Richard Hétu

Richard Hétu - Auteur
  • Richard Hétu, collaboration spéciale

    Depuis juin 1994, Richard Hétu est le correspondant de La Presse à New York. Il a fait paraître deux romans, Rendez-vous à l’Étoile (VLB éditeur, 2006) et La route de l’Ouest (VLB éditeur, 2002), ainsi que plusieurs essais sur les États-Unis, dont Sexe, fric et vote : les clés de la Maison-Blanche (Les Éditions La Presse, 2012) et Madame America : 100 clés pour comprendre Hillary Clinton (Les Éditions La Presse, 2016). Il vit à Manhattan avec sa famille.
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    Mardi 19 septembre 2017 | Mise en ligne à 11h10 | Commenter Commentaires (59)

    Trump, «l’homme-fusée» et l’Iran

    Après avoir défendu sa vision de l’«Amérique d’abord» et le concept de la souveraineté nationale, Donald Trump a consacré la partie la plus importante de son premier discours à la tribune des Nations unies à une dénonciation en règle de la Corée du Nord et de l’Iran, deux des «régimes voyous» contre lesquels la communauté internationale doit s’unir selon lui.

    Le président américain a enflammé Twitter en reprenant devant l’Assemblée générale de l’ONU le surnom qu’il avait utilisé sur ce réseau social dimanche pour attaquer Kim Jong-un. «L’homme-fusée est engagé dans une mission-suicide pour lui et son régime», a-t-il déclaré en précisant que Pyongyang avait le choix entre la dénucléarisation et une destruction éventuelle.

    «Si les États-Unis sont menacés, nous n’aurons pas d’autre choix que de détruire totalement la Corée du Nord», a déclaré Donald Trump.

    Totalement.

    Le chef de la Maison-Blanche a par ailleurs réitéré son opinion selon laquelle l’accord sur le nucléaire iranien est «un des pires auquel les États-Unis aient jamais participé». «Nous ne pouvons pas laisser un régime meurtrier continuer ses activités déstabilisatrices (…) et nous ne pouvons pas respecter un accord s’il sert à couvrir l’éventuelle mise en place d’un programme nucléaire», a déclaré Trump, qualifiant l’Iran non seulement d’«État voyou» mais également de «dictature corrompue».

    Après un tel discours, le retrait des États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien ne semble plus qu’une question de temps.

    Trump a eu des compliments pour l’Arabie saoudite, des critiques pour le Venezuela et le socialisme, mais il n’a pas pipé mot sur le climat.

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    Mardi 19 septembre 2017 | Mise en ligne à 7h42 | Commenter Commentaires (25)

    La méthode «shock and awe» de Robert Mueller

    Robert Mueller a indiqué à Paul Manafort qu'il avait l'intention de l'inculper. (Photo Reuters)

    Robert Mueller a indiqué à Paul Manafort qu'il avait l'intention de l'inculper. (Photo Reuters)

    Shock and awe : l’expression fait référence à une doctrine militaire préconisant le recours à une puissance écrasante et à des démonstrations de force spectaculaires afin de paralyser l’ennemi et de miner sa volonté de combattre. Plusieurs Américains l’ont découverte à la veille de l’invasion de l’Irak. Et elle refait aujourd’hui surface dans le contexte de l’enquête du procureur spécial Robert Mueller sur l’ingérence russe dans l’élection présidentielle de 2016.

    Selon cet article du New York Times, Mueller mène son enquête en misant sur l’équivalent juridique de la méthode shock and awe. Et Paul Manafort, ancien président de la campagne présidentielle de Donald Trump, est l’une de ses cibles prioritaires avec Michael Flynn, ancien conseiller pour la sécurité nationale.

    Le Times explique que Manafort a fait l’objet d’un mandat de perquisition en juillet permettant aux enquêteurs du FBI de s’introduire aux petites heures du matin dans son domicile de Virginie sans avoir à cogner à la porte. D’ordinaire, une telle approche signifie que les enquêteurs craignent qu’un suspect ne détruise des documents.

