il le dit lui-même – parce que nous utilisons un langage et une logique dépassés. Après plus de 300 ans d’une histoire difficile, nous nous accrochons encore à une règle raciste : à moitié Noir est tout Noir. 50% égale 100%. Il n’y a pas de juste milieu.

    Telle a été ma réaction quand j’ai lu ces mots sur la première page de ce journal au lendemain de l’élection : Obama passe à l’histoire : les É.U. élisent décisivement un premier président noir.

    C’est comme si nous avions un pied dans l’avenir et un pied dans le Vieux Sud. Nous sommes assez sophistiqués sur le plan racial pour élire un président non-Blanc, et assez arriérés pour continuer à dire qu’il est Noir. Le progrès a dépassé notre vocabulaire.

    Pour moi, et pour un nombre croissant de métis, Barack Obama n’est pas notre premier président noir. Il est notre premier président biracial, biculturel. Il est plus que la personnification d’un succès afro-américain. Il est le pont entre deux races, un symbole vivant de tolérance, un signe que les strictes catégories du passé doivent être abandonnées.

    P.S. : Pour constater que le point de vue de mon ami de Québec et de l’auteure du Post ne fait pas l’unanimité, il suffit de consulter ce clip.

    (Photo Reuters)

    Lire les commentaires (125)  |  Commenter cet article






    Dimanche 30 novembre 2008 | Mise en ligne à 10h02 | Commenter Commentaires (80)

    L’Irak et le révisionnisme journalistique

    Pourquoi les États-Unis ont-ils envahi l’Irak? Thomas Friedman, l’un des plus influents commentateurs américains en matière de politique étrangère, fournit aujourd’hui une réponse intéressante dans sa chronique du New York Times, saluant des exemples récents de l’indépendance de juges et journalistes irakiens. J’en traduis un extrait :

    «C’est un rappel de la raison la plus importante de la guerre en Irak : essayer de collaborer avec les Irakiens pour instaurer la règle de droit et des politiques progressistes au coeur du monde arabo-musulman…»

    Comme le souligne Glenn Greenwald sur son blogue, Friedman se livre à un spectaculaire révisionnisme journalistique. Pour s’en convaincre il suffit d’écouter à nouveau sa fameuse interview accordée à Charlie Rose le 30 mai 2003 :

    Je cite le passage clé de sa réponse à Rose traduit par yvonthivierge, un de nos collaborateurs :

    ROSE: Maintenant que la guerre est finie mais que la paix n’a pas été tout à fait acquise, cela en valait-il la peine ?

    FRIEDMAN: Je crois indubitablement qu’il en valait la peine, Charlie. Je crois certainement qu’avec le recul je comprends mieux ce à quoi rimait cette guerre … Je crains qu’il nous fallait aller dans cette partie du monde pour y crever l’abcès. Il nous fallait nous y rendre et essentiellement y utiliser un très gros bâton en plein coeur de ce monde et les faire revenir sur terre.

    Et ils devaient y voir des Américains, gars et filles, passer d’une maison à l’autre, de Bassorah à Bagdad et leur demander essentiellement : quelle partie de cette phrase ne comprenez-vous pas? Vous pensez peut-être que nous ne tenons pas à notre société ouverte? …

    Eh bien. Suce. Moi. Ça. Voilà, Charlie, ce à quoi rimait cette guerre.

    Nous aurions pu frapper l’Arabie saoudite. Elle faisait partie de cette bubulle. Ou encore le Pakistan. Nous avons frappé l’Irak parce que nous le pouvions. Voilà la vérité toute nue.

    Lire les commentaires (80)  |  Commenter cet article






    Samedi 29 novembre 2008 | Mise en ligne à 9h38 | Commenter Commentaires (128)

    Obama et le Cachemire

    Kashmiris protest against the polls during the second phase ...

    Barack Obama donnera-t-il suite à son idée de dépêcher un envoyé spécial (peut-être Bill Clinton) en Inde et au Pakistan pour régler le conflit entre les deux rivaux nucléaires au sujet du Cachemire? Dans une entrevue à l’hebdomadaire Time publiée le mois dernier, il avait affirmé qu’une solution à ce contentieux ferait partie des priorités de son administration. Selon lui, le Pakistan ne consentira pas de véritables efforts à combattre les talibans et autres insurgés sur son territoire tant qu’il n’aura pas abandonné ses craintes historiques à l’égard de l’Inde.

    Après le massacre de Bombay, l’Inde ne semble évidemment pas disposé à pactiser avec le Pakistan, d’où est peut-être basé le groupe responsable des attaques qui ont fait plus de 195 morts. Le président élu américain s’est d’ailleurs contenté hier de sympathiser avec l’Inde et de promettre de livrer un combat sans merci aux terroristes. Je cite une de ses déclarations :

    «Ces terroristes qui prennent pour cibles des civils innocents ne feront pas échouer la grande démocratie indienne, ni n’ébranleront la détermination d’une coalition mondiale à les vaincre. Les États-Unis doivent être au côté de l’Inde et de toutes les nations et de tous les peuples qui s’engagent à détruire les réseaux terroristes et à vaincre leur idéologie de haine.»

    (Photo Reuters)

    Lire les commentaires (128)  |  Commenter cet article






    publicité

  • Twitter

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse



    publicité





  • Calendrier

    mars 2012
    L Ma Me J V S D
    « fév   avr »
     1234
    567891011
    12131415161718
    19202122232425
    262728293031  
  • Archives

  • publicité