Il était une fois au Far-Web

Archive de la catégorie ‘Banalités’

Dimanche 14 avril 2013 | Mise en ligne à 21h35 | Commenter Commentaires (11)

Ma vie en clubcolumbia-o-scope

C’était au milieu des années ‘90 ou en bon français, à cette époque pré-onzeseptembresque que j’aime appeler les nineties.

Mon père, que je ne voyais que très rarement et pour qui la moindre notion d’engagement relevait de la pure science-fiction, avait accepté de réaliser l’un de mes plus grands rêves en tant qu’enfant: m’inscrire au Club Columbia.

Pour les plus jeunes lecteurs qui n’ont pas eu la chance de connaître cette époque, un abonnement au Club Columbia nous permettait de mettre “gratuitement” la main sur un lot considérable de cassettes et de disques compacts, tout ça en échange d’un engagement à acheter ensuite une dizaine d’autres disques ou cassettes au cours d’une période X de temps. Maintenant, vous me pardonnerez le côté vague des détails quant aux nombres de disques et de cassettes ainsi que la période de temps mais la partition de mon cerveau qui gère mes souvenirs des nineties contient de nombreux secteurs défectueux.

Je me revois encore à décortiquer avec passion tous les petits catalogues promotionnels de Columbia que j’avais récoltés et à espérer mettre la main sur le filon du siècle. Je me souviens de ces longues semaines d’attente à souhaiter jour après jour que mon lot de cassettes soit arrivé. Mais surtout, je me rappelle dans les moindres détails du trajet que j’avais alors emprunté, ce jour où mes cassettes étaient arrivées chez ma grand-mère. Ça peut sembler con, mais je paierais très cher juste pour revivre l’excitation qui m’avait habité tout au long de la courte promenade entre la maison de ma grand-mère et la mienne. Ça aussi c’est con, mais je ne peux pas oublier la texture de la boîte de carton qui contenait toutes ces cassettes.

Et puis, c’est en ouvrant cette boîte que la magie a lentement commencé à se dissiper. Tout d’abord, de mes quatorze ans d’existence, et ce, malgré une sélection de titres étudiée et ultra-étudiée, j’avais fait de nombreux mauvais choix. En fait, un seul titre parmi la dizaine de cassettes me revient à l’esprit. Mais un sacré titre quand même et j’ai nommé The Downward Spiral de Nine Inch Nails.

Et qu’est-il advenu de ces autres cassettes? Elles ont été éclipsées par NIN. Tout simplement. Dans le lot, une seule a remporté la guerre et ce fut celle-ci.

Cette expérience m’a toutefois façonné en tant que mélomane. J’ai ainsi retenu que la musique, c’est un peu comme les amis. Quand bien même que tu en auras des milliers, tu ne pourras qu’apprendre à les connaître un seul à la fois. Bon, c’est limite craignos comme affirmation mais c’est pas faux non plus.

À l’époque où nous vivons, je sens que le temps me dépasse de plus en plus musicalement. Je n’ai plus la curiosité suffisante pour vouloir entendre tout ce qui vient de sortir. En fait, j’ai tellement l’impression d’être inondé que j’ai de plus en plus peur de plonger. Je me sens dans un syndrome de Columbia perpétuel. C’est épeurant.

Est-ce de la faute du web et de ses milliers d’opportunités de promouvoir la musique? Est-ce qu’il faut maintenant user de discipline afin d’être un mélomane accompli? Existe-t-il une méthode efficace afin de séparer le bon grain de l’ivraie? Devrais-je payer mon collègue André Péloquin afin de m’imposer l’écoute d’un nouveau disque chaque semaine?

Va falloir que je bosse sérieusement là-dessus.

Je ne souhaite surtout pas m’emprisonner dans les mêmes 8 disques jusqu’à la fin de ma vie.

Alors, je commence par quoi? C’est quoi le nouveau truc qui est bon?

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Lundi 3 décembre 2012 | Mise en ligne à 13h45 | Commenter Un commentaire

Sortie de route

Minuit quarante. J’arrive de la job. Je viens de passer St-Bruno. La route est vraiment dégueulasse. Il y a de la sloche à n’en plus finir et c’est comme si je conduisais un aéroglisseur. J’écoute le tout dernier épisode du Dernier Podcast sur la gauche en roulant à une vitesse qui me semble prudente. Soudainement, la route redevient belle et au même moment, j’entends les coanimateurs mentionner mon nom. C’est à cette seconde précise que mon automobile part subitement à tourner sur elle-même. Je tente désespérément une manœuvre, mais rien ne va plus. Alors que j’en suis rendu à entreprendre un troisième 360 degrés, je vois devant moi deux poteaux et un fossé. Je pense à ma blonde et à mon kid.  Je laisse pousser un long et pénible  «nnnnoooooooooonnnnnnnnn ». Je trouve ma mort juste décevante.

