Le blogue de Joel Martel

Le blogue de Joel Martel - Auteur
  • Joël Martel

    Joël Martel est journaliste au Quotidien/Progrès-Dimanche depuis septembre 2012
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    Mercredi 29 mai 2013 | Mise en ligne à 20h36 | Commenter Commentaires (6)

    J’aimerais te parler

    Au bout du fil, je ne reconnais pas immédiatement la voix de Pat Vaillancourt. J’ai de la difficulté à le reconnaître, car le personnage débordant généralement de joie de vivre semble visiblement sous le choc. Et là, pas le genre de choc qui précède l’envolée vers la gloire, mais bien ce choc que tu tentes d’encaisser quand la vie se décide à te sacrer une bonne claque en plein visage.

    « Je veux pas te déranger man, mais j’avais besoin de parler et j’ai pensé à toi », que Pat me lance.

    Vous m’excuserez la formule usée à la corde, mais ceux et celles qui connaissent Pat savent tous que ce gars est tout simplement un grand cœur sur pattes. Par exemple, quand Pat met en ligne une vidéo s’adressant aux jeunes qui sont victimes d’intimidation, le gars va assurer jusqu’au service après-vente. Quand bien même qu’il recevra de cinquante à cent courriels par jour en provenance de jeunes en détresse, Pat s’est donné comme engagement de leur répondre personnellement un à un. Il arrive même qu’il passe du temps au téléphone avec eux, quitte à faire deux heures de voiture afin d’aller leur rendre visite ainsi qu’à leurs parents.

    Il y a quelques jours, dans un moment de folie, Vaillancourt publiait une vidéo où l’on pouvait y voir brièvement le vlogueur Matthieu Bonin assis sur le trône. Pas la blague du siècle mais on peut s’entendre qu’il n’y avait rien là pour déchirer sa chemise et partir en croisade. Or, un internaute a signalé la vidéo, jugeant qu’elle était inappropriée. Résultat : plus moyen pour Pat d’entrer en contact avec les jeunes qui l’interpellaient s’ils ne figuraient pas parmi ses « amis » Facebook.

    Ce n’était pas la première fois qu’une telle histoire se produisait. En fait, il s’agit là d’une pratique de plus en plus répandue chez les poids lourds de Facebook. « J’en ai fait des pieds et des mains pour que mon compte revienne à la normale. J’ai des contacts chez Facebook Canada qui ont parfois pu me venir en aide, mais cette fois-ci, ça a été plus difficile. »

    Jusqu’à une période indéterminée, Pat est donc contraint à voir défiler les messages des jeunes sans pouvoir leur donner suite. Sans même pouvoir leur dire : « Attends-moi, je suis là. »

    Évidemment, lorsque Pat a appris le suicide d’Ann-Élisabeth Belley, cette adolescente de 14 ans, l’histoire l’a immédiatement interpellé. « Quand j’ai vu sa photo, son visage m’a tout de suite dit quelque chose. Je savais que je la connaissais, mais j’ignorais pourquoi. Alors j’ai cherché son nom et là, ça m’a vraiment rentré dedans. »

    C’était vendredi passé. Pat était chez son agent lorsqu’il a reçu son message. Il s’en rappelle car il aurait aimé y répondre sur-le-champ. Et, cruelle ironie du sort, il avait tout le temps du monde pour le faire.

    “Salut, j’aimerais te parler

    ?

    J’imagine que ta pas le temps”

    Un bref message qui contient toute la détresse du monde.

    « Je ne te dis pas que j’aurais pu assurément lui sauver la vie, mais j’aurais aimé lui dire que je me souciais d’elle, que je m’intéressais à son histoire » , d’expliquer Pat.

