La nouvelle a été traitée comme les autres grosses nouvelles de la journée. Les vraies. Ou les plus sérieuses. C’est selon.
Mais bon! Jonathan Roy a été cité à procès pour voies de faits simples en marge de l’assaut dont il s’est rendu coupable en se ruant sur le gardien des Saguenéens de Chicoutimi Bobby Nadeau et en le rouant ensuite de coups.
Je sais, je sais. Je devrais écrire au conditionnel.
Mais avec les images qui ont fait le tour du monde 100 fois et que Guy Laliberté va peut-être projeter dans l’espace en guise de volet artistique du plus gros trip d’acide possible, disons que la preuve est incriminante.
Mettons!
Il sera difficile de dire qu’il y a erreur sur la personne ou que le gardien fils du plus grand gardien de l’histoire du hockey s’est simplement livré à un acte de légitime défense…
C’est beau la présomption d’innocence, mais il y a des limites.
Des limites que cette affaire est en train de dépasser. Du moins, il me semble.
Réglons une chose tout de suite. Je trouve que Roy a agi en parfait salaud et en parfait imbécile. Je plaide aussi et depuis longtemps pour le retrait pur et simple des bagarres dans le hockey.
Mais tant qu’elles seront permises, on ouvrira la porte à des histoires comme celle-là.
Roy devrait être puni. Et il le sera.
En fait, il l’est déjà. Car tout ce qui s’est dit et écrit à son sujet est 1000 fois plus sévère que la peine que lui imposera en fin de compte le juge Valmont Beaulieu.
Car aussi brutales fussent les images, on parle de voies de faits simples ici.
Oui ce n’était pas beau.
Mais pas de quoi envoyer Roy à Guantanamo et de l’y laisser croupir avec l’accord tacite des Conservateurs au pouvoir à Ottawa.
Des procès pour voies de fait, il y en a des centaines par année.
Tenez : je me rappelle d’un cas dans l’Outaouais ou deux messieurs d’un âge certain s’étaient déclaré une guerre ouverte. Quelques coups avaient été échangés il me semble, mais parce que l’un des soldats avait dit à l’autre qu’il lui ferait manger les pissenlits jonchant son terrain par les racines, on avait retenu des accusations de menaces de mort à son endroit.
Accusations que le juge avait coupées comme on coupe le pissenlit avec une tondeuse.
Je ne dis pas que Valmont Beaulieu devait accepter la requête de Steve Magnan, l’avocat de Jonathan Roy dans cette affaire pour le vice de procédure allégué.
Je ne dis pas non plus qu’il devrait l’acquitter.
Loin de là. Car il est clair qu’il est coupable.
Mais il serait peut-être temps qu’on le condamne à 100 piastres d’amende ou d’aller faire quelques entrées l’hiver prochain chez des personnes âgées en guise de travaux communautaires.
Roy pourrait en profiter pour pousser quelques petites tounes.
Sauf que là il s’exposerait à des accusations vraiment sévères de troubler la paix publique et risquerait un exil loin, très loin d’ici…
Ce que Roy a fait était laid. Défilez ensuite la liste des qualificatifs haineux que vous voulez.
Mais c’était aussi banal.
Non! On ne doit pas accepter ce genre de comportement. Mais si on ne veut plus voir ça sur les patinoires, qu’on abolisse les bagarres purement et simplement.
Et je ne suis pas sûr que le bon peuple est pour ça.
Car quand on parle plus de George Laraque que d’Alex Tanguay pendant une saison et l’été qui l’a précédée et quand on se lève d’un trait au moindre signe de bagarre – je n’ai jamais vu personne tourner le dos à la patinoire au Centre Bell lorsqu’il y a combat – il est difficile de réclamer le peloton d’exécution pour des voies de faits simples.
Il me semble…
Surtout que ce qui est arrivé entre Roy et Nadeau, aussi inutile et disgracieux c’était, ne représente pas la réalité du hockey junior ou de la LNH d’aujourd’hui.
Il y a eu cet incident.
La Ligue a pris des moyens pour éviter que cela se reproduise.
Mais dans le bon vieux temps, c’était comme ça à tous les soirs dans les arénas du Québec. Et quand Sorel passait par le Palais des Sports à Sherbrooke, la croix au sommet du mont Bellevue dansait de plaisir.
