Le blogue de Joel Martel

Archive de la catégorie ‘Général’

Vendredi 7 juin 2013 | Mise en ligne à 12h35 | Commenter Commentaires (2)

Lettre aux abonins

Salut à toi cher abonin,

Je t’écris parce qu’entre toi et moi, ça a sacrément merdé cette semaine. Pas dans le sens que ça a tant merdé entre toi et moi mais dans le sens que ça a tout simplement merdé en général.

Tu vois, ça a commencé par un papier de ma collègue et amie Marielle Couture qui a littéralement mis le feu à internet en jetant un regard sévère sur l’état actuel du web en prenant notamment pour exemple un groupe dont tu fais partie : les abonnés de Matthieu Bonin. Bonin y est allé d’une réplique plus ou moins réussie, Marielle a répliqué à nouveau et Simon Jodoin a pris la défense de Bonin en se servant d’un autre exemple qui a fait grincer des dents plus d’une personne.

Si ce n’avait été que de ces échanges de grandes gueules du web québécois, je ne t’écrirais pas. Or, ça serait un peu débile de t’oublier dans toute cette histoire. En fait, c’est toi qui es le plus important dans toute cette histoire et pourtant, on en a plus ou moins fait mention.

Tu sais, quand Bonin a publié sa réponse virulente à l’attention de Marielle,  ce n’est pas tant à cause de sa réponse que je me suis senti interpellé mais à cause de toi. Et principalement parce que tu te présentes en dizaine de milliers d’exemplaires. Le nombre.

Sincèrement, j’ai agi sous la panique et je me suis porté à la défense de Marielle de façon très maladroite sur les réseaux sociaux. Mes arguments étaient assez sommaires et à la fin, je n’ai même pas effleuré de près ce que je comptais dire. Sans avoir été le moment le plus ridicule du web, ça n’a pas été le moment le plus historique du web. Et tant mieux. Parce que je me reprends ici. Quitte à ce que mon message atteigne un plus petit auditoire, car tu le dis souvent, les longs textes, toi, tu n’as pas le temps de lire ça. YOLO mec.

Reste que cette expérience m’a permis de mieux te connaître car quelques-uns de tes semblables ont cru bon de m’écrire personnellement pour me traiter de con, de niaiseux, de pas rapport et je te laisse imaginer la suite. Il y en a d’autres aussi qui m’ont remercié et qui ont été très gentils mais tu sais quoi, la vie est mal faite et ce sont les affaires chiennes qu’on retient le plus et qui n’arrêtent pas de nous tourner dans la tête pendant des jours et des jours.

Ce qui est le plus drôle, c’est que « l’insulte » que j’ai le plus souvent lue, c’est quelque chose comme « tu ne connais pas ça internet ». Eh ben. C’est possible. Je t’ai alors demandé à plusieurs reprises de m’expliquer ce qu’était internet et à vrai dire, on était très loin d’un semblant de devoir de philo en cégep 1.

Bref, tu me pardonneras cette longue entrée en matière mais nos échanges de cette semaine m’ont permis d’arriver à un constat : tu connais mal les médias traditionnels. Et je ne te dis pas ça de façon condescendante. À l’époque où nous vivons, c’est plutôt facile de méconnaître les médias traditionnels.

Tout d’abord, avoue que c’est paradoxal. Quand j’écris sur ce blogue la moindre remarque positive à propos de Bonin ou d’une autre webstar, ça prend une ampleur indéniable sur le web. On pourrait titrer en gros sur Facebook « La Presse encense tel gars » et on le ferait. Ça a une notoriété qu’aucun blogspot de ce monde ne pourrait avoir. Or, quand sur le même site, on y va d’une quelconque critique, tous les journalistes deviennent subitement des nuisances qui ne connaissent rien au web et [insérer ici toutes les méchancetés imaginables].

Ça t’épatera peut-être mais j’ai envie de te dire que tu n’as pas entièrement tort sur toute la ligne. Il est vrai qu’une grande partie de mes collègues en connaissent très peu sur le Far-Web. Ils sont nombreux à s’imaginer qu’internet, ce sont des tuyaux qui diffusent des pics de chicks dans l’miroir et des vidéos de petits chats. C’est vraiment vrai.

Mais il y a aussi des journalistes et des membres des médias traditionnels qui s’intéressent de près au web jusque dans ses petits détails.

Pour ma part, je t’avouerai que presque chaque jour, je me retrouve à débattre avec mon patron et parfois quelques collègues en raison des sujets dont je traite dans ce blogue. On me demande pourquoi j’accorde de l’importance à des gens comme Bonin, pourquoi je m’intéresse à des phénomènes comme des hordes de personnages de Watatatow qui surgissent sur Facebook, pourquoi je ne peux pas passer une seule journée sans faire mention d’un truc de Mathieu St-Onge, etc. Et à la fin, c’est ben correct. Je me dis que chaque débat amène des réponses supplémentaires.

