Sylvie St-Jacques
“Pourquoi les classes de yoga à Montréal sont-elles presque toujours dispensées en anglais? Mon chum pense que c’est parce que les francophones préfèrent passer leur temps devant la télé et manger des chips”, blaguait hier une de mes amies nouvellement converties au yoga.
Étonnée plus que choquée, mon amie n’a pas l’intention de monter aux barricades-on ne se met quand même au yoga pour cultiver son esprit guerrier!- mais soulève quand même l’incongruité de la chose.
“Au centre-ville, je peux comprendre que l’anglais prédomine. Mais quand vous téléphonez à un studio du quartier Rosemont, et que la personne au bout du fil insiste pour répondre en anglais à votre question en français, je ne trouve pas ça très accueillant…”
À Amsterdam la semaine dernière, j’ai suivi deux classes de yoga avec des profs néerlandais qui enseignaient en anglais. À l’instar de plusieurs profs montréalais, ils avaient probablement reçu une formation dans la langue de Christy Turlington. Personne n’avait l’air de trouver étrange que l’anglais soit la langue ”officielle” de ce studio (après le sanskrit bien sûr!)
Mais on y accueillait les élèves amstellois en néerlandais (passant à l’anglais, pour se faire comprendre des expatriés.) Dans ses corrections individuelles, par souci de clarté, le prof s’adressait aux gens dans leur langue maternelle.
Des studios de yoga à Montréal entièrement francophones? Non, cela n’est ni réaliste, ni nécessaire. Mais je connais deux ou trois studios qui, tout comme les employés de chez American Apparel, devraient se rappeler que Montréal est aussi francophone. Pour être plus avenants, plus accueillants. Et aussi, faudrait pas l’oublier, parce qu’en yoga, un accident est si vite arrivé ;-)
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