L'hémisphère droit

L'hémisphère droit - Auteur
  • Marielle Couture

    Marielle Couture a deux grandes passions : le design et la communication. Suite à des études collégiales en publicité et universitaires en arts, elle travaille depuis novembre 2012 comme journaliste au Quotidien/Progrès-Dimanche. Son blogue se veut un éloge à la créativité, tant dans les modes de vie alternatifs que dans les découvertes, créations et inventions de l'humanité.
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    Lundi 5 août 2013 | Mise en ligne à 11h07 | Commenter Commentaires (13)

    Vous avez (77) nouveaux messages

    Elle est loin la belle époque où, avec mes copines, on passait des soirées à ouvrir le bottin téléphonique au hasard pour faire des coups de téléphone. Je me souviens d’ailleurs très clairement du jour où les services étoile et l’afficheur ont fait leur apparition. Perte d’anonymat. Le thrill n’y était plus. Quand tu as téléphoné chez Robin à deux heures du matin pour parler à Batman, et que le Robin en question est en mesure de rejoindre tes parents ensuite, ça coupe le fun sec. Comme les enfants que nous étions, on a trouvé d’autres activités pour nous désennuyer. Mais certains souvenirs demeurent hilarants. J’en ai d’ailleurs rangé quelques uns, bien croustis, pour mes enfants lorsqu’ils seront plus grands.

    Aux services étoile se sont tranquillement ajoutés des dizaines de services dont celui – bien bien pratique – de la boîte vocale. Au début, un répondeur, c’était simple. Dépôt de messages. Consultation des messages. Au travers de cette évolution téléphonique sont apparues nombre de technologies, de plus en plus sophistiquées et simples, pour communiquer entre humains rapidement et en tout temps. Le répondeur a tenté, bien malgré lui, de suivre la cadence en s’inventant toutes sortes de fonctions soi-disant technos: rappel du correspondant, archivage des messages, pense-bête, notification des appels, renvoi d’appel et filtrage depuis le répondeur, messagerie de groupe, personnalisation du message d’accueil, personnalisation des tonalités, double-ligne, mise en attente, etc. etc.

    Tout cela, en fait, pour camoufler une réalité dure à avaler après tant d’efforts d’actualisation. Avec toutes les technologies de communication mises à notre disposition – textos, courriels, Facebook et autres réseaux pour ne nommer que ceux-là – la boîte vocale est désuète depuis au moins 10 ans. Totalement OUT. Alors qu’envoyer/recevoir un message prend en moyenne 30 secondes, je ne vois pas pourquoi je prendrais le temps de composer un numéro, laisser sonner, écouter un message enregistré, entrer un code, écouter les messages – en prenant des notes parce que les paroles s’envolent – archiver ou supprimer, puis raccrocher, pour ensuite effectuer un retour de communications. J’ai calculé que prendre cinq messages prend environ dix à douze minutes – quand les messages sont concis (rare) et clairs (encore plus rare).

    Vous imaginez bien que je ne suis pas assidue. Que quand il y a cinq messages et que ça me semble trop long, je remets ça à plus tard. Alors vite vite vite, ça devient dix, puis vingt-deux, puis quarante-huit, puis soixante-dix-sept messages qui sont accumulés. Comment expliquer les différentes couches d’écoeurement/culpabilité/lâcheté/frustration/angoisse qui barbouillent et sédimentent mon coeur, chaque fois que j’entends la tonalité saccadée qui me rappelle qu’il y a des tas de messages qui m’attendent? J’ai décidé, pour ma santé mentale, de mettre un terme à tout ça. En plus, j’ai décidé que le problème, ce n’est pas moi. C’est cette technologie au fonctionnement archaïque qui est mal adaptée au monde actuel. Une boîte vocale, ça fait tellement 1992.

    Aujourd’hui, c’est décidé, je fais enlever ce machin diabolique de dans mon téléphone. Exit. Vous savez, de toute façon, où me joindre.

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    Vendredi 19 juillet 2013 | Mise en ligne à 14h57 | Commenter Commentaires (4)

    Angoisse sur la plage

    Avez-vous prévu prendre des vacances, cet été? Si je me fie à mon fil de nouvelles facebook, vous êtes ces jours-ci tous en extase – ou presque – les pieds dans l’eau, un gin tonic à la main. Alors que je sue devant l’écran qui réchauffe la pièce de quelques degrés supplémentaires, je vous avoue que je vous envie. Vraiment. D’ailleurs, je vous remercie pour les infos, dates et itinéraires, je pense que si j’étais cambrioleuse je me taperais une razzia de maisons vides.

