François Gagnon

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    Journaliste à La Presse et à LaPresse.ca, François Gagnon est un amateur de hockey depuis toujours qui n'hésite pas à chausser ses patins pour vivre la magie du sport. Chaque jour, il vous propose sa vision du hockey et attend avec impatience vos questions et réactions!
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    Jeudi 27 août 2009 | Mise en ligne à 19h23 | Commenter Commentaires (176)

    Monsieur le Sénateur!

    jacques-demers-photo.jpg

    C’est Alain «Le Baron» Chantelois qui, le premier, m’a appris que Jacques Demers venait d’hériter du titre de Sénateurs.

    Il venait de compléter sa ronde au Mirage.

    Normalement, Le Baron commence ses conversations en parlant du match qu’il vient de jouer, des coups qu’il a réussis et de ceux qui l’ont privé d’une normale… ou deux.

    Il fallait donc que la nouvelle soit grosse en «ta» pour qu’elle vole la vedette à son score.

    Et elle l’est! Jacques Demers : Sénateur.

    Et on ne parle pas ici des Sénateurs d’Ottawa. En fait oui, mais pas du club que j’aime bien et que Dany Heatley voudrait quitter.

    On parle des Sénateurs.

    Des vrais!

    J’ai d’abord pensé à une blague. Car en fait de Sénateur, il me semble que l’ancien boss de Demers, Serge Savard dont le surnom était justement Sénateur, aurait représenté un meilleur choix.

    Savard a une feuille de route bien remplie, très bien. Il est indépendant de fortune. Il a longtemps versé dans la Politique et il est du bon bord puisqu’il a toujours été associé aux Bleus qui gouvernent en ce moment à Ottawa.

    La sélection de Serge Savard ne m’aurait pas surpris.

    Beaucoup moins en tout cas que celle de M. Demers. De Monsieur le Sénateur comme on devra l’appeler dorénavant.

    Sauf qu’en y pensant bien, la sélection de Jacques représente un très beau vote de confiance à l’endroit des gens ordinaires.

    Et je dis ça en insistant sur ce que le mot d’ordinaire a de plus beau, de plus noble.

    Jacques est un gars du peuple.

    Si vous avez lu sa biographie écrite avec brio par mon collègue Mario Leclerc – actuellement en lock-out comme ses collègues du Journal de Montréal – vous savez que Jacques n’a jamais vraiment su lire.

    Ça ne l’a jamais empêché de filer vers les plus hauts sommets dans la vie. Parce qu’il ne savait pas lire les mots alignés sur les feuilles qu’on lui tendait, il savait lire entre les lignes.

    Il a toujours su comprendre ce qui se passait et louvoyer entre les chapitres en s’assurant d’éviter les récifs.

    C’est un monsieur on ne peut plus positif.

    Des fois trop. Je pense que lorsqu’il doit dire du mal d’une personne, ça lui fait mal jusqu’à la moelle. Et il s’empresse souvent de défiler des dizaines de qualités pour se faire pardonner un jugement un brin sévère.

    C’est pour ça que le monde l’aime.

    Car les gens l’aiment.

    Et il aime les gens.

    Que fera-t-il comme sénateurs?

    Il s’entourera de gens compétents pour l’aider à garder le cap. Mais il mettra lui même le cap.

    Et j’ai hâte de voir s’il arrivera à garder son franc-parler et surtout à maintenir ses opinions afin, si possible, de rapprocher le Gouvernement qui vient de le nommer et qui a tendance à être trop loin du peuple qu’il devrait représenter, des gens ordinaires et de leurs préoccupations.

    Jacques Demers n’est pas un politicien. Pas un vrai en-tout-cas. Ce n’est pas un économiste non plus. Et ce n’est pas non plus un grand joueur de golf.

    Mais c’est un homme droit, travaillant et fier.

    Des qualités qui devraient lui permettre de faire sa marque dans ses nouvelles fonctions.

    Et quand il se fâche – ça lui arrive – il brasse la cage de ceux qui ne sont pas d’accord avec lui.

    Ça risque donc de brasser dans le grand salon des Sénateurs, où, il est vrai, ça devrait brasser un peu plus de temps en temps.

    Ça ne fera pas de tort.

    Jacques, Monsieur le Sénateur, on vous aura à l’œil maintenant.

    Attention de ne pas tomber dans la ouate du Sénat et dans l’immobilisme de certains de vos nouveaux collègues. On vous le remettrait sur le nez.

    Mais c’est drôle, je suis convaincu que Jacques évitera ce piège afin de nous surprendre tous. Comme il a su faire faux bond au fait qu’il ne savait pas lire et qu’il nous a tous pris par surprise en nous dévoilant cette nouvelle.

    La lutte contre l’analphabétisme et pour une jeunesse plus active et en meilleure forme.

    Voilà deux beaux mandats auxquels le nouveau Sénateurs pourrait s’attaquer.

    Bonne chance Jacques!


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