Ève Dumas
H&M s’engage de plus en plus sur la voie de la mode durable. On ne peut que s’en réjouir, surtout lorsque ça ressemble à ceci:

Et à ceci:

Cela dit, H&M s’est encore une fois trouvé dans la tourmente lorsque le Financial Times allemand, suivi du site de l’Express, ont rapporté que les vêtements étiquetés «coton biologique» du géant suédois étaient contaminés par du coton génétiquement modifié provenant de l’Inde. On parlait justement de la collection «Garden» à laquelle appartiennent les vêtements montrés plus haut.
La multinationale a répondu que «H&M était au courant que l’agence de certification APEDA (Agricultural and Processed Food products Export Development Authority, en Inde) reprochait à (l’organisme de certification européen) Control Union le nombre insuffisant de vérifications de contrôle faites par les fermiers des semences et des semis. En réponse à ces critiques, Control Union a conduit des vérifications «surprises» dans toutes les fermes où l’agence supervise la certification biologique en Inde. Celle-ci n’a trouvé aucune ferme utilisant des semences génétiquement modifiées.»
Décidément, le chemin vers le développement durable et la consommation responsable est semé d’embûches.
Marc-Henri Faure, co-fondateur et coordonnateur général de la coopérative montréalaise fibrEthik, qui fait l’importation et la distribution d’articles de coton biologique et équitable, nous fait quelques mises en garde supplémentaires:
- Du coton bio qui contient des métaux lourds? La plupart de nos vêtements sont teints avec des encres contenant des métaux lourds, des composés organiques volatiles cancérigènes, du PVC etc… Même les vêtements prétendument composés de coton bio. Il existe pourtant une certification qui inclus coton bio et encres et teintures hautement biodégradables dans les usines: le Global Organic Textile Standard.
- Des matières recyclées : oui, bonne idée, mais lesquelles? Et SEULEMENT SI CELA NE SERT PAS D’ALIBI À L’INDUSTRIE DES BOUTEILLES EN PLASTIQUE !
- Des matières écolos : bien, MAIS, souvenons-nous des textiles de bambou prétendument super écolos: ils ont fait l’objet de vives critiques et même de procès au Canada, aux USA et en Europe : le textile de bambou est en réalité une rayonne (une fibre artificielle) très polluante à produire et absolument pas naturelle, ni écologique.
«Prendre soin de notre planète n’est pas une tendance – c’est l’avenir, peut-on lire dans un des plus récents communiqués d’H&M. “Nous nous engageons véritablement dans une perspective à long terme, avec pour objectif d’offrir à nos clients des produits conçus dans des matières durables et de redéfinir notre activité sur un mode de développement plus durable”», confie Catarina Midby, coordinatrice tendance chez H&M.
Chers lecteurs, croyez-vous qu’on puisse faire confiance à H&M?
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