Gilbert Lavoie

Gilbert Lavoie - Auteur
  • Gilbert Lavoie

    Chroniqueur au SOLEIL, Gilbert Lavoie est également publié dans les pages du quotidien Le Droit d’Ottawa, dont il a été le rédacteur en chef avant d’occuper la même fonction au SOLEIL de 1994 à 2001.
  • Lire la suite »

    Partage

    Samedi 23 juillet 2011 | Mise en ligne à 8h14 | Commenter Commentaires (8)

    Mes vacances, vos vacances…

    Je vous jure que j’ai retardé l’échéance jusqu’à la toute dernière minute, mais il faut se rendre à l’évidence : c’est le temps de «partir» en vacances.

    En guise d’aurevoir, je vous laisse ma chronique de ce samedi 23 juillet. Si vous avez le goût de commenter, ou mieux encore, de partager vos souvenirs de vacances, vous êtes les bienvenus. Je vous lirai au retour. La prochaine modération? Le 20 août.

    ==========

    «Partir» en vacances…..

    Il y a des mots comme ça dans la vie. Partir en vacances. Est-ce qu’on «part» vraiment, pendant ses vacances? C’est comme tomber malade ou, pire encore, tomber enceinte. Et est-ce qu’on «tombe» vraiment, quand on est malade ou qu’on est enceinte?

    Dans le cas des vacances, j’ai longtemps cru qu’on pouvait vraiment partir en vacances. Pas physiquement, mais mentalement. On décroche! Eh bien, ce n’est plus vrai.

    J’ai perdu mes illusions au début de juin. J’avais prévu trois jours de pêche aux Portes-de-l’Enfer, dans le parc des Laurentides. Un coin magnifique, géré par la SEPAQ. Plan américain, pas de bouffe ni de vaisselle à faire, pas encore de mouches noires, et de la truite affamée en quantité. Je l’ignorais, mais c’était moi, le poisson.

    Crise au PQ

    Le départ était prévu pour 15h, le 6 juin. Et voilà que sur le coup de midi, Pierre Curzi, Louise Beaudoin et Lisette Lapointe annoncent leur démission du PQ!

    Impossible de décrocher du boulot avec une telle nouvelle. J’appelle mon patron, qui accepte gentiment… que je retarde mon départ de quelques heures pour lui faire une chronique.

    Vous devinez le reste : décrocher du boulot pour un chroniqueur politique dans un tel contexte, c’est comme demander à un joueur de hockey d’accrocher ses patins pendant les séries de la LNH.

    J’appelle à la SEPAQ pour savoir s’ils ont un accès Internet. Pas de problème, on peut se brancher dans la cabane du gérant du parc tout en réservant un lac pour la journée… Et le cellulaire? C’est facile : vous marchez 150 pieds à partir du chalet jusqu’au stop, vous aurez un signal. J’apporte donc portable et cellulaire à la pêche.

    Évidemment, la démission des péquistes est le sujet de conversation dans le chalet. Le lendemain, c’est Jean-Martin Aussant qui claque la porte au PQ. Et hop là, une autre petite chronique pour le jeudi matin, entre deux parties de pêche.

    Au moins, j’ai fait mon quota. Mais si j’en ai accroché 25 en deux jours, je n’ai pas «décroché» du travail.

    Vous allez me dire que ce n’est qu’une autre histoire de pêche, une invention, comme la longueur des truites? Demandez au gérant du parc, Fabien Laberge. C’est par sa ligne Internet qu’ont transité mes chroniques.

    Un appel de Mulroney…

    Pourquoi vous raconter tout ça? Pour vous prouver qu’on ne «part» plus en vacances, depuis qu’Internet et le cellulaire nous tiennent en laisse, comme de petits animaux domestiques.

    Cette réalité ne touche pas que les journalistes. L’ancien greffier du Conseil privé sous Brian Mulroney, Paul Tellier, m’a déjà raconté comment son damné cellulaire avait coupé court à une partie de pêche. Il était dans sa chaloupe, loin de la civilisation, à taquiner la truite par un beau matin ensoleillé. Et voilà que le cellulaire s’emballe… C’est le premier ministre au téléphone : «As-tu lu le Globe and Mail ce matin, mon Paul?

    - Non, Monsieur le premier ministre…

    - Il faut que tu voies ça, lui répond Mulroney. Et rappelle-moi.»

    Vous devinez la suite.

    Histoire africaine

    J’ai connu une autre époque comme journaliste. Mais là encore, il était difficile de «décrocher» à l’abri du travail et des patrons. Ça se passait au début des années 80, sous Pierre Elliott Trudeau. Journaliste à La Presse, je couvrais une tournée internationale du premier ministre qui nous avait menés en Grande-Bretagne, en Autriche, au Nigeria, au Sénégal, au Brésil et au Mexique. Après sa visite à Lagos au Nigeria, Trudeau avait décidé de faire un peu de tourisme et de se rendre à Maiduguri dans le nord du pays. Un coin perdu, qu’on ne visite que sur le bras de son employeur ou du gouvernement.

