
Perry Pearn — c’est celui à la gauche sur la photo, l’autre étant l’ancien entraîneur-chef des Rangers Tom Renney — et Pierre Groulx compléteront le trio d’adjoints de Jacques Martin la saison prochaine avec Kirk Muller qui a été le seul de l’ère Guy Carbonneau à conserver son poste.
Je sais, je sais. Il n’y a pas d’ancien défenseur de la LNH au sein de ce groupe. Pas de Larry Robinson, d’Éric Desjardins ou de Rod Langway.
Je sais aussi que vous êtes pas mal tannés de voir débarquer des anciens des Sénateurs d’Ottawa pour venir relancer votre équipe.
C’est dur pour l’égo hein?
Mais avec Perry Pearn, le Canadien fait un bon coup.
D’accord! Je suis peut-être un peu biaisé en raison du fait que j’ai connu Pearn à Ottawa, que je l’ai vu à l’œuvre et que j’ai été à même de constater à quel point il est bon, qu’il connaisse bien le hockey et qu’il arrive à transmettre ses connaissances aux plus jeunes.
Jacques Martin le sait mieux que n’importe qui, puisque ces deux gars ont été complices à Ottawa et que de leurs efforts – et un repêchage de premier plan – ont permis de bâtir un club gagnant et presque champion dans la capitale nationale.
C’est pour cette raison qu’il a fait signe à son copain qui était sans travail depuis le grand ménage effectué à New York. Ménage qui a emporté Tom Renney et Pearn l’hiver dernier.
Renney s’est vite trouvé du travail comme associé à Edmonton.
Ce n’était qu’une question de temps avant que Pearn ne se trouve un emploi.
Et dans les coulisses du hockey, il était clair depuis un bon moment qu’il débarquerait à Montréal.
Je viens de lui parler.
Il était dans l’Ouest du pays — il mariait sa fille à Banff en fin de semaine — et fait le voyage vers Montréal en ce moment afin de rejoindre sa nouvelle équipe à Brossard, mardi, dans le cadre du camp des recrues.
«Je suis heureux de me retrouver à Montréal avec une toute nouvelle équipe et un beau défi sur les bras», a indiqué le nouvel adjoint de Jacques Martin.
Comment il est?
Un gars calme qui aime parler de hockey. Un gars qui sait être dur lors des entraînements lorsque les petits gars sont turbulents ou qu’ils mettent du temps à comprendre. Trop de temps.
Pearn – dont voici la feuille de route – s’occupait des défenseurs à Ottawa. Il s’occupait aussi de l’attaque à cinq et par moment, il s’assurerait de s’opposer à certaines décisions de son patron histoire de le faire changer d’idée ou de renforcer ses positions après des échanges et des discussions entre les deux hommes de hockey. Et c’est parfois ce qu’il faut pour faire avancer le bateau.
Comme vous êtes plusieurs à douter de moi – ça ne m’affecte pas du tout en passant, ou moins qu’avant disons – je vous invite à retracer les commentaires de joueurs qui ont évolué sous les ordres de Pearn.
Peu importe le niveau.
Ils vous défileront des tas de qualités.
Sans doute quelques défauts aussi. Mais mettons que c’est assez normal. Scotty Bowman n’avait pas que des amis…
J’espère que mon collègue Joël Bouchard ne m’en voudra pas de le citer sans lui avoir demandé la permission avant, mais il m’a défilé des tas de qualités de Perry Pearn qui l’a dirigé avec Équipe Canada junior.
Il m’a plusieurs fois parlé en bien de sa vision du hockey et de toutes les facettes de son travail de coach. À commencer par son enseignement. Et avec le Canadien qui se profile pour la saison prochaine, il y aura beaucoup d’enseignement à faire.

D’autres joueurs m’ont tenu des propos semblables.
Si je fais la somme de ces commentaires intéressés et que j’ajoute mes constatations à titre d’observateur intéressé, mais neutre, je vous avance sans retenue que le Canadien a fait une excellente embauche.
On lui reprochera peut-être d’être anglophone et on reprochera peut-être à Martin de ne pas s’être trouvé un adjoint francophone pour compléter le groupe.
