Richard Hétu

Richard Hétu - Auteur
  • Richard Hétu, collaboration spéciale

    Depuis juin 1994, Richard Hétu est le correspondant de La Presse à New York. Il a fait paraître deux romans, Rendez-vous à l’Étoile (VLB éditeur, 2006) et La route de l’Ouest (VLB éditeur, 2002), ainsi que plusieurs essais sur les États-Unis, dont Sexe, fric et vote : les clés de la Maison-Blanche (Les Éditions La Presse, 2012) et Madame America : 100 clés pour comprendre Hillary Clinton (Les Éditions La Presse, 2016). Il vit à Manhattan avec sa famille.
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    Samedi 21 avril 2018 | Mise en ligne à 7h32 | Commenter Commentaires (79)

    Les «concessions» de Kim

    Kim Jong-un lors d'une réunion du parti au pouvoir à Pyongyang vendredi. (Photo KCNA)

    Kim Jong-un lors d'une réunion du parti au pouvoir à Pyongyang vendredi. (Photo KCNA)

    Lu dans une dépêche d’AFP hier soir :

    «La Corée du Nord a pris une décision spectaculaire en annonçant samedi (heure locale) la fin des essais nucléaires et des tests de missiles intercontinentaux ainsi que la fermeture du site d’essais nucléaires, décision aussitôt saluée par Washington et Séoul, mais jugée insatisfaisante par Tokyo.»

    À quelques jours d’un sommet entre les Corées et à l’approche d’un sommet éventuel entre Kim Jong-un et Donald Trump, il ne fait pas de doute que le dirigeant nord-coréen voulait faire donner l’impression de faire des concessions importantes aux États-Unis. Mission accomplie!

    Mais, comme le souligne le New York Times dans cet article, la décision de Kim ne fait que cimenter le statu-quo. Car la Corée du Nord avait déjà cessé de tester ses armes. La satisfaction de Washington, exprimée sans retenue par le président, s’accompagne donc de méfiance, pour des raisons que le Times explique dans ce passage :

    «La décision du dirigeant nord-coréen pourrait relever de la tactique, plaçant les États-Unis sur la défensive avant les pourparlers sur son arsenal nucléaire. En tendant une branche d’olivier (…), la Corée du Nord exerce une pression sur les États-Unis pour qu’ils acceptent une entente avant que M. Kim n’abandonne les armes nucléaires de la Corée du Nord.»

    Kim pourrait aussi vouloir créer une division entre la Corée du Sud et les États-Unis. Quant aux Japonais, ils ont notamment déclaré hier que la suspension des essais nucléaires et des tests intercontinentaux en Corée du Nord était encore éloignée de l’objectif recherché, à savoir la dénucléarisation.

    Quoi qu’il en soit, l’annonce de Kim maintient ouverte la possibilité d’une véritable percée diplomatique dans la péninsule coréenne. Et elle permet aujourd’hui à Donald Trump de se féliciter d’avoir contribué à changer la donne dans cette région du monde.

    P.S. : Article intéressant sur l’effet des sanctions de la communauté internationale sur la Corée du Nord.

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    Vendredi 20 avril 2018 | Mise en ligne à 18h58 | Commenter Commentaires (28)

    Sessions a menacé de démissionner

    Jeff Sessions craint le limogeage du numéro deux du ministère de la Justice. (Photo AP)

    Jeff Sessions craint le limogeage du numéro deux du ministère de la Justice. (Photo AP)

    Jeff Sessions a informé la Maison-Blanche la semaine dernière qu’il pourrait démissionner si Donald Trump limogeait le numéro deux du ministère de la Justice, Rod Rosenstein, qui supervise l’enquête russe menée par le procureur spécial Robert Mueller, selon cet article du Washington Post.

    Le ministre de la Justice a transmis cette menace lors d’une conversation téléphonique avec le conseiller juridique de la Maison-Blanche, Don McGahn. Son appel est intervenu après que le président a exprimé une colère noire envers Rosenstein, qui a donné le feu vert à une perquisition du FBI chez son avocat personnel Michael Cohen.

    La réaction du président n’est évidemment pas celle d’un homme qui n’a rien à se reprocher. Et celle de Sessions en dit long sur le climat qui règne ces jours-ci au sein de l’administration Trump.

