L'hémisphère droit

L'hémisphère droit - Auteur
  • Marielle Couture

    Marielle Couture a deux grandes passions : le design et la communication. Suite à des études collégiales en publicité et universitaires en arts, elle travaille depuis novembre 2012 comme journaliste au Quotidien/Progrès-Dimanche. Son blogue se veut un éloge à la créativité, tant dans les modes de vie alternatifs que dans les découvertes, créations et inventions de l'humanité.
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    Vendredi 19 juillet 2013 | Mise en ligne à 14h57 | Commenter Commentaires (4)

    Angoisse sur la plage

    Avez-vous prévu prendre des vacances, cet été? Si je me fie à mon fil de nouvelles facebook, vous êtes ces jours-ci tous en extase – ou presque – les pieds dans l’eau, un gin tonic à la main. Alors que je sue devant l’écran qui réchauffe la pièce de quelques degrés supplémentaires, je vous avoue que je vous envie. Vraiment. D’ailleurs, je vous remercie pour les infos, dates et itinéraires, je pense que si j’étais cambrioleuse je me taperais une razzia de maisons vides.

    J’ai plutôt décidé de m’improviser des vacances. Je m’en vais passer quelques jours au bord de l’eau, question de pouvoir moi aussi poster des photos de feu de camp, de lac et d’enfants trop contents. Des vacances! Des vacances? Pourquoi je n’ai pas l’impression d’aller me reposer? Peut-être parce que j’envisage déjà les quelques centaines de courriels à gérer dès mon retour… Peut-être parce que je sais que mes dossiers n’avanceront pas, s’empilant dans ma tête tandis que je me prélasse au chalet? Peut-être parce que je me vois déjà en train de répéter aux enfants de mettre de la crème, de ne pas éclabousser, de ne pas dire ça devant la famille, de me laisser m’asseoir, cinq minutes, avant d’avoir encore trop chaud-soif-envie-soif encore. Peut-être parce que je me vois déjà, en train d’angoisser sur la plage…

    Blagues à part, j’ai une question, tandis que vous prenez le temps de venir faire un tour sur cyberpresse en essayant de ne pas trop beurrer le iPad de crème solaire. Pendant que vous êtes en vacances, je veux dire pendant que vous êtes physiquement absent de votre bureau, qui fait votre boulot? Est-ce que votre travail avance, quelqu’un vous remplace? Ou la sale job vous attend-t-elle sagement, s’empilant, s’accumulant, s’encrassant en piles sur le coin du bureau? Parce que les vacances, au fait, c’est théorique. Du moins si le travail s’accumule dans votre dos, votre repos est vain. Faudra y mettre l’énergie regagnée pour rattraper le temps perdu en oisiveté. C’est ça la société de productivité à tout prix, right?

    Ainsi, on reviendra travailler avec la peau bronzée, les yeux moins cernés – vraiment? – et tout plein de magnifiques photos à étaler dans le webmonde. Pour dire qu’on a eu de belles vacances, merci patron.

    Et la pile de dossiers? Mais allez, voyons, un peu de tonus, vous rentrez à peine de vacances! Allez hop!


    • Vous devriez apprendre à décrocher, à laisser aller ça vous ferait du bien je crois. Si vous angoissez pour des raisons insignifiantes comme la crème solaire de vos enfants et ce qu’ils pourraient dire devant votre famille (scandale, honte et déshonneur mon enfant a dit un gros mot) vous devez vraiment avoir une vie pénible. Les vacances servent justement à cesser de s’en faire avec toutes ses petites choses qui sont fondamentalent peu importantes, à laisser de côté la routine alliénante dans laquelle nous vivons 50 semaines par année.
      Qui fait mon boulot pendant ce temps ? Personne et c’est parfait ainsi.