Je veux bien.
Mais les qualités de Pearn compensent largement le problème de la langue.
C’est du moins mon avis.
Avec lequel vous n’avez pas à être d’accord. Bien sûr…
Quant à Pierre Groulx, je ne le connais pas et je n’ai jamais eu de discussions avec des gardiens qui se sont retrouvés sous ses ordres.
Je le découvrirai donc en même temps que vous.
Je sais que les Marcoux, Lefebvre et autres candidats potentiels représentaient des choix intéressants pour Martin et Carey Price qui demeure un joyau à polir dans le camp du Canadien.
Je sais aussi qu’en dépit de ses ennuis avec son jeune protégé et son patron Bob Gainey, Roland Melanson était, et demeure, un excellent entraineur des gardiens.
Peut-être était-il trop exigeant pour son jeune Price qui n’est pas le plus vaillant de l’équipe et qui ne devait pas trouver bien drôle d’avoir à suer sang et eau devant son but alors que ses chums ne pratiquaient que légèrement et une fois de temps en temps?
Le temps nous le dira.
Mais on va donner le temps à Groulx de débarquer et de prendre son jeune gardien en mains afin de voir s’il saura le relancer ou si Price stagnera comme il l’a fait l’an dernier.
Remarquez que pour se relancer, Price devra commencer par mettre du sérieux dans son travail et dans sa vie personnelle. Et ça, ce n’est pas son entraineur des gardiens ou son entraineur-chef qui en décidera.
Alors je vais donner du temps à Groulx de dévoiler ses forces et ses faiblesses. Et je me ferai une idée sur le tas. Idée que je partagerai bien sûr avec vous aussitôt qu’elle sera arrêtée.
Idée avec laquelle vous n’aurez pas à être en accord, bien évidemment…
Mais si Jacques Martin a décidé de le sortir de la Floride et de lui offrir le poste, ça doit être parce que Pierre Groulx a les qualités nécessaires pour faire le job.
Je connais assez Jacques Martin pour vous assurer qu’il n’a pas laissé au hasard ses deux dernières embauches. Comme sa première d’ailleurs.
En fait, Jacques Martin ne laisse jamais rien au hasard.
Vous allez vous en rendre compte dès le début du camp d’entraînement. Même avant, lors du camp des recrues…
Entre les lignes
Beaucoup de réactions sur le prochain capitaine. Je vous que, comme moi, vous êtes plusieurs à vous rabattre sur Markov et que plusieurs le font par défaut…
Il y a bien sûr des exceptions, mais il suffit que je dise blanc pour qu’une poignée d’entre vous dise noir. C’est la beauté du blogue…
Comme ça Koivu serait le grand responsable du congédiement de Guy Carbonneau. Et vous me demandez ce que j’en pense. D’abord, celui qui a dit ça ne sait pas de quoi il parle. Je ne vous dis pas que Koivu a tout fait pour sauver Carbo. Non! Même qu’il n’a certainement pas lancé de bouée de sauvetage. Mais Koivu n’a pas été le vétéran le plus actif dans cette démarche qui est venue de plusieurs. Le malaise était profond. Le mal était généralisé et les coups sont venus de plusieurs fronts. Et il y a même au moins un gars qui est encore là qui a pesé très lourd dans la balance. Il pesait et pèse encore bien plus que Koivu et a fait bien plus de torts à l’ancien coach que l’ancien capitaine…
Parlant de Koivu, il y a des questions sur la durée de son règne et sur le fait qu’il ait été aussi long, ou non, que celui de Jean Béliveau. La réponse varie selon que vous calculiez les années ou les saisons. Pourquoi? À cause du lock-out de 2004-2005. Le Gros Bill a été capitaine de la saison 1961-1962 à 1970-1971. Ça donne 10 saisons et 10 ans. Koivu était capitaine du Canadien depuis la saison 1999-2000. Ça donne dix ans, mais neuf saisons en raison de celle perdue au lock-out. Il a donc égalé le Grand Jean en fait de durée de règne au chapitre des années, mais non en ce qui a trait aux saisons…
On reconnecte plus tard.

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