François Gagnon

François Gagnon - Auteur
  • François Gagnon

    Journaliste à La Presse et à LaPresse.ca, François Gagnon est un amateur de hockey depuis toujours qui n'hésite pas à chausser ses patins pour vivre la magie du sport. Chaque jour, il vous propose sa vision du hockey et attend avec impatience vos questions et réactions!
  • Lire la suite »

    Partage

    Mercredi 24 octobre 2012 | Mise en ligne à 3h11 | Commenter Commentaires (8)

    Une soirée en Ligue des champions…

    De l'extérieur du grand stade Loujniki, on pouvait entendre les fans du Spartak chanter près d'une heure avant le match contre Benfica en Ligue des champions.

    De l'extérieur du grand stade Loujniki, on pouvait entendre les fans du Spartak chanter près d'une heure avant le match de Benfica contre Ligue des champions.

    Moscou a beau être une ville du nord et une ville de hockey, c’est le football, football comme dans soccer et non comme dans Alouettes ou Giants, qui est le sport numéro un dans la capitale russe.

    Comme dans la plupart des pays du monde il faut le dire.

    Puisque c’était le calme plat sur la scène du hockey mardi à Moscou et dans ses banlieues, l’occasion était toute choisie pour faire autre chose.

    Une soirée au Bolchoy?

    Je n’aurais certainement pas dit non s’il avait été possible de mettre la main sur des billets. Mais c’est plus difficile semble-t-il de trouver un billet pour le Bolchoy qu’une vraie poutine de chez Micheline à Moscou.

    Il faudra donc que je revienne pour le ballet… et que je fasse une virée à St-Augustin-de-Desmaures pour ma poutine.

    Anyway!

    Le tombeau de Lénine? Il est fermé. On est en train de faire une beauté au père de la révolution socialiste en Russie. À sa dépouille en fait…

    Ça aussi ce sera pour une autre fois.

    Je voulais faire un tour à l’aréna Loujniki, l’amphithéâtre où sont présentés les matchs du Dynamo de Moscou, mais surtout l’amphithéâtre où le Canada a battu l’URSS dans le cadre de la grande Série du siècle dont on vient tout juste de célébrer les 50 ans.

    L’immeuble est encore très beau. À l’intérieur, il y a un mélange de très vieux, de vieux et de moins vieux autour et sous les bancs multicolores qui eux sont flambants neufs.

    J’y reviendrai…

    Mais en arrivant à Loujniki, ce n’est pas l’aréna qui saute aux yeux, c’est le grand stade. Le stade construit pour les Jeux olympiques de 1980. Plus grande enceinte de Russie, Loujniki peut accueillir 86 000 personnes.

    Il est utilisé pour les grands matchs de soccer.

    Le Spartak, le Dynamo, le CSKA et le Lokomotiv jouent normalement dans des stades plus petits, mais quand ils se croisent dans le cadre d’un grand événement où que l’un des clubs qui s’est hissé en Ligue des champions – le Spartak et le Zénit de St-Petersburg représentent la Russie cette année – reçoit de la grande visite, c’est au grand stade que ça se passe.

    Le Spartak recevait le club portugais Benfica hier soir.

    C’était l’événement. Trois heures avant le match, policiers, soldats, gardes de toutes sortes montaient la garde dans les stations.

    Ça chantait déjà fort.

    Les ultras du Spartak se préparaient à encourager leur club. Les houligans fidèles au CSKA et aux autres clubs de Moscou les injuriaient.

    Mais bon! Comme l’ennemi du jour venait du Portugal et non de l’autre côté de la ville, policiers et soldats n’étaient pas trop sur les dents.

    Une chance…

    Car je suis encore sous le choc de voir le nombre de soldats dépêchés dans le métro, autour et à l’intérieur du grand stade pour contenir la foule.

    Ils étaient si nombreux que je ne suis pas convaincu que cela créait un sentiment de sécurité.

    Parce qu’il faisait 2 degrés, que c’était un mardi, et que ce n’était qu’un «petit club» les 86 000 sièges n’étaient pas tous occupés. Pas eu besoin de payer trop cher pour mon billet. Au guichet, il valait 1250 roubles (23e rangée dans un coin du stade) et j’en ai obtenu deux pour 1000 roubles, ce qui veut dire plus ou moins 30 $.

    Un bon deal.

    Je ne suis pas un grand fan de Soccer. Mais j’adore l’ambiance des grands stades animés par des fans qui vivent et qui meurent en fonction des succès ou des échecs de leur équipe.

    Je cherchais encore mon siège lorsque le Spartak a ouvert la marque en tout début de rencontre.

    Le délire. Les fans qui me laissaient passer devant eux venaient de me coincer en se levant en raison de ma présence bien mal venue qui leur faisait rater une action offensive.

    Quand ils se sont mis à danser et à hurler après que le ballon eut roulé derrière le gardien, j’ai été fait prisonnier. Ils m’ont libéré sur promesse de ne plus recommencer quelques minutes plus tard…

    Le blackberry n'est pas un appareil photo capable de rendre justice au spectacle qui se déroulait sur et autour du terrain. Mais j'espère que ça vous donne une idée...

