Le blogue de Joel Martel

Archive, novembre 2013

Mercredi 27 novembre 2013 | Mise en ligne à 18h29 | Commenter Commentaires (15)

Le web, c’est de la merde

Alors voilà, l’horrible, l’infâme, le despote, le cruel, le tyran et vilain Gab Roy sera de la partie cette semaine à Tout le monde en parle. À peine quelques heures après l’annonce de la nouvelle, la planète web est déjà en train d’imploser. En fait, si Ben Laden était toujours vivant, je suis presque prêt à parier que sa présence sur le même plateau ne susciterait pas autant la controverse.

Sans faire mon gars qui a vu la page Facebook de l’homme qui a vu l’ours, c’était plutôt prévisible. Depuis le début de ce blogue, j’ai mentionné le nom de Gab Roy à cinq ou six reprises maximum et chaque semaine, même quand je ne publie rien, il se trouve toujours un visiteur qui vient me le remettre sur le nez. Je ne vous niaise même pas.

Évidemment, le gars excelle souvent dans les coups foireux. Ici, on n’a qu’à penser à une certaine lettre adressée à une comédienne qui demeurera dans les annales pour des raisons peu glorieuses (j’ai presque envie de vous faire croire que ce jeu de mots était volontaire). Mais sinon, il n’est pas rare que Roy nous amène dans des zones ou sur des pistes qui font sourire, voir même réfléchir à quelques reprises. Or, je vous dis ça et je trouve ça plutôt malsain que je puisse déjà prévoir une pluie de commentaires fielleux quant à cette affirmation, et ce, avant même d’avoir publié ce texte.

Mais bon, si l’on ne s’en tenait qu’à l’avis de plusieurs individus, faut croire que tout ce qui provient du web est sale. Jean-Paul Sartre aurait publié ses premiers écrits par l’intermédiaire d’un blogue et on l’aurait qualifié de troll. Les Beatles se seraient fait connaître via Bandcamp et on les traiterait de swagfag tandis que Madonna aurait certainement hérité du prestigieux titre de « pute à likes ».

Mais ce qui est le plus troublant dans cette perception négative et discriminatoire du web, c’est que ce point de vue est grandement entretenu par des gens qui travaillent dans le milieu des communications. Au sujet de Gab Roy, « l’humoriste » Guy Nantel a interpellé publiquement Guy A. Lepage sur Twitter pour lui faire savoir à quel point il était outré de cette invitation. Toujours sur Twitter, Louis Morissette a traité de la présence de Roy avec plus de condescendance que tous les Aristochats réunis.

À cet effet, je me permets de poser une seule question: Et si Gab Roy s’était fait connaître via la télé ou l’École nationale de l’humour, aurait-il à essuyer toutes ces critiques?

Alors voilà. Ce qui provient du web, c’est de la merde. Et si les vedettes de notre star-system si bien établi l’ont dit, pourquoi en douterait-on? Qui sait, peut-être parlerons-nous d’elles un jour comme on se souvient maintenant de ces comédiens qui n’ont pas su s’adapter au passage du cinéma muet au cinéma parlé…

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Vendredi 1 novembre 2013 | Mise en ligne à 0h21 | Commenter Commentaires (4)

Trouble en vrac

Dans moins de deux semaines, le journal Voir lancera sa toute nouvelle plateforme répondant au nom de trouble.voir.ca. Cette nouvelle section de son site web mettra à profit le talent d’une panoplie de créateurs de contenu bien connus du web tels que Matthieu Bonin ainsi que Murphy Cooper, qu’on a connu dans une autre vie sous le pseudonyme Le Détesteur.

Bien que les grandes lignes de la plateforme n’aient même pas encore été révélées dans leur totalité, on peut déjà lire ici et là de nombreux commentaires à l’égard du projet. Or, de toute évidence, les détracteurs de trouble.voir.ca s’en donnent à coeur joie. C’est même à croire qu’ils se sentent investis d’une mission.

Pour être franc avec vous, j’ai en main depuis plusieurs semaines l’une des premières ébauches de trouble.voir.ca. C’est l’idéateur du projet, le blogueur Julien Day, qui m’en avait fait cadeau à la fin de l’été. D’entrée de jeu, l’intérêt suscité par un tel projet m’avait semblé indéniable. De plus, la faisabilité d’une telle plateforme me semblait plus que jamais incontournable dans le contexte actuel du web-paysage québécois.

On ne se fera pas de cachettes, le milieu des médias écrits prend de plus en plus l’apparence d’un épisode grandeur nature de Survivor et ceux et celles qui désirent sortir vivants de cette épreuve doivent autant faire preuve d’audace que de loyauté. Et il s’agit là d’un équilibre pas si évident à mettre en place.

Littéralement mystifié par l’acharnement de certains détracteurs de la plateforme à venir, j’ai donc identifié quelques points qui pourraient expliquer ce phénomène. Bien entendu, je me suis prêté à ce jeu en toute humilité et à des fins de transparence: oui, j’ai autrefois fait partie de la famille Voir. Néanmoins, je crois être très objectif quant à Voir car même s’il s’agit du premier média à m’avoir donné une tribune et m’avoir donné la chance de prendre mon modeste envol, il s’agit aussi de la première entreprise à m’avoir annoncé la perte de mon emploi par téléphone. On ne peut presque pas faire mieux question équilibre. :-)

1- Les maudites webstars: Depuis que je tiens ce blogue, il suffit que je fasse mention d’une personnalité issue du web québécois pour qu’une levée de boucliers se fasse sentir. Certains me le font savoir pas messages privés, via les commentaires de ce blogue ou sinon, publiquement en commentant les textes ou observations que je partage sur les réseaux sociaux. Au risque de m’adonner à une généralisation, on retrouve à peu près trois catégories de gens qui n’aiment pas nos “webstars”.

