Sylvie St-Jacques
La frugalité volontaire, temporaire ou permanente a ses bienfaits. La privation, la modération ou l’anticipation sont d’efficaces outils pour retrouver ses sens et l’appréciation des choses, dans un monde où tout abonde. Ève en a parlé la semaine dernière, dans son dossier sur le carême publié dans Vivre.
Et voilà qu’une étude de l’Université de la Colombie-Britannique vient donner raison aux disciples de la “frugalité volontaire.”
Le verdict est tombé: les personnes plus fortunées et celles qui songent souvent à l’argent, apprécient moins les joies simples telles qu’une escapade d’un weekend, la satisfaction d’avoir terminé son ménage du printemps ou la dégustation d’un morceau de chocolat.
Interviewée par le Globe and Mail, la psychologue Elizabeth Dunn (co-auteur de cette étude), prétend que le fait d’avoir beaucoup d’argent donne aux gens l’impression d’avoir accès à tout ce qu’ils désirent. Un sentiment qui, selon cette étude, influence négativement la capacité d’apprécier au jour le jour les grandes joies et les menus plaisirs.
“Nos résultats démontrent que les gens ayant des revenus et des économies plus élevés, ainsi que les participants de l’étude à qui nous avons montré des photos d’argent, savouraient moins et exprimaient moins de satisfaction, de joie, d’enthousiasme, de fierté et de gratitude.”
Elizabeth Dunn a affirmé que cette étude ouvre la voie pour de futures recherches sur la façon dont l’adversité peut améliorer la capacité de savourer les choses.
Tout cela me fait aussi penser à la joie que j’ai, ces jours-ci, de lire The Happiness Project de Gretchen Rubin. Un guide sur l’art d’améliorer sa vie dans le détail quotidien, tout à fait de mise en ce mois de février.