    Le blackberry n'est pas un appareil photo capable de rendre justice au spectacle qui se déroulait sur et autour du terrain. Mais j'espère que ça vous donne une idée...

    Il faisait froid dans le stade. Non. C’était frette!

    Un double avantage pour les Russes qui, en plus de compter sur des fans enjoués, sont habitués au froid. Plus en tout cas que les joueurs venus de Lisbonne.

    Dans le stade, il y a les joueurs et le jeu à suivre bien sûr. Mais quand tu n’es pas habitué, il a tous les mouvements de foule à suivre, les chants et cris de ralliement à entendre à défaut de pouvoir les comprendre.

    Ils devaient être quelque chose comme 50 000, peut-être 55 000 hier soir à Loujniki et on aurait juré qu’ils étaient tous en harmonie.

    Si des policiers et des soldats postés à tous les 10 pieds tout autour de la piste ceinturant le terrain veillaient sur la foule, un cordon de sécurité imposant encadrait les fans du Benfica qui étaient cantonnés dans les hauteurs du stade du côté opposé aux Ultras et Hooligans du Spartak.

    L’ironie dans cette situation, et on l’a vu quand Benfica a nivelé les chances en milieu de première demie, c’est qu’il y avait plus de gardes de sécurité que de partisans portugais.

    Mais bon. Mieux vaut prévenir…

    Les deux équipes ont échangé de belles poussées. Le gardien du Spartak a réalisé un arrêt sensationnel juste là devant moi. À l’autre bout, on a vu le Spartak frapper la barre et se faire voler. En fait non. C’était tellement loin qu’on ne l’a pas vu. Mais la vague amorcée à l’autre bout qui a déferlé jusqu’à nous a permis de comprendre qu’un drame venait de se produire…

    Le Spartak a repris l’avance en fin de première demie. Il ne l’a jamais perdue.

    Victoire de 2-1.

    Je n’étais plus là lorsque le match a pris fin.

    Pourquoi?

    Première raison : à la demie, j’étais gelé comme un rat.

    Deuxième raison : à la demie, je suis allé à la toilette. Simonac! Pour s’y rendre, il fallait passer entre deux cordons de soldats qui agissaient comme entonnoir. Je me suis tellement fait brasser en y allant et en revenant que j’ai décidé d’éviter la cohue de fin de rencontre.

    J’ai bien fait.

    Car une fois dehors, alors qu’il restait une moitié de match à jouer, j’ai pu voir les préparatifs de sécurité.

    Simonac!

    Déjà que je les trouvais nombreux en arrivant au milieu de la masse de partisans qui marchaient vers Loujniki, autant les soldats semblaient maintenant plus nombreux alors qu’ils étaient seuls, ou presque, sur la grande place menant au métro.

    C’est le premier déploiement de force auquel j’assiste depuis que je suis arrivé à Moscou.

    Les policiers sont nombreux et bien présents, mais dans le cadre du match de soccer d’hier, c’était vraiment le branle-bas de combat.

    Et il ne s’est rien passé…

    Du moins, on n’en parle pas aux nouvelles ce matin.

    On reconnecte plus tard.


    • Bolchoï… Ça s’écrit Bolchoï…

      De la manière dont vous l’écrivez,
      ça ressemble plus à un chou russe
      qu’à un *grand théâtre*…

    • Diable que je déteste ces maudits stades olympiques et cette xxxx de piste qui donne l’impression que le terrain est loin, loin, loin du spectateur. Et à la télé, on ne voit pas les tribunes pour les mêmes raisons.

    • pallak : Je partage votre opinion. Le terrain est très loin et lorsque l’on regarde ces matchs à la télévision, on dirait qu’il n’y a pas d’ambiance. Les matchs dans de “réels” stades de soccer sont beaucoup plus attrayants, on sent que les partisans font partis du match.

    • je vous écris d’Amsterdam et ce soir c’est a mon tour de vivre cet expérience. hier soir les partisants de Manchester City ont pris contrôle d’un coin de rue dans le red light avec leurs chants et aujourd’hui ils sont partout et ils affichent fierement leurs couleurs. J’ai tres hate de voir si les fans de Ajax vont etre aussi bruyant…

    • Vous dites chercher les Ladas à Moscou ?
      sortez du grand centre etvous en verrez à profusion. Vous trouverez même des charettes à boeufs.
      les nouveaux riches de Moscou aiment faire étalage de leurs richesses. Malheureusement, en dehors des centres touristiques, la réalité est tout autre. prenez le métro direction nord et descendez presqu’au bout… Vous en verrez des Ladas

    • Faites-nous part de votre opinion.

    • 1972 = 40 ans

    • M. Gagnon
      Abandonner un match de la ligue des Champions à la mi-temps?
      Vraiement, surtout pour un journaliste sportif, ça fait dur. Plus dur que ça tu t’appelles Rejean…

    Vous désirez commenter cet article?   Ouvrez une session  |  Inscrivez-vous

    publicité

  • Twitter

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse



    publicité





  • Calendrier

    janvier 2007
    L Ma Me J V S D
    « déc   fév »
    1234567
    891011121314
    15161718192021
    22232425262728
    293031  
  • Archives

  • publicité