En premier lieu, il y a le “haïsseur” radical. Somme toute, il semble connaître l’identité de tous ces personnalités du Far-Web mais à la moindre allusion d’un d’eux, c’est un peu comme si Dany Bédard annonçait qu’il sortait un album double sur la Charte des valeurs: l’exaspération l’habite aussitôt.

En deuxième point, on retrouve le gars qui n’en a juste rien à foutre de quiconque fait parler de lui en créant du contenu à succès sur le web. Je l’appelle affectueusement l’internaute au petit doigt en l’air. Picasso aurait débuté sa carrière à l’aide d’un Tumblr et “le petit doigt en l’air” aurait probablement nié le talent de celui-ci jusqu’à la fin.

Enfin, la troisième catégorie comprend tous ceux et celles qui ont lu ou entendu quelque part que les personnalités du web sont des gens pas gentils, sans morale et sans culture. On les surnommera “les autres”.

En tenant compte que la plateforme trouble.voir.ca réunira non pas deux mais plusieurs de ces personnages, il est donc guère étonnant que les détracteurs des maudites webstars se sentent intensément interpellés et surtout, qu’un besoin grandissant de justice les habite progressivement.

2- Voir engage souvent des “baveux”: Je me plais souvent à raconter cette histoire mais c’est après avoir envoyé une lettre d’insultes guère géniale à l’attention du rédacteur en chef de Voir Saguenay/Alma que j’ai débuté ma carrière de journaliste et chroniqueur. Pour faire une histoire courte, un échange loyal entre Jean-François Caron et moi a fait suite à cette lettre et de fil en aiguille, M. Caron a vu en moi un pigiste potentiel.

Ici, n’allez pas croire que c’est là la norme afin d’entrer au sein de cette équipe mais il reste que depuis ses débuts, Voir n’a jamais hésité à donner une tribune à certaines personnalités dont le franc-parler (ou plutôt franc-écrit) est indéniable. Alors qu’autrefois ces personnalités “baveuses” n’avaient que leur espace rédactionnel pour mettre de l’huile sur le feu ou afin de calmer le jeu, il existe aujourd’hui un espace public où les échanges peuvent se faire en temps réel: les réseaux sociaux. De ce fait, celui ou celle qui remettra en question sur la place publique la démarche ou l’articulation d’une idée venant d’un auteur  pourra aussitôt être appelé à devoir confronter ledit auteur dans un délai très rapide.

Alors voilà, lorsque des personnalités du web s’affichent avec un humour plutôt évident comme étant “L’internet” et que celles-ci sont ensuite engagées par un média reconnu pour son côté “baveux”, il est théoriquement plausible que certains y voient de l’effronterie au carré. En fait, oubliez tout de suite le “théoriquement plausible” et substituez-le par “tout à fait compréhensible”.

3- Voir n’est plus ce qu’il était: Oui oui. C’est ça. Et TVA n’est plus ce que Télé-Métropole était dans le temps. Et V a tué ma roue chanceuse avec le beau Donald Lautrec. Et la dernière saison de Watatatow n’était plus ce que la première saison était. Et je ne suis plus le même homme qu’il y a quinze ans. Et le monde n’est plus ce qu’il était avant le 11 septembre 2001. Et Google n’est pas ce que La Toile du Québec était à l’époque. Et Salut Bonjour était un bien meilleur show dans le temps où c’était Guy Mongrain qui l’animait. Et Division Bell n’était pas un vrai disque de Pink Floyd. Et bla bla bla bla bla bla bla bla.

Nous vivons mais aussi, nous pourrissons sans cesse. Telle est la dure réalité avec laquelle nous devons apprendre à exister. Or, ce qui est fabuleux avec les médias, c’est qu’ils peuvent traverser le temps. Cependant, en traversant le temps, ceux-ci doivent aussi s’y adapter. De plus, les individus qui alimentent ces structures se succèdent, ce qui finit un jour ou l’autre par en modifier l’essence. Un média est la somme d’une diversité de points de vue qui eux, sont en perpétuelle évolution. On ne parle pas ici de la recette secrète du Colonel Sanders.

Mais bon, si ça peut rassurer quelques personnes, dites-vous qu’à quelque part dans le temps, vous êtes les meilleurs. Peut-être pas maintenant, mais dans dix ans, vingt ans ou cent ans, on se rappellera du temps où c’était vous qui mettait à l’épaule à la roue et on se dira que c’était alors bien mieux.

***

Est-ce que trouble.voir.ca sera un important précédent dans le web-paysage québécois? Ou aura-t-on droit à un échec artistique et/ou commercial?

Je serais bien prétentieux de m’avancer à cet effet. Seul le temps le dira.

Et en ce qui concerne ses détracteurs, je suggère à ceux-ci de prendre leur mal en patience jusqu’au 12 novembre. De toute façon, si à leur grand bonheur le destin faisait en sorte que trouble.voir.ca se révélait comme étant un flop, ils auront alors en main tous les outils nécessaires afin de faire valoir leur “victoire”.

Pour ma part, je souhaite que le projet remporte un succès car celui-ci pourrait éventuellement inspirer d’autres acteurs du milieu médiatique à mettre à profit ceux et celles qui donnent au web québécois sa couleur si particulière au lieu de simplement se servir du web en tant que canal supplémentaire de diffusion.

Une chose est certaine, peu importe l’issue de cette expérience, on gardera en mémoire les noms de ceux et celles qui auront osé tenter le coup.

À suivre.

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