    • Pour être capable de prendre de «vraies vacances», il faut avoir un job simple, dont le titulaire peut être remplacé sans que cela ne cause d’interruption ou de diminution de service et sans qu’il y ait quelque accumulation de travail à reprendre au retour. Bref, un job sans mandat à moyen ou long terme. Un job à exécution limitée dans le temps et dont l’absence du titulaire ne devrait pas causer préjudice au patron ou au client.

      Quelques exemples: Patrouilleur, serveur, pilote, réceptionniste, vendeur, etc.

      Dès que l’on a un emploi qui s’étale le moindrement dans le temps, il est souvent difficile de tout régler avant de partir et de revenir sans que quelque chose n’ait atterri sur le bureau. Il est parfois difficile d’oublier les mandats en cours. Et si vous ajoutez à tout cela la corvée d’un déplacement vacancier avec des enfants, le tout sur une courte période, vous risquez de revenir plus fatigué qu’au départ et de reprendre le boulot de mauvaise humeur.

      Ma phobie de ce genre de vacances compressées remonte loin. Adolescent, quand mes parents revenaient tard le dimanche soir et que je devais retourner à l’école dès lundi matin, cela me mettait en bocal vert.

      Cela fit que durant toute ma carrière, je n’ai jamais pris de vacances compressées avec départ en cata le vendredi soir et retour tout aussi en cata dans la nuit du dimanche précédant le retour au boulot. Je me donnais du mou avant de partir et du mou en revenant. Et je ne me suis jamais embarqué dans des histoires de camping ou de voyages organisés avec quelqu’un qui m’aurait tiré sur le collier pour soi-disant respecter un horaire ou comme certains disent: «Profiter de mes vacances». C’est moi qui décide de ce qui m’est profitable.

      Et quand je en pourrai plus voyager «comme du monde», je resterai chez moi.

      Bonnes vacances.

    • Ah! Petite fille! Les enfants restent petits si peu de temps! Apprenez donc à laisser trainer la poussière, à vous ficher de ce que les petits pourront sortir comme niaiseries devant la visite, ce qui vous fera des anecdotes drôles à raconter quand ils seront grands. Trop de fichue crème solaire empêche l’absorption du calcium, il ne faut donc pas virer fou avec ça.

      Les vacances, c’est fait pour envoyer balader la job, les chaussures, les horaires, la routine, la planification de chaque minute du jour.

      Marchez pieds-nus dans l’herbe, écrasez-vous sous un arbre avec un livre et une boisson froide, au diable le ménage et les repas élaborés, faites-vous des petits bateaux en papier que vous ferez naviguer dans les rigoles avec vos flos, éclaboussez-vous tous sous la pluie, ne planifiez rien ou si peu apprenez à déléguer: une camarade prend mes charges pendant mon absence et je lui rends la politesse quand elle part à son tour.

      En vacances, mon PC reste obstinément fermé pour ce qui est de la question boulot: je joue plutôt sur Facebook! Interdiction pour le bureau de m’appeler même si la baraque saute et dès que je passe la porte la dernière seconde avant les vacances, mon emploi cesse d’exister!

      Profitez de la vie, de vos enfants, du temps qui passe vite et ne revient jamais. Quand j’ai des questions existentielles comme celle que vous posez, je me demande toujours ceci:

      Est-ce que ce serait vraiment important si je savais avec certitude que demain matin je serai morte?

      J’aime bien aussi: si tes loisirs nuisent à ta job, lâche ta job!

    • Merci, je me sens moins seul (même si j’étais sur le bord du lac en fin de semaine en famille avec des amis et que c’était comme au paradis et que ma blonde a tout mis ça sur Facebook…)

      Sinon, si vous êtes comme moi travailleur autonome, vous avez une liberté à longueur d’année (on va dire), mais une liberté avec des limites, le genre de limites dont souffrent moins ceux qui sont moins autonome. Ils reçoivent leur paie de vacance et ont un remplaçant pour les remplacer…

      Mais bon, je vous apprends rien en vous disant ça.

      Bon été quand même!

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