C’est plate à dire mais oui, une partie des médias traditionnels sous-estiment l’importance du web. Mais si ça peut vous rassurer, ça a été la même chose pour les jeux vidéos, la house music, l’écologie ou… Frank Zappa.

Pour que ces phénomènes soient reconnus à leur juste valeur auprès des médias traditionnels, il aura fallu que des journalistes bornés s’acharnent contre vents et marées afin de faire valoir leur point de vue. On n’a qu’à penser à des gens comme Denis Talbot, Patrick Dion, Matthieu Dugal, Simon Jodoin ou même Patrick Lagacé. Tous ces collègues font leur effort de guerre afin de faire reconnaître le web comme une composante significative de notre société.

Je radote mais je ne suis pas payé pour écrire ce blogue. Et je ne suis surtout pas rémunéré pour mener cette mission à faire reconnaître le web comme étant un sujet d’intérêt aussi important que les arts et le sport. Je n’ai rien à retirer personnellement de tout ça. En fait, si mon seul intérêt était de grimper les échelons professionnels, j’investirais tout ce temps dans le volet papier de mon travail.

Si je m’obstine à livrer cette quête, c’est que malgré les doutes et inquiétudes que j’entretiens quant à l’avenir à long terme de la télé, de la radio ou de la presse écrite, on ne peut nier leur importance. Dans un billet précédent, j’affirmais qu’internet avait tué les stars de la télé. Je ne démords pas de cette idée. Or, mon collègue Patrick Dion m’a fait réaliser que ce phénomène était peut-être vrai pour un certain groupe d’âge mais que la télé était encore bien loin d’avoir les deux genoux par terre. Et disons qu’à ce sujet-là, je m’en tiens à Dion. S’il y a un gars ici au Québec qui est bien conscient des paramètres qui définissent la relation entre le web et la télé, c’est bien lui.

Alors voilà, je voulais seulement te dire que je crois que nous pouvons travailler tous ensemble. En fait, Bonin, il est ben cool mais je m’intéresse beaucoup plus à toi. Tu es des dizaines de milliers de gens quand même. Et bien honnêtement, je crois que lorsque les médias traditionnels parlent de toi et de tes préoccupations, tu mérites que ça provienne de la plume de quelqu’un qui a appris à te connaître au fil du temps.

Bon, alors de quoi on parle maintenant?

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Lundi 13 mai 2013 | Mise en ligne à 16h28 | Commenter Un commentaire

Streaming or not streaming

daftpochetteIl y a quelques heures, une première version de Random Access Memories (RAM), le nouveau Daft Punk, apparaissait sur certains sites de téléchargement. Certes, une copie de qualité discutable, mais bon…

En moins de temps qu’il en a fallu, Daft Punk invitait alors le public à se rendre sur iTunes afin d’écouter le disque en streaming.

Quelques minutes plus tard, un ami m’envoyait en message privé un lien afin de télécharger une copie. Une minute plus tard, un autre copain m’envoyait un lien du même genre, mais publiquement dans un commentaire Facebook  où il était d’ailleurs question de la disponibilité de l’album en streaming. Et puis, comble du cynisme, j’ai ensuite vu apparaître ledit lien une multitude de fois dans mon fil d’actualités.

En fait, je n’aurais pas voulu entendre le nouveau Daft Punk aujourd’hui que je n’aurais même pas pu l’éviter.

Maintenant, était-ce l’effet escompté par la maison de disques? Peut-être bien qui sait. Depuis quelques semaines déjà, la moindre info concernant le nouveau Daft Punk prend une ampleur quasi surréaliste donc…

Ce qui m’amène à quelques questions…

Tout d’abord, à une époque où un album peut-être propagé à travers le monde en quelques minutes seulement, s’agit-il toujours d’une stratégie profitable d’annoncer une sortie de disque plusieurs semaines ou mois à l’avance?

Et puis lorsqu’un artiste nous offre l’occasion d’écouter un album en streaming et qu’ensuite, on nous offre le même contenu, mais sous forme de mp3, est-ce normal que la nuance entre “piratage” et partage puisse apparaître floue?

Une chose est certaine, j’imagine ne pas être le seul à attendre impatiemment les résultats quant aux ventes de RAM. Les chiffres parleront.

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Vendredi 12 avril 2013 | Mise en ligne à 15h52 | Commenter Commentaires (5)

L’explosion de popularité de Sphère Musique

Dans la semaine du 31 mars 2013, j’imagine que des gens chez Sphère Musique on sursauté de bonheur.

