
Lou Lamoriello, directeur général des Devils du New Jersey, est un fin renard. Il compte des tas de tours de passe-passe à son dossier. Mais cette fois, dans le dossier Kovalchuk, il a trop étiré l'élastique et l'élastique lui a cassé au visage.
Il commençait à être temps que la LNH intervienne pour refroidir les ardeurs des équipes qui contournent la convention collective avec des contrats de fou comme celui signé par Ilya Kovalchuk et les Devils du New Jersey.
La Ligue aurait d’ailleurs dû mettre son poing sur la table dès la première occasion : lorsque les Islanders de New York ont accordé un contrat de 15 ans à Rick DiPietro.
Ce faisant, elle aurait tué dans l’œuf cette pandémie de contrats de 10, 12, 15 et maintenant 17 ans qui ne sont rien de plus que des entourloupettes pour se soustraire aux contraintes du plafond salarial.
C’est à se demander si les proprios ont déjà oublié qu’ils ont imposé un lock-out d’une saison parce que, claironnaient-ils en chœur, l’explosion des salaires minait les finances de la LNH.
Si le plafond salarial était nécessaire il y a cinq ans, comment se fait-il qu’il soit si facilement mis de côté maintenant?
Si vous ne le savez pas déjà, la convention collective prévoit que les équipes de la LNH peuvent soustraire du plafond, les salaires des joueurs qui décident de prendre leur retraite en autant que leur contrat ait été signé avant que le joueur en question n’ait atteint 35 ans.
En versant 95 des 102 millions à Kovalchuk au cours des 10 premières saisons du contrat de 17 ans, les Devils s’assurent d’une moyenne salariale de six millions par année.
C’est cette moyenne qui sert de base de calcul aux fins du respect du plafond salarial.
Avouez que six millions par année, pour un gars comme Kovalchuk, c’est loin d’être déraisonnable sur le plan financier.
Kovalchuk coûterait ainsi moins cher annuellement – sur le calcul du plafond salarial – aux Devils que Scott Gomez coûte au Canadien (7,357 millions par année) et le même montant que Michael Cammalleri.
C’est vous dire.
Mais si la LNH avait accepté ce contrat, Kovalchuk aurait pu prendre sa retraite après 10 ans et tourner le dos aux sept millions qu’il aurait pu toucher lors des sept dernières années de son contrat.
Des peanuts en comparaison des 95 premiers millions.
Et comme il aurait signé ce contrat avant d’avoir 35 ans, les Devils, une fois le Russe à la retraite aurait pu soustraire les 6 millions $ de leur masse salariale.
Ce qui veut dire que dans les faits, Kovalchuk aurait joué 10 ans et touché une moyenne salariale de 9,5 millions $ par année alors que les Devils auraient hypothéqué seulement 6 millions sur leur masse salariale.
C’est pour cette raison que la LNH est finalement intervenue.
Les contrats des Roberto Luongo, Marian Hossa, Chris Pronger, Vincent Lecavalier, Daniel Brière et Rick DiPietro laissent tous planer la possibilité que ces joueurs décident de prendre une retraite hâtive qui soulagerait du coup leur employeur d’un boulet financier sur leur masse salariale respective.
Tous ces joueurs et les équipes qui les embauchent ont étiré l’élastique jusqu’à la limite.
Les Devils et Kovalchuk ont tiré trop fort et l’élastique a cassé.
Les négociations entre la LNH, les Devils, l’association des joueurs et toutes les parties impliquées dans ce dossier seront intéressantes.
Mais il est primordial que l’esprit du plafond salarial soit respecté et qu’il ne puisse être bafoué comme c’est le cas avec ces contrats bidons.
Une façon bien simple de s’assurer que la convention soit respectée :
Que les équipes soient forcées de maintenir le poids des contrats qu’ils signent pour la durée complète établie lors de la signature.
De cette façon, si après 10 ans, Kovalchuk devait décider de prendre sa retraite, les Devils auraient économisé 7 millions en salaire.
Mais ils seraient quand même pénalisés à grands coups de 6 millions par année sur leur masse pendant six ans.