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    Vendredi 20 avril 2018 | Mise en ligne à 8h48 | Commenter Commentaires (90)

    Les notes de Comey : l’arroseur arrosé?

    Une partie des notes rédigées par James Comey l'an dernier. (Photo AP)

    Une partie des notes rédigées par James Comey l'an dernier. (Photo AP)

    Depuis près d’un an, les républicains de la Chambre des représentants demandent au FBI de leur remettre les notes personnelles rédigées par l’ancien directeur du Bureau, James Comey, concernant ses interactions avec Donald Trump. D’emblée, le FBI a refusé d’obtempérer, faisant d’abord valoir qu’elle devait consulter le procureur spécial Robert Mueller chargé d’enquêter sur l’affaire russe.

    Qu’à cela ne tienne, les républicains de la Chambre ont renouvelé cette demande au cours des derniers jours, allant même jusqu’à menacer d’utiliser leur pouvoir d’exiger la production de ces documents ou même de désavouer le ministre de la Justice adjoint Rod Rosenstein par un vote de défiance l’accusant d’«outrage» au Congrès.

    Avant d’aller plus loin, un mot sur les 15 pages de notes de James Comey que l’on peut lire ici. Dans la foulée du limogeage de l’ancien directeur du FBI par Donald Trump, le New York Times en a publié certains passages, dont l’un portait sur une conversation à la Maison-Blanche au cours de laquelle le président lui aurait demandé de mettre fin à l’enquête du FBI sur Michael Flynn, son ancien conseiller à la sécurité nationale.

    L’article du Times sur cette conversation a joué un rôle clé dans la décision de Rosenstein de nommer un procureur spécial pour enquêter sur l’affaire russe.

    Mais pourquoi donc les républicains voulaient-ils obtenir les notes de Comey? Raison officielle : par souci de transparence. Raisons soupçonnées : pour miner la crédibilité de Comey et ébranler le pouvoir de Rosenstein.

    Or, les notes de James Comey, coulées aux médias peu après leur remise aux républicains de la Chambre, ont renforcé la crédibilité de l’ancien directeur du FBI. Car elles correspondent en tout point à ce que le Times a déjà publié sur le sujet ainsi qu’à ce que Comey a déjà dit devant le Congrès et écrit dans son livre, Une loyauté à toute épreuve.

    Qui plus est, les notes de Comey contiennent des informations susceptibles de nuire à Donald Trump. Dans un passage, Comey écrit qu’il a informé l’ancien chef de cabinet de la Maison-Blanche Reince Priebus que les services de renseignement américains avaient corroboré des parties du dossier compilé par l’ancien espion britannique Christopher Steele sur les liens entre Donald Trump et la Russie ainsi que sur la collusion entre des membres de son entourage et le Kremlin.

    Les notes de Comey rédigées confirment par ailleurs l’obsession de Donald Trump avec l’histoire des «douches dorées» à Moscou. Selon Comey, le président a donné l’impression qu’il avait abordé ce sujet avec Vladimir Poutine, qui l’aurait assuré que la Russie avait «les plus belles prostituées du monde». Ce détail a fasciné les médias américains.

    Dans ses notes, Comey fait également allusion aux doutes de Trump concernant le jugement de Flynn avant que celui-ci ne soit limogé.

    Après la diffusion des notes de James Comey, les républicains de la Chambre ont estimé qu’elles démontraient à la fois l’attitude «biaisée» de l’ancien directeur du FBI son attitude «biaisée» face au président et son incapacité à prouver que ce dernier avait nui à l’enquête du FBI sur l’affaire russe. Le président en est arrivé à la même conclusion, affirmant que les notes démontraient qu’il n’y avait eu ni collusion ni entrave à la justice de sa part.

    Il va sans dire que l’équipe de Robert Mueller ne fera nécessairement pas la même lecture de ces notes et en tirera peut-être une toute autre conclusion.

    Mais les républicains de la Chambre n’ont pas dit leur dernier mot. Ils ont réussi à intimider Rosenstein en le forçant à leur remettre des documents qui font partie d’une enquête ciblant le président et son entourage. Si ce n’est pas un précédent, ce n’est pas loin.

    Et ils poursuivront au cours des prochains jours et semaines leur travail de sape contre ce ministre de la Justice adjoint dont le remplacement pourrait servir à limiter l’étendue et les retombées de l’enquête menée par Robert Mueller.

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