Le blogue de Joel Martel

Archive du 2 novembre 2012

Vendredi 2 novembre 2012 | Mise en ligne à 14h00 | Commenter Aucun commentaire

Jay St-Louis: l’homme d’internet

Il est fort probable que le nom de Jay St-Louis ne vous dise rien si vous êtes un lecteur adulte. Et pourtant, il est l’un des plus importants influenceurs du web québécois depuis des années. Par exemple, c’est l’un des principaux responsables ayant mis l’appellation douchebag dans la bouche de vos adolescents, et ce, deux ans avant qu’Étienne Dano ne fasse son fameux vidéoclip.

Véritable star du web en marge de toutes les machines médiatiques traditionnelles, Jay St-Louis est sans aucun doute le personnage le plus fascinant de la confrérie jet-set du triple W québécois. Après s’être fait les dents sur Le monde selon Jay, celui qui a cessé d’être hipster avant même que le hipsterisme n’existe a fondé l’incontournable pokpok.tv. On vous donnerait bien une date et une année précises, mais aucun calendrier n’est assez avant-gardiste pour un personnage de cette trempe.

Ce sont donc des milliers de fans qui ont adhéré à la folie parfois inquiétante de Pokpok.tv et l’an passé, la série Mon Fucking Tube remportait un succès considérable.

Or, on aurait pu croire que Jay St-Louis profiterait de cet envol, mais le blogueur qui a un faible pour les chemises aux motifs de tables de pic-nic s’effaça inexplicablement du web. « À l’époque, j’avais pris une espèce de break pendant six mois, de raconter St-Louis. Je ne m’attendais plus à rien. J’avais fait tellement de trucs au cours des dernières années sans arriver à un résultat concret. Et puis Éric Belley, un gars de TVA qui travaillait à Juste Pour Rire m’a laissé un message. Comme je ne suis pas trop connecté aux trucs de télé et d’humour, je n’avais aucune idée de qui c’était et là, quand je disais ça au monde, ils étaient comme “Oh my god!!!”. Quand je suis allé dans son bureau, ça m’a redonné confiance. J’ai réalisé que ce n’était pas n’importe qui. J’attendais seulement que quelqu’un dans l’industrie me donne un peu d’approbation. »

Dans quelques jours, ce sera donc le grand retour de St-Louis sur le web avec l’émission Je Viens de l’Internet. Premier happening du genre dans l’histoire du web québécois, le comeback de St-Louis se fera en collaboration avec Nightlife.ca. «Je suis un petit peu anxieux par rapport à Je Viens De l’Internet. J’ai remarqué qu’il y avait un gros hype et je ne m’attendais pas à ça. J’ai juste fait une page Facebook et je ne l’ai pratiquement pas promote et il y a déjà à peu près 450 abonnés. J’ai peur que les gens s’attendent à trop de ce show-là. »

Alors, à quoi s’attendre avec Je Viens De l’Internet ? «Je commence à devenir un petit peu plus vieux et je pense que c’est le temps pour moi de faire un truc qui est un peu plus classe. Un truc qui a des référents un peu plus communs. Il n’y a pas longtemps, j’écoutais des épisodes de Mon Fucking Tube et je trouvais qu’il y a beaucoup de référents qui me font rire mais que monsieur et madame tout le monde ne vont absolument pas comprendre. Par exemple, j’allais faire des références à Johnny Crying. »

Le défi est de taille. Le web offre une liberté d’expression où il est parfois facile d’exclure un large auditoire par souci d’intégrité. À la différence d’un média tel que la télé où les moindres détails sont scrutés à la loupe par une multitude d’intervenants, un créateur se consacrant au web est potentiellement son pire ennemi. « Je m’arrange pour créer une série qui va frapper un peu plus gros sans pour autant me dénaturer.  J’ai remarqué que par le passé, j’avais été très trash. Mais ça n’a jamais été moi tant que ça. Mes parents me connaissent, ma famille me connait, ma blonde me connait et je suis une personne qui est relativement pas snob. Même si je suis toujours habillé avec un veston et que je porte des chaussures en cuir. Je crois que le personnage de Je Viens De l’Internet est plus proche de ce que je suis réellement. »

Enfin, peut-on espérer voir s’anéantir un jour l’important clivage qui sépare « ceux qui vont sur internet » et « ceux qui viennent de l’Internet ». À cet effet, Jay St-Louis ne se montre aucunement condescendant. Au contraire, il semble ressentir de la compassion à l’égard de ceux et celles qui ne bénéficient pas d’une connaissance suffisante des codes du web afin de leur permettre d’accéder à une forme d’humour nouveau genre. « J’étais sur un brainstorm avec six autres personnes pour une émission destinée au web. Et puis j’ai fait un petit tour de table en demandant aux gens qui connaissaient Tequila, Heineken, pas l’temps d’niaiser. J’étais le seul à savoir de quoi je parlais et ça ne faisait pas seulement deux jours que le phénomène avait explosé. Ça devait facilement faire trois semaines de ça. Je leur ai dit: “Est-ce que vous réalisez qu’on fait un show sur le web et que ça, c’est l’événement web qui fait le plus jaser partout dans la province?”  Ça montre à quel point il y a encore un gros exercice de vulgarisation à faire à propos du web. Même quand on travaille sur un show télé sur le web, on collabore avec des gens qui ne connaissent pas le web! »

Afin de ne rien manquer sur la nouvelle web-aventure de Jay St-Louis, rejoignez la page Facebook de Je Viens De l’Internet.

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