    Quand je lui fais allusion aux possibles lacunes du système, Pat ne se prête pas au jeu d’accuser qui que ce soit. Si les jeunes lui accordent leur confiance, c’est avant tout parce qu’ils ressentent une proximité à son égard. « Être populaire sur le web, ce n’est pas comme être une star traditionnelle. On ne s’adresse pas au même auditoire et surtout, on a une espèce de devoir de rester en contact avec notre public. Si je vois Patrick Huard dans la rue, je n’irai pas lui parler parce qu’il y a une certaine éthique comme quoi il ne faut pas déranger les vedettes. »

    Et c’est sans compter sur le fait que pendant toute sa jeunesse, Pat a gravement souffert d’intimidation. « Il ne se passait pas une journée sans que je ne revienne pas blessé. Quand l’école finissait, je ne me rendais pas chez nous, je m’enfuyais chez nous. Je devais prendre des raccourcis et sauter par-dessus des clôtures. Je vivais constamment avec la peur. »

    De ce fait, Pat est en mesure de confirmer qu’au cours des années, le phénomène de l’intimidation ne s’est pas du tout atténué. « À mon époque, ça sautait plus aux yeux. C’était très physique. Maintenant, c’est davantage de la violence psychologique et c’est doublement plus cruel, car les parents ne peuvent pas toujours comprendre à quel point c’est un cauchemar qui n’arrête pas. Les histoires qu’on entend dans les journaux, on croit que ce sont les plus horribles, mais ce n’est que la pointe de l’iceberg. Chaque jour, on me confie des dizaines d’histoires d’horreur. »

    Maintenant, peut-on espérer de voir la situation prendre une tournure plus positive un jour ou l’autre? « Chaque petite action va finir par donner un résultat. Je ne pense pas qu’il y ait une solution miracle, mais une chose est certaine, il y a toute une culture du web à revoir au Québec. Certaines personnes influentes du web ont glorifié le phénomène de trolling et depuis un bon moment, le trolling a le dos large. On te sacre une claque en arrière de la tête et immédiatement, on te dit de ne pas dramatiser, car ce n’est que du trolling. La situation est inquiétante, mais je sens que les choses peuvent changer. »

    Et le changement commence ici. Et surtout, il commence par vous.


    • Facebook qui a, pardonner moi l’expression, ”highjacker” internet est une véritable plaie. Grace a eux le net est devenu uniforme, homogène et sans intérêt. Ils ont, sur tout un chacun, droit de vie et de mort. Et il exerce ce droit sans aucun discernement. Facebook a tout centralisé et maintenant il nous gave de pubs. Pendant ce temps le notoire voleur Zuckerberg empile les milliards.

      Alors qu’internet constitue la bibliotèque la plus formidable de tout les temps, les gens ne la consulte que s’il trouve le lien sur Facebook. La seule chose qui compte maintenant c’est votre capital de pseudo amis. Plus vous en avez plus vous êtes influent et les plus influents sont malheureusement aussi les plus insipide.

      Facebook doit mourrir pour qu’internet et toute sa diversité survive.

      André Després

    • Avait tu vérifier si l’histoire du message d,Ann-Élisabeth Belley était vrai ?

      Il me semble que la base d’un journaliste, c,est de vérifier la fiabilité de ses sources non ?

      Un autre mensonge signé Pat Vaillancourt.

    • @renko: Oui. Évidemment.

    • Tes vraiment le pire journaliste au monde tes patrons devrait te foutre a la porte ! l’article le plus ridicule et le plus inutile que jai lu ! sa me surprend que je trouve pas se genre d’article sur weekly world news ! dailleur cest pour eux que tu devrais travailler tant qua butcher ta job

    • @qweqwe: Je vais essayer d’être le moins condescendant du monde mais avant de juger de mon travail, apprenez à faire la distinction entre un article et un billet de blogue et nous nous reparlerons ensuite. Allez.

    • Drôle quand même, je tombe sur ce billet qui est ma foie, selon moi fantastique. Et je lis les 2 ou 3 commentaires de gens qui semblent tellement en manque de quelque chose. Attention, amour, voir justice. Mais maintenant, 4 mois plus tard, maintenant que la majorité des gens ont su qu’il a été victime d’une campagne diffamatoire, et que les histoires ont été forcées et écrites de TOUTE PIÈCE. Pourquoi je ne vois pas le retrait de ses commentaires ridicule?

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