
Le Canadien vient de se renflouer au centre en mettant la main sur l’Américain Scott Gomez.
Ce n’est pas Vincent Lecavalier, mais bon…
Gomez a été obtenu des Rangers de New York dans le cadre d’une transaction qui chasse Christopher Higgins de Montréal.
Le nom du premier choix du Tricolore au repêchage de 2002 était mêlé à toutes les rumeurs de transactions importantes impliquant le Canadien depuis deux ans.
Cette fois c’est vrai.
Mais Higgins n’est pas le seul à quitter.
Pour obtenir les services de Scott Gomez, de Tom Pyatt (un centre qui évoluait dans la Ligue américaine à Hartford) et Michael Busto (un défenseur de la Ligue de la côte Est), le Canadien donne aussi aux Rangers son premier choix de 2007, Ryan McDonagh, Pavel Valentenko, retourné en Russie l’an dernier, et Doug Janik obtenu des Stars de Dallas dans la transaction qui a envoyé Steve Bégin aux Stars.
La nouvelle vient d’être confirmée par le Canadien, une demi-heure après que le collègue analyste Pierre McGuire l’eut annoncée sur les ondes de la station de radio Team 990.
Scott Gomez a marqué 16 buts et récolté 58 points en 77 matchs l’an dernier.
Une production sans éclat pour ce joueur de centre qui revendique 148 buts et 430 points en 578 matchs de saison régulière au New Jersey et à New York.
En 114 matchs de séries, Gomez a récolté 81.
S’il ne fait pas l’ombre d’un doute qu’il devienne du coup le centre numéro un du Tricolore, c’est embauche a un coût. Et il est énorme.
Non! Je ne parle pas ici du départ de Higgins qui était prévisible compte tenu de sa baisse de régime sur la patinoire et du fait qu’il était, avec les frères Kostitsyn, au centre de la majorité des activités nocturnes reprochées aux joueurs du Tricolore.
Quel est donc le coût alors?
Le salaire que le Canadien devra verser à Gomez. Il est énorme.
Après avoir touché 18 millions des Rangers lors des deux dernières années, Gomez recevra 8 millions $ pour chacune des deux prochaines saisons et des salaires de 7,5, 5,5 et 4,5 millions pour les trois suivantes.
C’est beaucoup d’argent.
Surtout que c’est une moyenne de 7,357 millions $ qui sera imposée au Canadien chaque année dans le calcul du contrôle de la masse salariale.
Si Gomez joue à la hauteur de son talent, ce prix vaudra la peine d’être payé. Sinon…
Les réactions que j’entends sur les tribunes sont majoritairement négatives. Voire très négatives.
Et c’est normal, car le Canadien donne beaucoup.
Higgins ne sera jamais un candidat aux trophées Hart ou Art Ross et il n’aura jamais sa place au Temple de la renonnée du hockey. Mais Gomez a connu une seule saison de plus de 70 points. Sa saison de 33 buts et 84 points qui lui a valu de toucher le gros lot avec les Rangers de New York.

En plus de cette somme colossale, le Canadien perd l’un de ses beaux espoirs à la ligne bleue.
Oui, il lui reste toutefois P.K. Subban, Yannick Weber et le Gatinois Mathieu Carle.
Mais on aurait pu conserver celui qui devait être le plus bel espoir et passer David Fischer dont le développement semble stagner un brin.
Vous me direz que les Rangers ne sont pas des caves. Peut-être bien. Mais le Canadien vient de tellement lui rendre service en acceptant de les soulager d’une telle portion de leur masse salariale, que je me dis que Glen Sather aurait pu se montrer un peu moins gourmand, ou un peu plus généreux.
À moins qu’il ait senti être en mesure d’en passer une vite à son excellence Bob Gainey.
Il ne serait pas le premier.
Mais pour le bien du Canadien, il faudrait qu’il soit le dernier. Pour les prochaines heures en tout cas…
Mais plus j’y pense et que j’y repense, l’idée de pouvoir compter sur Gomez à Montréal n’est pas bête. Mais à un prix pareil, c’est très difficile de considérer que les Rangers ne sortent pas grands gagnants de cette transaction.
Il restera à voir avec quelles autres embauches ou transactions le Canadien complétera son magasinage du premier juillet.
Mais pour le moment, il a payé un objet de luxe bien trop cher pour qu’on lui tape dans le dos au lieu de lui taper, un peu, sur le tête.
Peut-être que dans six mois, on lui tapera plus fort sur le coco…
Mais bon! Scott Gomez a remporté la coupe Stanley à deux reprises avec les Devils du New Jersey en 2000 et en 2003. Il a aussi soulevé le trophée Calder à titre de recrue de l’année lors de la saison 1999-2000, alors qu’il avait baptisé sa carrière avec 19 buts et 70 points.
Que fera-t-il à Montréal?
le bon Dieu le sait et le Diable s’en doute.

Exit Koivu?
L’arrivée de Gomez signifie-t-elle la fin du règne de Saku Koivu à Montréal?
La question vaut la peine d’être posée.
On ne peut présumer des intentions de Koivu et surtout de l’ensemble des autres équipes de la LNH.
Mais si Koivu tient à rester à Montréal afin d’y devenir le capitaine comptant le plus long règne de l’histoire du Tricolore, il devra se montrer moins gourmand.
Remarquez qu’en retombant dans un rôle de second, un rôle qui lui irait beaucoup mieux, Koivu serait en mesure de se faire justice un peu mieux.
Et en tant que troisième centre, Tomas Plekanec serait mieux campé.
On verra ce que les prochaines heures réserveront.
Dans le cas de Mike Komisarek, il a indiqué aujourd’hui avoir l’intention de tester le marché des joueurs autonomes, sans pour autant avoir l’intention de tourner le dos à Montréal.
Mais aussi bien dire qu’il est parti…
Cela dit, il faudra rayer le nom de Johnny Oduya de la liste des solutions de rechange que je vous avais brossée ce matin.
Oduya s’est entendu plus tôt aujourd’hui avec les Devils du New Jersey…
On reconnecte plus tard.

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