    J’ai plutôt décidé de m’improviser des vacances. Je m’en vais passer quelques jours au bord de l’eau, question de pouvoir moi aussi poster des photos de feu de camp, de lac et d’enfants trop contents. Des vacances! Des vacances? Pourquoi je n’ai pas l’impression d’aller me reposer? Peut-être parce que j’envisage déjà les quelques centaines de courriels à gérer dès mon retour… Peut-être parce que je sais que mes dossiers n’avanceront pas, s’empilant dans ma tête tandis que je me prélasse au chalet? Peut-être parce que je me vois déjà en train de répéter aux enfants de mettre de la crème, de ne pas éclabousser, de ne pas dire ça devant la famille, de me laisser m’asseoir, cinq minutes, avant d’avoir encore trop chaud-soif-envie-soif encore. Peut-être parce que je me vois déjà, en train d’angoisser sur la plage…

    Blagues à part, j’ai une question, tandis que vous prenez le temps de venir faire un tour sur cyberpresse en essayant de ne pas trop beurrer le iPad de crème solaire. Pendant que vous êtes en vacances, je veux dire pendant que vous êtes physiquement absent de votre bureau, qui fait votre boulot? Est-ce que votre travail avance, quelqu’un vous remplace? Ou la sale job vous attend-t-elle sagement, s’empilant, s’accumulant, s’encrassant en piles sur le coin du bureau? Parce que les vacances, au fait, c’est théorique. Du moins si le travail s’accumule dans votre dos, votre repos est vain. Faudra y mettre l’énergie regagnée pour rattraper le temps perdu en oisiveté. C’est ça la société de productivité à tout prix, right?

    Ainsi, on reviendra travailler avec la peau bronzée, les yeux moins cernés – vraiment? – et tout plein de magnifiques photos à étaler dans le webmonde. Pour dire qu’on a eu de belles vacances, merci patron.

    Et la pile de dossiers? Mais allez, voyons, un peu de tonus, vous rentrez à peine de vacances! Allez hop!

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    Mercredi 26 juin 2013 | Mise en ligne à 10h01 | Commenter Un commentaire

    McLaren pour tous

    L’Office national du film du Canada (ONF) rivalise encore une fois de créativité, en proposant au public une superbe application pour appareils mobiles (de type iPad ou iPhone), intitulée L’Atelier McLaren. Le truc n’a rien de nouveau, l’application a été mise en marché début juin. Si je vous en parle, c’est parce que je suis carrément accro.

    Norman McLaren est un pionnier dans l’art de l’animation. Il a inventé et mis au point nombre de techniques utilisées encore aujourd’hui tant au niveau de l’image que du son, et a grandement contribué au succès et au rayonnement de l’ONF dans les années 50 et 60, dont il a fondé le volet animation. Il a, entre autres distinctions, reçu un Oscar pour son film Les Voisins réalisé en 1952, qui explore et démontre les prémisses de l’animation moderne, mais dont le sujet est toujours criant d’actualité. Sa filmographie, impressionnante, s’étend sur cinquante ans (1933-1983).

    L’ONF, poursuivant ainsi la colossale mission de numérisation de ses archives, a mis au monde L’Atelier McLaren, cette petite application géniale qui contient l’oeuvre intégrale de McLaren – soit 51 films d’animation à visionner, en plus de 11 documentaires. Mais au-delà de la découverte de la vie et de l’oeuvre imposante et richissime (un essai de Donald McWilliams présente la biographie de l’homme), ce petit bijou d’objet culturel propose trois ateliers, où il est possible de se faire réalisateur d’animation et de se frotter aux différentes techniques privilégiées par le créateur: papier découpé, gravure sur pellicule et son synthétique.

    L’Office avait déjà proposé une application permettant de faire de l’animation sur tablette nommée PixStop. Bien qu’intéressante, l’application ne possédait cependant pas toute la dimension instructive, historique et même patrimoniale de L’Atelier McLaren. Puisque se familiariser avec les techniques d’animation et l’univers de Norman McLaren, c’est aussi être en contact avec une partie de notre histoire culturelle.

    ***

    L’ONF a demandé à des réalisateurs aguerris afin de tester la petite application et la mettre au point. Vous pouvez voir ce qu’en ont tiré les réalisateurs Patrick Doyon, David O’Reilly et Koji Yamamura.

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