Je suis braqué et je suis résigné à ce que tout ça soit fini. Je négocie étonnamment bien avec un tel sort tout en étant animé d’un dernier espoir. Et effectivement, je finis de m’enfoncer dans le fossé et malgré la vitesse avec laquelle je dévale celui-ci, l’impact final se fait tout en douceur.

Je reste assis là quelques secondes en me disant que c’est complètement surréaliste. Je tourne lentement la clé de l’auto. Et puis rien. À part la gratte qui passe et qui ne me voit pas. Mais cachée juste derrière, une voiture est là et la conductrice me remarque. Qu’elle me pardonne, mais son nom m’échappe totalement. Le coup de l’adrénaline, je suppose.

La suite, elle est protocolaire. Je parle avec les policiers qui se montrent coolax. J’apprends entre autres un truc pour ne plus attendre une éternité à l’hôpital. Une remorqueuse arrive. Le gars inspecte mon auto et d’un air plutôt étonné, il me dit que de toute évidence, mon véhicule se porte très bien. Là les trucs d’assurances et bla bla bla pour qu’enfin, je reparte tout bêtement avec mon char que j’appelle Le Scorpion Bleu.

Tout en roulant vers chez moi, je reprends l’écoute du dernier épisode du Dernier Podcast sur la Gauche. Ils sont là dans mon radio de char à me faire une espèce de mini-hommage parce que j’ai parlé d’eux sur mon blogue il y a quelques jours. C’est vraiment spécial dans le contexte.

Dans un monde parallèle,  je suis à l’heure actuelle une mini-légende du web. J’espère que mon boss a mis Stéphane Bégin sur mon cas. Je l’aime ben moi Stéphane.

Mais dans notre monde, je suis vivant, mais surtout chanceux.

Soyez prudents sur la route.

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Dimanche 4 novembre 2012 | Mise en ligne à 13h11 | Commenter Commentaires (7)

La méthode Martel ultime et gratuite afin d’arrêter de fumer

Vous attendez un rendez-vous chez votre médecin afin qu’il vous prescrive un médicament qui va tellement vous fucker que l’un des effets collatéraux fera en sorte que vous arrêterez de fumer? Vous en êtes à votre quinzième thérapie par hypnose afin d’arrêter de fumer? Vous en êtes à votre neuvième livre d’Allen Carr?

Oubliez tout ça.

Dans quelques minutes à peine, vous bénéficierez de la méthode Martel ultime et gratuite afin d’arrêter de fumer. Vous verrez les miracles que la technologie peut réaliser lorsqu’elle est au service de la santé des êtres humains.

Vous êtes prêts? Préparez-vous à changer votre vie dans les prochaines minutes!

Ce dont vous avez besoin pour la méthode ultime et gratuite afin d’arrêter de fumer :

-          Être un fumeur

-          Avoir un ordinateur ou un outil technologique vous permettant d’avoir accès au web

-          Avoir une connexion internet

Maintenant, il est important de respecter toutes les étapes de la méthode Martel ultime et gratuite afin d’arrêter de fumer, et ce, dans l’ordre.

ÉTAPE 1- Ouvrir votre ordinateur ou votre outil technologique vous permettant d’avoir accès au web. Si vous possédez déjà un compte Facebook, vous pouvez immédiatement sauter à l’étape 4.

ÉTAPE 2- Vous rendre sur facebook.com et vous ouvrir un compte avec votre identité. C’est vrai que c’est drôle de se trouver un surnom cocasse ou de vous faire passer pour Bobino mais dans le cas présent, votre identité prime.

ÉTAPE 3- Faire en sorte d’avoir plus de  cent amis Facebook. Idéalement, jusqu’à concurrence de cent amis, il est important qu’un minimum de 50% d’entre eux soit des gens que vous risquez de rencontrer au moins sur une base hebdomadaire. Tout dépendamment de votre âge, Farmville peut être très efficace afin d’augmenter votre réseau social sur Facebook.

ÉTAPE 4- Arrêter de fumer.

ÉTAPE 5- Publier sur Facebook un statut où vous annoncez que vous avez arrêté de fumer. Le faire à une heure de pointe de préférence.

ÉTAPE 6- Vivre avec votre décision et apprivoiser cette impression d’être dans un jeu de rôle où votre talent qui vous distingue est de ne plus fumer.

Petit conseil comme ça : Ne pas publier de façon quotidienne une espèce de bilan faisant le compte de jours depuis votre interruption. Choisissez plutôt des moments-clés afin de le faire. Genre après un mois. Sinon, ça finit par gosser. Mais vraiment.

Voilà, n’hésitez pas à me faire parvenir vos commentaires et témoignages par rapport à l’efficacité de la méthode ultime et gratuite afin d’arrêter de fumer.

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