
Les joueurs des Penguins remercient leurs pères, mères, cousins, anciens coéquipiers, mentors dans le hockey mineur et pilotes de Zamboni depuis qu’ils ont remporté la coupe Stanley.
C’est normal.
La liste n’est pas aussi longue que celle que défile Isabelle Boulay lorsqu’elle remporte un Félix, mais pas loin…
Sauf qu’à cette liste, il manque un nom. Du moins, je ne l’ai pas entendu ce nom : celui de Michel Therrien.
Congédié au cours de la saison, Michel Therrien broie du noir. Un peu. Il a assisté à la victoire des Penguins devant le téléviseur, à Rosemère sur la Rive-Nord de Montréal.
Il a fermé la télé avant de voir ses anciens joueurs se sauter dans les bras, Sidney Crosby soulever la coupe et surtout son remplaçant, Dan Bylsma, la brandir à son tour un peu plus tard.
Frustré, Therrien?
Sans doute un peu, et ce serait normal. Il a quand même mené cette équipe à deux victoires de la coupe l’an dernier. Et dans sa tête, il aurait pu aller chercher ces deux gains qui manquaient si on lui en avait donné l’occasion, au lieu de le sacrifier alors que les nombreux blessés revenaient un à un dans l’igloo.
Michel Therrien est surtout amer.
Il est heureux pour les joueurs. Heureux pour Crosby, pour Talbot, Fleury, Staal, Malkin et tous ces joueurs qu’il louangeait, on et off the record, lorsqu’il était coach des Penguins.
Mais pour l’équipe… c’est autre chose.
Pourquoi? Parce qu’il n’a pas pu compléter ce qu’il avait commencé. Et quand on regarde la progression des Penguins sous sa gouverne, on doit conclure que Therrien a certainement réalisé des bons coups. Et plus que deux ou trois…
Il a montré des choses à ces jeunes joueurs. Des choses qui ont contribué à la troisième coupe de l’histoire des Penguins. Des choses pour lesquelles Therrien ne reçoit pas le crédit.
Ou si peu…
Et parce que les Penguins ont remporté la coupe Stanley, Therrien ne peut imiter Guy Carbonneau et se consoler avec les résultats de son équipe.
Le Canadien n’a pas été meilleur après le départ de Carbo qu’avant son congédiement. Il peut donc garder la tête haute et surtout profiter de l’appui populaire.
Un appui qui fait défaut dans le cas de Therrien à cause du triomphe des Penguins. Le gars serait bien mal venu de prétendre qu’un club qui a remporté la coupe Stanley a pris une bien mauvaise décision en le congédiant…
Therrien a broyé du noir tout du long des séries.
Comme analyste invité à RDS, il a même dû commenter des matchs de son ancienne équipe. Un supplice.
Il disait les bonnes choses, mais qui le connaît le moindrement savait que les vrais mots, des mots crus, étaient gardés bien creux dans sa gorge.
Une gorge à l’intérieur de laquelle la langue tournoie cent fois plutôt qu’une afin de ne pas s’emballer.
On le comprend très bien.
Sur les plages de la République dominicaine où il s’est rendu avec sa fille et son fils dès samedi, Michel Therrien fait le vide en ce moment. Espérons qu’il n’est pas trop apostrophé par des Québécois en vacances qui lui posent mille et une questions sur les Penguins.
Mais il se prépare à repartir en grande dès son retour.
Non! Il n’a pas d’offre de contrat en poche. Du moins pas encore. Mais des informations dignes de foi indiquent qu’au moins une équipe lui a fait signe, histoire de sonder le terrain.
Laquelle?
Il ne reste plus que Calgary et New Jersey. Tirez donc à pile ou face.
Mais je vous tiens au courant.
On reconnecte plus tard.

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