C’était moins drôle dans les autobus qui filaient vers le Colisée de Québec et Val James…
Et que dire du hockey sénior qui a vendu le hockey à grands coups de coups de poing sur la gueule.
C’était les Dragons de Verdun, je crois, qui faisaient leur campagne de pub comme suit : la rondelle tombe à 20 h les gants à 20 h 01…
Et je crois qu’ils voulaient parler des secondes, pas des minutes…
Vous voyez le genre!
Me semble qu’on a perdu assez de temps avec cette affaire.
Mais bon, je ne vous demande pas d’être d’accord.
Si le juge au dossier est le même Valmont Beaulieu que j’ai connu alors que j’étais jeune journaliste à Hull – aux faits divers et aux actualités judiciaires – et qu’il était le doyen des procureurs de la couronne du district, je peux vous assurer que le dossier sera bien jugé.
Je veux dire qu’il sera traité avec tout le sérieux et la compétence que cela requiert. Car dans le temps, Valmont Beaulieu ne tournait pas les coins ronds. Tout le contraire. Des années ont passé, mais je serais surpris, vraiment surpris, qu’il soit devenu brouillon.
Et vous savez quoi?
À moins que ma mémoire soit plus affectée par l’Alzheimer que je ne le crois, il me semble bien que Steve Magnan, ancien défenseur de Patrick Roy au hockey junior à Granby, a appris à nager dans ses premiers dossiers de procureurs de la couronne avec Valmont Beaulieu comme guide…
Le monde est petit quand même…
Entre les lignes…
- Les Américains protestent sur plusieurs fronts parce que Barack Obama profite de la rentrée scolaire pour aller encourager les enfants à rester sur les bancs d’école plutôt que sur ceux des parcs où ils n’apprendront qu’à composer avec le trouble. Mais je n’ai pas lu la moindre réserve en marge de la démarche similaire effectuée par Michael Vicks qui a passé les derniers mois dans une prison fédérale pour avoir lynché on ne sait trop combien de chiens dans le cadre de combats bestiaux et illégaux qu’il organisait à son domicile…
- Parlant de combat bestial, j’ai vécu l’enfer mardi matin sur l’autoroute 640 direction ouest dans le coin de Terrebonne. Encore secoué par mon affreuse performance de lundi, j’avais la tête à l’envers derrière le volant. Mais pas assez pour apercevoir une maman chevreuil qui a eu la bien mauvaise idée de migrer vers le nord en pleine heure de pointe. Trop occupé à l’éviter, je n’ai pas eu le temps de voir le bébé qui la suivait. Il y a eu impact. Je vous passe les détails. J’espère que la bête n’a pas souffert. Mais je peux vous dire que j’ai été à l’envers pendant une partie de la journée. Je n’ai pas même été capable de conter l’histoire aux enfants ne sachant pas trop par où commencer et surtout comment ils allaient me traiter. Une mouffette je veux bien. Quoi que l’odeur s’accroche pour un bout de temps. Je ne crois pas que je perdrais du sommeil pour une marmotte non plus. Mais un chien, un chat et voilà tu pas un faon, je me suis traité d’assassin quelques minutes…
- Quand les choses vont mal…
- En passant, après Maryse, les enfants et les nombreux amis membres qui m’ont consolé après ma défaite amère de lundi, mon boss m’a rappelé hier que le golf n’était qu’un jeu et qu’il était peut-être temps que je pense à rappliquer au bureau. Il a raison pour le jeu. Pour la job, ça s’en vient. En fin de semaine…
- Les conseils du boss étaient meilleurs et surtout plus sains que celui de mon chum Richard qui m’a conseillé d’aller noyer ma peine. Et je ne crois pas qu’il me conseillait de plonger dans le lac à la droite du vert du 18e trou. J’ai fait mieux que ça. J’ai défié le parcours qui m’a scié les jambes lundi et je lui ai mis un 75 sur le menton. Je pensais lui faire mal, mais le terrain a juste ri de moi un peu plus. Je jugerais qu’il me disait que je venais de faire la preuve par 100 que j’avais «choké big time» en fin de semaine. Je n’avais pas besoin de personne pour me le dire. Encore moins pour me le rappeler…
- Jacques Martin assure qu’il y a des places disponibles. Vous ne pensiez quand même pas qu’il allait dire que les portes du vestiaires étaient déjà closes…
- On reconnecte plus tard…

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