
Disons que ça m’a allumée un peu…
Quelques extraits, parmi des centaines d’exemples tous plus terribles les uns que les autres:
Sur la littérature du Nouveau Monde – qui aurait existé:
Le Téo-Amoxtli, ensemble de livres sacrés des Toltèques compilé par l’astrologue Huematzin à Tula vers 660, atteste qu’il y eut de très anciens écrits au Guatemala. Las Casas y fait allusion, lui qui – tout défenseur des Indiens qu’on le croie – a brûlé avec une obstination ravie tout ce qu’il pouvait trouver de ces manuscrits ou « oeuvre du démon ». Copan, au Honduras, pourrait bien avoir été « La Mecque ou la Jérusalem d’un peuple inconnu » dit l’explorateur John Lloyd Stephens. Les natifs de ce district s’étaient révoltés contre les occupants espagnos en 1530; mal leur en prit. Garcia de Palacio, qui visite et admire la ville en 1576, constate: « Ils n’ont plus de livres maintenant sur leurs antiquités, je crois même qu’il n’y a plus un seul livre, et c’est moi qui l’ai. » Les aborigènes du Nicaragua possédaient aussi des manuscrits, au dire des Espagnols, peints en noir et rouge sur peau de cerf, larges d’une main et longs de neuf à dix mètres, pliés en accordéon. »
Du danger de consigner les dettes, en Allemagne pendant la guerre des Paysan en 1524 et 1525
«Pas moins de mille châteaux forts furent incendiés, au moins autant de monastères (soixante-dix pour la seule Thuringe), dont des centaines de bibliothèques furent systématiquement anéanties. (…) Les paysans illettrés savaient seulement que quelque part, dans ces objets bizarres que sont les livres, leurs insupportables dettes étaient consignées. »
Pendant la Commune de Paris:
«Rien n’est resté des collections du Conseil d’État, de l’Hôtel de Ville ni, surtout, des quatre-vingt mille ouvrages curieux et à riches reliures, chefs-d’oeuvre de typographie amassés au Louvre par l’usage des occupants successifs, les rois et les princesses. « Que de merveilles! Les éditions les plus magnifiques, les exemplaires les plus beaux étaient là soigneusement conservés.(…) Mais la beauté de cette bibliothèque n’était rien à côté de sa singularité infinie: c’était aussi celle de beaucoup de secrets, souvent d’État, puisqu’en particulier elle contenait les ouvrages interdis ou supprimés sur ordre. C’était le cas, pour n’évoquer qu’un exemple, de la collection complète du Mercure de France: la famille d’Épernon l’avait fait racheter et détruire partout, afin d’effacer le récit d’une humiliation publique subie au XVIIe siècle par le duc d’alors, gouverneur de Guyenne, qui l’avait bien cherchée mais l’avait acceptée noblement; seules ses héritiers en prenaient ombrage. L’ensemble des catalogues de la Couronne prenait soixante volumes, eux-mêmes perdus. »
Deuxième Guerre Mondiale:
«La Colombaria, bibliothèque de l’Académie des sciences et des lettres, a été entièrement perdue à Florence en 1944. Mais cette montagne de cendres est encore peu de choses à côté de la Grande-Bretagne, où l’on parle de vingt millions de livres brûlés pendant le blitz ou détruits par l’eau des pompiers, dont plus du quart rien qu’en décembre 1940
Prière d’un homme qui porte bien son nom:
« Dieu de la paix, disperse les nations qui se complaisent dans la guerre, cette plaie des plaies pour les livres, sanctuaires de l’éternelle vérité. »
-Richard de Bury
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