Chantal Guy

Archive, avril 2009

Jeudi 30 avril 2009 | Mise en ligne à 21h59 | Commenter Commentaires (3)

Biographie non-autorisée du lecteur

marycassat.jpg 

Quand on a beaucoup lu, on finit par développer un intérêt pour les livres-qui-parlent-de-livres-et-de- lecteurs. Cela peut ressembler à une mise en abîme – ou une aggravation de la dépendance – mais peut-être n’est-ce tout simplement qu’une envie de comprendre pourquoi certaines personnes choisissent volontairement de consacrer une grande partie de leur vie à la chose écrite. Peut-être parce qu’on passe la moitié de notre vie, et même plus, à dormir…

La collection «Paradoxe » des Éditions de Minuit est très intéressante à ce sujet. C’est là que sévit notamment Pierre Bayard qui nous a donné des essais vraiment originaux tels que Comment améliorer les oeuvres ratées?, Peut-on appliquer la littérature à la psychanalyse?, Comment parler des livres que l’on n’a pas lus et, dernièrement, Le plagiat par anticipation.

lettre.jpg

J’ai reçu la semaine dernière Vie du lettré de William Marx, qui se veut un manuel de « savoir-vivre ou de savoir-livre ». Le projet: disséquer cette étrange créature qu’est le lecteur, en 24 chapitres, « parcours d’une journée ou d’un lettré imaginaire fait de tous les lettrés qui se sont succédé. »

Et ça commence bien en préambule:

« L’existence d’un lettre n’appartient pas à l’ordre des choses. Leopardi le rappelle avec justesse: la littérature est faite d’abord pour les non-lettrés. Faire des lettres le but principal d’une vie relève, à bien des égards, de l’extraordinaire, sinon de la pathologie.

C’est pourquoi un lettré, quoique savant et érudit, n’est pas forcément un sage ou un saint: il en est de fous, de vicieux et d’infréquentables.

Ce n’est pas toujours un philosophe ni même un écrivain: bien qu’il y ait, à l’évidence, des lettrés écrivains, tous ne le sont pas, de même que tout écrivain n’est pas obligatoirement un lettré. À tout prendre, un lettré se situe du côté du lecteur plutôt que de l’auteur: il a sacrifié sa vie pour faire entendre la parole d’autrui. »

Je vous en reparle…

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Mardi 28 avril 2009 | Mise en ligne à 18h51 | Commenter Commentaires (7)

Luchini, ce génie

Mon collègue Alain de Repentigny m’a fait un immense cadeau en me donnant une copie du spectacle Le point sur Robert de Fabrice Luchini. L’homme avait fait un tabac l’an dernier en venant nous faire la lecture pour la première fois à Montréal. On souhaite ardemment qu’il repasse par chez nous pour présenter ce one-man-show rigolo et intello. Ça fait trois fois que je me le tape, surtout pour son portrait hilarant de Roland Barthes et son interprétation étonnante des Fragments d’un discours amoureux.

Seul extrait sur Youtube (et c’est pas le meilleur en plus!), quand Luchini parle de l’un de ses premiers rôles au cinéma dans Perceval le Gallois d’Éric Rohmer (scénario: Chrétien de Troyes!). Le Tout Paris était à la première et s’est fait balancer à la figure cet exercice de style (et d’écriture, surtout), qui n’était, disons, vraiment pas pour tout le monde.

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Mardi 28 avril 2009 | Mise en ligne à 15h11 | Commenter Un commentaire

Les finalistes du prix Émile-Nelligan sont…

-Catherine Lalonde pour Corps Étranger (Québec Amérique)
-Marc-Antoine K. Phaneuf pour Téléthons de la Grande Surface (Le Quartanier)
-François Turcot pour Derrière les forêts (La peuplade)

Nous connaîtrons le nom du ou de la gagnante, qui recevra une bourse de 7 500$, le 25 mai.

P.S.: Je suis surprise par la nomination de Téléthons de la Grande Surface. J’ai bien aimé ce livre “expérimental”, mais je ne l’ai jamais vraiment vu comme un recueil de poésie…

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