Gilbert Lavoie

Archive du 17 février 2013

Dimanche 17 février 2013 | Mise en ligne à 9h04 | Commenter Commentaires (104)

Le pétrole des sables bitumineux au Québec?

Pauline Marois rencontre son homologue du Nouveau-Brunswick, David Alward, aujourd’hui à Montréal. Ils discuteront d’un sujet qui fait controverse au Canada et aux Etats-Unis, l’utilisation du pétrole albertain provenant des sables bitumineux. Du pétrole «sale» selon les environnementalistes, parce que son exploitation augmente considérablement l’émission de gaz à effet de serre.

Aux prises avec un surplus de pétrole en raison d’une hausse de la production aux Etats-Unis, l’Alberta a désespérément besoin de vendre son or noir au Québec et au Nouveau-Brunswick.

Pour ce faire, on propose de transformer en oléoduc le gazoduc qui amène le gaz de l’ouest jusqu’à Montréal, et de le prolonger jusqu’à Saint-Jean au Nouveau-Brunswick.

À plus court terme, on propose aussi d’inverser vers le Québec le flot du pipeline Sarnia-Montréal, pour y acheminer le pétrole de l’ouest.

Le Québec et le Nouveau-Brunswick ont un intérêt dans ces deux projets en raison de l’écart de 25 $ le baril entre le prix du pétrole albertain et celui que nous importons de la mer du Nord, du Vénézuéla et du nord de l’Afrique.

Dans ses discours sur les gaz à effet de serre où il s’érige en modèle à cause de l’hydro-électricité, le Québec a souvent fait la morale aux albertains. Mais à 25 $ de moins le baril, le pétrole des sables bitumineux devient tout à coup très alléchant.

Lundi dernier, la première ministre de l’Alberta, Alison Redford, s’est dite persuadée que Pauline Marois ne bloquera pas le projet d’acheminer ce pétrole vers l’est.

Mais à Québec, la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, a précisé qu’en plus des craintes de déversement sur son territoire, le gouvernement a «une deuxième préoccupation concernant la provenance du pétrole».

Que dira Pauline Marois à son homologue du Nouveau-Brunswick ? Elle jouera de prudence, mais les pressions seront énormes. L’Alberta est un moteur économique majeur au pays. Le ralentissement de son économie aurait des conséquences importantes et affecterait même la péréquation.

Les groupes environnementaux opposés à l’exploitation des sables bitumineux sont aux aguets. La semaine dernière, des activistes se sont enchaînés devant la Maison Blanche pour dénoncer le projet de pipeline Keystone XL qui ouvrirait le territoire américain au «pétrole sale» de l’Alberta.

Au Québec, les environnementalistes mènent le même combat.

Les ministres du gouvernement Marois sont partagés. Le plus grand débat sera «philosophique» a expliqué le ministre de l’Environnement, Yves-François Blanchet : «Est-ce qu’on veut traiter le pétrole de l’Ouest canadien au Québec ?»

C’est la question : est-ce que l’économie l’emportera sur la philosophie ?

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