En effet, en quelques heures seulement, la compagnie de disques et les artistes qu’elle représente ont vu leur popularité bondir de façon phénoménale sur les réseaux sociaux.

À titre d’exemple, le chanteur Clément Jacques a vu son nombre d’abonnés sur sa page Facebook grimper de près de 30 000 abonnés dans cette semaine. On parle de près de plus de 12 000 abonnés pour TREMBLAY et en ce qui a trait à la page de Sphère Musique, c’est à rien de moins qu’une hausse de près de 60 000 abonnés que nous avons eu droit ici. Tsé, quand ça va bien.

Outre TREMBLAY, dont la ville d’origine de ses abonnés la plus populaire est Montréal, on dénote donc que Sphère Musique serait très aimé à Istanbul et que Clément Jacques aurait réussi une sacrée percée à Paris.

Ce n’est pas la première fois qu’un tel phénomène est remarqué. On se rappellera qu’il y a quelques mois, c’est le Parti québécois qui jouissait alors d’une soudaine vague de popularité sur Facebook.

Aux dires d’un expert en web et en médias sociaux qui a préféré demeurer anonyme afin de respecter la confidentialité de certains clients, celui-ci m’a indiqué que ce succès instantané pouvait être attribuable au programme publicitaire de Facebook. Selon une expérience précédente, l’expert avait acheté pour une somme de 1000 dollars de publicités Facebook en ciblant très bien le public de son client. Au cours des derniers jours de la campagne, il a constaté une hausse subite d’abonnés à la page Facebook. La plupart de ces nouveaux abonnés étaient curieusement, eux aussi, en provenance d’Istanbul.

Toujours selon l’expert, une telle popularité est peut-être très intéressante d’un point de vue “prestige” (ça fait big!) mais d’un côté interactif, on peut faire difficilement pire. A-t-on vraiment affaire à de vrais individus ou simplement à des robots auxquels on a attribué des fausses identités? Le mystère règne.

À cet effet, le président de Sphère Musique, Nicolas Lemieux, a expliqué cette explosion de popularité par un croisement de plusieurs démarches. Tout d’abord, le passage de Distributions Sélect à eOne y aura joué un immense rôle. “Ça nous a permis d’ouvrir notre marché de façon très significative, de constater Lemieux. Désormais, nos artistes peuvent être facilement distribués dans d’autres pays.” Incidemment, une promotion plus agressive sur ces autres territoires a créé un effet boule de neige. “Je ne te cacherai pas que l’explosion de popularité nous a surpris nous aussi. Mais il faut aussi savoir relativiser. Avec près de sept millions de Québécois, 50 fans dans la province peuvent pratiquement équivaloir à l’état de New York si on fait un exercice de ratio en se comparant à la population américaine. Du même coup, si notre promo fait en sorte qu’on réussit à aller chercher quelques milliers de fans à Istanbul ou à Paris, pour nous, ça ne sous semble immense mais au vu de la population de ces territoires, c’est un grain de sable. De plus, ces quelques milliers de fan à Istanbul ou à Paris pourront surclasser ceux du Québec, ce qui peut expliquer les statistiques affichées par Facebook.”

Aussi, M. Lemieux met en lumière le virage numérique de sa compagnie. Selon lui, ce virage permet une diffusion plus hétéroclite de ses artistes et cela permet un croisement. Par exemple, si un Parisien tombe en amour avec Clément Jacques, il est fort probable que celui-ci s’abonne aussi à la page de la compagnie de disques de Clément Jacques. Bien entendu, dans toute cette stratégie à l’internationale et sur le web, M. Lemieux reste transparent quant à l’aspect marketing de ce virage: “Oui, on a acheté de la pub sur Facebook mais on a aussi fait affaire avec tous les autres moyens de diffusion web qui nous semblaient efficaces.”

Si des internautes ont mis en doute la soudaine explosion de popularité de Sphère Musique, Nicolas Lemieux demeure très calme. Selon lui, il est normal que cela suscite des questionnements, car la stratégie adoptée par Sphère Musique est unique pour le moment au sein de l’industrie québécoise. Les résultats qu’elle entraîne sont donc atypiques au vu de ce à quoi le marché nous a habitués jusqu’ici. Une chose est certaine, on ne peut douter un seul instant de la passion que ressent M. Lemieux à l’égard de l’industrie et surtout, de ce qui s’annonce pour elle au cours des prochaines années.

Maintenant,  je serais très curieux d’en savoir plus quant au vrai fonctionnement des campagnes publicitaires de Facebook.

On va mettre un homme là-dessus, je crois bien…

Ah ben, regarde donc ça… me voilà déjà là-dessus.

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