    Les fonctionnaires nous avaient prévenus qu’il serait probablement impossible d’avoir une ligne téléphonique à Maiduguri. Nous étions donc convenus, entre collègues un peu retors et complices, de dire à nos patrons que nous serions incapables d’envoyer des nouvelles de là-bas. Si tout le monde respectait le pacte, on était gras dur : un jour de congé!

    Évidemment, il y avait un zélé dans le groupe, un gars de la radio anglophone, qui n’a pas tenu parole et qui est parvenu à envoyer un reportage à ses boss. Tous les autres ont dû suivre, même s’il n’y avait rien, mais vraiment rien d’important à rapporter de cette rencontre du premier ministre du Canada, avec un illustre inconnu, gouverneur de l’État de Borno, dont Maiduguri est la capitale.

    Alors, est-ce qu’on «part» en vacances, mon amour? Est-ce qu’on pourra décrocher cette fois? Pas sûr!

    L’an dernier, mon collègue Denis Lessard, de La Presse, a rédigé un scoop sur son BlackBerry à partir d’une plage de la côte est des États-Unis. Si Denis l’a fait…

    Alors, on part, mais j’apporte mon portable, mon cellulaire et mon tout nouveau iPad!

    Bonnes vacances à tous.

    Tags: , , , , , ,


    • La première condition pour partir en vacances, c’est d’accepter de décrocher… En tant qu’éditorialiste, vous souffrez sans doute du syndrome du drogué du travail: vous faites de l’excellent travail toute l’année, votre tâche consiste à informer les gens, mais vous êtes complètement accro…
      Moi, enseignante, le 30 juin, j’enlève ma montre de mon poignet: fini d’être réglée à la cloche ou à l’heure…je mange quand j’ai faim, je dors quand le besoin se fait sentir, et les voyages laissent beaucoup de place à l’imprévu… finie la routine et les horaires établis à l’avance… Les 2-3 premières semaines servent à décompresser et à relaxer et les suivantes à reconstruire mes forces pour une nouvelle année à venir…
      Espérons que vous aurez su profiter de cette période de vacances-ci pour vous ressourcer physiquement et profiter allègrement des plaisirs simples de la vie avec vos proches. J’ai remarqué que vous apportez avec vous votre cell, votre ordi et votre iPad: ce que vous ne devriez pas faire si vous voulez couper avec votre train-train quotidien: c’est un peu comme aller faire du ski et apporter sa neige avec soi…
      Bonnes vacances!

    • pour vous permettre de mieux ” partir en vacances “, je ne vous écris que ces quelques mots:
      BONNES VACANCES
      yg

    • Monsieur Lavoie… êtes-vous oui ou non en vacances?
      Après avoir lu votre chronique de ce matin, j’en doute fort bien!
      Mais juste au cas ou vous vous déciderez d’en prendre, je vous souhaite
      d’en passer de très bonnes.
      Lincourt

    • En attendant, je vais relire “Mes dix promesses en Santé”
      de Léo-Paul Lauzon (paru en juin); aussi intéressant
      aux néophytes, au plan de la chronique que de l’essai.

    • Je ne pense pas être le seul à penser que les membres des médias devraient se garder une petite gêne quant à leurs conditions de vacances. On entend à la radio des “de retour dans deux mois, après s’être reposé un peu”, on lit dans les journaux des “on se revoit en septembre” dès la mi-juin… Pensez au travailleur moyen et réalisez que vous êtes choyés.

      Mon meilleur souvenir de vacances? Décrocher de tout, job, études, vie, et partir cinq mois en Asie avec mon sac à dos et aucun billet de retour, en 2008. Quatre mois dans les quatre coins de l’Inde, et le Cambodge en complément. J’ai changé de carrière au retour. Je souhaite ce type de congé sans solde à tout le monde! :)

    • Données supplémentaires sur les teneurs en diamants de Renard 65 et du dyke de l’Anomalie Nord.

      Bonne vacance,

      puis au retour, un ptit peu plus de recherche coté”Anomalie Nord”, une ptite route de pres de 300km,,, . intérêts Québécois ou pas et qui se cache derriere tout ca…Diamonds are forever

      not Quebeckers, they are desperatly trying to disappear… going undercover…arffffffff
      petite vie va.

    • J’ai juste hâte que quelqu’un m’explique pourquoi le futur Colisée n’est pas encore en construction. Je ne comprends pas le maire Labeaume lorsqu’il dit que l’on prend du retard et que PKP ne peut pas parler à Gary ! Cherchez l’erreur, la construction du Colisée n’est contestée par personne, à l’exception des deux Maires dont les électeurs ont choisi l’exil. Je commence à me poser la question à savoir si monsieur Labeaume ne fait pas copain / copain avec PKP et déporte la construction afin de laisser libre cours à Québécor sur le contenu du Colisée, à savoir une salle de spectacle et un studio de télévision.

    • Bon retour de vacance M. Lavoie, j’espère que vous êtes bien reposé parce que je crois que nous auront un automne politique assez mouvementé, tant au niveau municipal, provincial que fédéral.

    Vous désirez commenter cet article?   Ouvrez une session  |  Inscrivez-vous

    publicité

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse



    publicité





  • Calendrier

    août 2014
    D L Ma Me J V S
    « juil    
     12
    3456789
    10111213141516
    17181920212223
    24252627282930
    31  
  • Archives

  • publicité