François Gagnon

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    Journaliste à La Presse et à LaPresse.ca, François Gagnon est un amateur de hockey depuis toujours qui n'hésite pas à chausser ses patins pour vivre la magie du sport. Chaque jour, il vous propose sa vision du hockey et attend avec impatience vos questions et réactions!
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    Lundi 30 novembre 2009 | Mise en ligne à 11h06 | Commenter Commentaires (24)

    Le français, ça n’a pas de prix…

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    Scott Gomez est riche à ne pas savoir comment s’y prendre pour dépenser sa fortune. Il touchera huit millions cette année.

    Le salaire étant versé selon un calendrier de 193 jours, soit la durée de la saison régulière, il reçoit quotidiennement 41 450,78 $. Aux deux semaines, ça représente des chèques de 621 761,66 $.

    Bon! L’impôt en ramasse une partie, mais il en reste assez pour ne pas être trop préoccupé par les fins de mois ou la fluctuation du prix de l’essence à la pompe.

    Déjà très riche, il le deviendra davantage alors que le Canadien lui versera 25,5 millions au cours des quatre prochaines saisons, Scott Gomez a appris que respecter ses partisans ça n’a pas de prix.

    Même que ça peut rapporter gros!

    En arrivant au Centre Bell samedi, Scott Gomez est allé voir les responsables des communications. Il voulait parler aux partisans. En français.
    Si vous avez vu le match à RDS, vous avez aussi entendu Scott Gomez dire qu’il était remis de sa blessure à l’aine et promettre son retour au jeu, demain, au Centre Bell, contre Toronto.

    Un retour qui fera du bien au Canadien.

    On aime beaucoup Glen Metropolit et Maxim Lapierre, mais une équipe est dans le pétrin lorsque «Metro» est son deuxième centre et que Maxim est le deuxième joueur envoyé en tirs de barrage…

    Bon! On ne se contera pas d’histoires.

    Scott Gomez n’est pas encore aussi «fluent» en français qu’Elvis Gratton. Pas sûr non plus que ce soit le modèle à suivre…

    Et ces quelques mots, il était facile de les apprendre et de les réciter au micro de RDS. Le seul invité pour l’occasion.

    Mais peu importe. En y allant de son petit message en français, Scott Gomez s’est fait des alliés samedi.

    Ça ne veut pas dire que les partisans lui pardonneront encore longtemps le fait de se contenter d’occasions de marquer plutôt que de buts bien comptés.

    Car que ce soit dit en français, en anglais ou en espagnol, deux buts et 11 points en 22 matchs, mon Scott, ce n’est pas assez!
    Mais ça veut dire que les partisans vont le regarder d’un autre œil.

    Nos amis et collègues anglophones n’ont pas compris tout le tapage pour ne pas dire le chaos causé par la transaction qui a envoyé Guillaume Latendresse au Minnesota.

    Ils n’ont pas compris non plus les levées de boucliers provoquées par les départs de Francis Bouillon, Alex Tanguay et des autres francophones boudés par le Canadien l’été dernier comme l’a été François Beauchemin.

    Ils ont associé ces chaos au simple fait français.

    D’abord, le fait français n’est pas simple. Il est important. Très. Et il est surtout normal. Fondamental.

    Mais si, comme est en train de le faire Gomez, qui suit les conseils du grand Larry Robinson qui l’a fait avant lui, les anglos et les allophones du Canadien donnent aux partisans francophones l’occasion de se reconnaître en eux, les «pures laines» ne seront pas élevés au rang de héros au moindre but marqué ou à celui de martyre dès qu’ils seront cloués sur le banc pour une période.

    Guillaume Latendresse, le joueur de hockey, ne méritait pas tout le tapage publicitaire que son départ a suscité.

    C’est vrai.

    Mais le petit gars de la place : oui!

    Parce qu’il n’y en a pas assez au sein de l’équipe.

    Si des vedettes comme Gomez prennent les moyens pour être considérées comme des gars de la place, ou à tout le moins comme des joueurs qui s’intéressent à la réalité de la majorité, ils profiteront du même genre d’appuis.

    Le respect c’est comme le temps de glace : ça ne tombe pas du ciel, on doit le gagner, le mériter.

    Scott Gomez a gagné une première manche samedi.

    C’est bien parti!

    S’il en gagne deux, cinq, 20 autres, et qu’il traîne les Gionta, Cammalleri, Gill et Mara dans son sillon, ce sera encore mieux.
    Il ne manquera alors que les buts, les victoires et la coupe.

    Bon! Pour la coupe, il faudra être patient.

    Les petits gars auront tous le temps de bien apprendre le français d’ici là.

    Ce sera ça de gagné!


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