Gilbert Lavoie

Archive du 22 mars 2012

Jeudi 22 mars 2012 | Mise en ligne à 11h22 | Commenter Commentaires (77)

Le beurre et l’argent du beurre

Comment expliquer qu’après l’atteinte du déficit zéro sous Lucien Bouchard à l’aube de l’an 2000, le Québec soit la province la plus endettée du Canada?

On retrouve un élément d’explication dans le point de presse du ministre Jean-Marc Fournier, hier, annonçant une aide accrue pour les victimes d’actes criminels et leurs proches. Les prestations versées par le Québec, a dit M. Fournier, sont plus élevées que la somme des prestations de l’ensemble des provinces canadiennes.

C’est vrai qu’on ne peut rester insensible au sort des victimes d’actes criminels et de leurs proches. Mais avons nous les moyens d’être les meilleurs au Canada?

À force de vouloir être meilleurs que les autres, nous sommes aussi les plus endettés.

Comment en sommes nous arrivés là?

Il faut aussi voir ce que le ministre Raymond Bachand qualifiait mercredi de «bonne dette», c’est à dire les emprunts du gouvernement pour la construction ou la restauration de nos infrastructures.

Selon cette thèse, l’emprunt pour une route ou un amphithéâtre doit se comparer à une dette hypothécaire. Comme on a un actif en contrepartie de la dette, on peut échelonner le remboursement sur 20 ou 25 ans, parfois 35.

C’est au lendemain des attentats du 11 septembre 2001 que le gouvernement du Québec a véritablement pris goût à cette formule. Craignant que l’attentat ne provoque une récession internationale, la ministre des Finances du temps, Pauline Marois, avait annoncé que le gouvernement allait devancer pour près de 3 milliards $ d’investissements dans le secteur public.

Son initiative a été applaudie. Le problème, c’est qu’on venait d’ouvrir la porte à une utilisation abusive de notre carte de crédit collective.

Depuis que Jean Charest a pris le pouvoir, on a multiplié les investissements dans le secteur public. Dans le budget de mardi, les immobilisations seront de 5,8 milliards $. Ces immobilisations sont portées à la dette et n’entrent pas dans la colonne des dépenses courantes. Mais le remboursement du capital et des intérêts pèse de plus en plus lourd sur nos finances publiques et coûtera plus de 8 milliards $ cette année.

Malgré cela, il ne se passe pas une journée sans que l’on réclame de nouvelles dépenses du gouvernement, tout en lui reprochant d’augmenter le fardeau fiscal sur les contribuables.

Ce qu’on oublie, c’est que nos gouvernement ont baissé les impôts à trois reprises depuis l’atteinte du déficit zéro sous Lucien Bouchard.

Ce qu’on oublie également, c’est que la hausse de la taxe de vente de 2 %, dénoncée hier par l’opposition, était réclamée il y a deux ans lorsque le gouvernement fédéral a diminué la TPS de 2 %.

Et ce qu’on oublie aussi, c’est qu’après avoir stimulé l’économie pendant une décennie en portant les dépenses à la dette, on a accru le fardeau du remboursement.

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