    Après la perquisition, Mueller a fait savoir à Manafort qu’il avait l’intention de l’inculper. Selon les experts, le procureur spécial cherche non seulement à obtenir la coopération de Manafort en le menaçant de la sorte mais également à intimider les cibles potentielles de son enquête. Le message est clair: Mueller ne mène pas une enquête pépère à laquelle on est habitué dans le cas de crimes dont les suspects sont des cols blancs.

    En fait, sa méthode ressemble davantage à celle employée par les procureurs fédéraux qui s’attaquent au crime organisé, comme l’expliquait hier soir le journaliste du New York Times Matt Apuzzo lors d’une entrevue sur MSNBC (voir la vidéo ci-dessous). Il ne faut pas s’en étonner. Deux des avocats qui travaillent au sein de l’équipe de Mueller – Andrew Weissmann et Greg Andres – ont décapité les clans mafieux de New York alors qu’ils étaient procureurs fédéraux à Manhattan et à Brooklyn. Andres a même arraché en 2007 un verdict de culpabilité à Vito Rizzuto pour sa participation à un triple meurtre commis à Brooklyn en 1981.

    Au fil des ans, Andres a également développé une expertise en corruption internationale, fraude fiscale et blanchiment d’argent, des crimes dont Manafort est aujourd’hui soupçonné.

    En fait, Manafort est dans la ligne de mire du FBI depuis longtemps. CNN a révélé hier soir que la police fédérale l’avait mis sous écoute à partir de 2014 en rapport avec ses activités de lobbying auprès du parti qui gouvernait l’Ukraine. Après avoir abandonné cette surveillance pendant une période, le FBI l’a reprise avant et après l’élection présidentielle de 2016 après avoir obtenu un deuxième mandat auprès du tribunal fédéral relatif au renseignement étranger, le FISA. Selon CNN, des conversations entre Manafort et Trump ont peut-être été interceptées avant que les avocats du président ne lui ordonnent de cesser de parler à son ancien président de campagne.

    CNN précise que certains conversations interceptées entre Manafort et des individus soupçonnés d’être liés au Kremlin ont fait craindre aux enquêteurs que Manafort a encouragé les Russes à aider la campagne de Trump. Tous ces renseignements se retrouvent aujourd’hui en possession de Mueller.

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    Lundi 18 septembre 2017 | Mise en ligne à 7h24 | Commenter Commentaires (51)

    L’Obamacare de nouveau en danger

    Vous pensiez que Donald Trump et les républicains du Congrès avaient abandonné tout espoir d’abroger et de remplacer la loi sur la santé de Barack Obama? Si c’est le cas, détrompez-vous. Mais ne vous en faites pas, plusieurs Américains sont également ignorants de cette réalité.

    Les républicains sont engagés dans une course contre la montre afin d’adopter un projet de loi concocté par les sénateurs Bill Cassidy de Louisiane et Lindsey Graham de Caroline-du-Sud avant le 30 septembre. Pourquoi le 30 septembre? En raison des règles byzantines du Sénat, les républicains auront besoin d’un minimum de 60 voix pour faire adopter le texte après cette date plutôt que d’une simple d’ici là.

    Comme les textes précédents, le projet Cassidy-Graham a été élaboré sans l’apport des démocrates et le processus parlementaire normal. Il mettrait fin à l’obligation faite aux individus de contracter une assurance-santé. Il minerait la protection dont jouissent les Américains souffrant de conditions pré-existantes. Il réduirait l’aide financière dont bénéficient les personnes à plus faible revenu pour souscrire une assurance-santé privée. Il retrancherait des centaines de milliards de dollars au budget de Medicaid, le programme d’assurance-santé public pour les personnes pauvres ou handicapées, sur dix ans. Il transfèrerait les coûts et les risques de l’expansion du programme Medicaid aux États, qui recevraient des sommes d’argent fixes.

    Résultat, selon le Center on Budget and Policy Priorities, des mil lions d’Américains perdraient leur couverture-santé au cours de cette période. À noter que le Bureau du budget du Congrès n’a pas encore publié d’analyse sur le texte. À suivre…

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