Ça ferait affreusement mal.
Tellement, que plus aucun propriétaire n’accepterait que son directeur général hypothèque ainsi l’avenir de son équipe.
Mais bon.
Cette solution serait sans doute trop simple pour être acceptée…
Une affaire à suivre…

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louismartin
22 juillet 2010
01h48
C’est drôle, mais plus je pense à cette affaire, moins je la comprends. Parce que, menée comme elle l’a été, elle fait mal paraître Lamoriello (qui vient d’être intronisé au Temple de la renommée comme bâtisseur, et qui là apparaît comme un tricheur qui s’est fait prendre) et elle fait mal paraître la ligue (qui semble certes avoir mis ses culottes, mais qui ce faisant désavoue officiellement sa gestion des autres dossiers semblables au cours des années précédentes).
Si la ligue avait décidé de serrer la vis, décision certes judicieuse mais surtout très importante et qui ne se prend pas à la légère, elle aurait normalement dû le faire discrètement mais clairement savoir aux équipes dès la mi-juin au moins. Elle aurait ainsi pu faire passer le message, ne pas se désavouer publiquement et préserver les équipes de l’embarras d’un refus de contrat farfelu.
D’un autre côté, comment Lamoriello, qui n’est quand même pas un nouveau venu, ni sans influence, ni seul dans son coin, a-t-il pu prendre une décision aussi risquée ? N’a-t-il pas perçu un changement d’attitude du côté de la ligue ? N’a-t-il pas pris renseignements et précautions préalables pour se faire une idée de la politique nouvellement adoptée ? Comment se fait-il que ce « fin renard » ait été sur le coup autant dans le champ ?
Donc voilà, je ne comprends pas qu’une affaire aussi importante ait été si mal gérée qu’elle soit devenue publique, et donc embarrassante pour les principaux intéressés. Il me semble que, tant du côté de la ligue que du côté de Lamoriello, tout le monde avait intérêt à ce qu’on ne se rende pas là et avait les moyens de le faire.
le_gaucher
22 juillet 2010
07h56
M. Gagnon,
Vous avez raison de dénoncer les ridicules contrats construits de manière à contourner le plafond salarial.
Par contre, vous avez tort d’inclure le contrat de Rick DiPietro dans cette catégorie.
Oui, c’est un contrat de 15 ans, mais c’est un salaire fixe tout au long du contrat. 15 années à 4,5M$ par année. That’s it. Pas de diminution de salaire dans les dernières années afin de diminuer le “cap hit”.
Oui, le contrat de DiPietro est long et ridicule, mais ce n’est pas un contrat qui tente de contourner les règles du plafond. Ce n’est qu’un mauvais contrat.
stan-tremblay
22 juillet 2010
08h06
Vous en voulez une solution bien simple? Vraiment?
Vous comptabilisez le montant que le joueur gagne à chaque année. Point.
Plus simple que ça tu meurs. Kovalchuk gagne 9,5 millions cette année? Ça compte pour 9,5 millions sur la masse salariale.
Trops simple? Non. Le problème c’est qu’il n’y a aucune façon de contourner une règle si simple.
Comme me disait un prof à l’université: Pourquoi faire simple quand on peut facilement faire compliqué!
ace4kiss
22 juillet 2010
17h18
Moi je pense, que si on veux un bon plafond $alarial vraiment efficace, que les joueurs qui sont repéchés par une équipe, ne soit pas comptabilisé dans le budget de l’équipe !
Seulement, les joueurs autonomes venant des équipes adverses, devraient êtres inclus dans le dit plafond $alariale, d’une équipe acheteuse !
Comme cà, on recrer une certaine appartenance des joueurs vis à vis leurs équipes d’origines et une meilleure stabilité financière !
Et d’exclure les clauses de non échanges et les contrats garanties aux joueurs autonomes !
rilu
10 août 2010
07h12
Pourquoi ridiculiser le contrat de Kovalchuk, Gomez gagne bien $8,000,000.00 par année et il ne vaut pas 5 cents.