
Excusez mon silence des derniers jours. Le Canadien est tombé, on l’a enterré et c’est faux que la vie s’est arrêtée avec sa chute.
Complètement faux!
Surtout que depuis que le Tricolore est tombé, deux équipes que j’avais choisies pour passer en deuxième ronde, San Jose et Calgary, sont tombées.
Deux autres, New Jersey et New York, pourraient les suivre dès ce soir…
Mais dans la foulée de l’élimination du Canadien, au moins je l’avais prédit, et des autres activités de la LNH, une nouvelle m’a scié les jambes.
Celle entourant les conclusions du Collège des médecins qui révèlent le niveau de responsabilité de deux des leurs dans le décès de Paul Buisson.
Je viens de déposer mon texte offert en guise de conclusion à la saison du Canadien. Il a été publié samedi dans La Presse.
Si vous l’avez lu, je m’excuse. Mais pour ceux qui n’ont pas la version papier entre les mains, je vous propose mon petit jeu alors que je me suis placé dans la peau de Bob Gainey.
Je vous averti tout de suite, il y a des fans qui n’ont pas apprécié…
Mais en même temps, je tiens à vous parler de Paulo. Parce qu’on ne peut pas oublier Paulo et qu’on ne peut passer sous silence la façon dont il nous a quittés.
En fait, je dirais de façon bien égoïste: la façon dont on nous l’a volé.
Je voulais en parler avant.
Mais j’ai bien fait de ne pas le faire. J’ai laissé passer la rage qui m’aurait fait écrire des choses sans doute déplacées.
Les médecins sont appelés à sauver des vies.
Steeve Simard et Bruno Blais, les deux médecins visés dans cette poursuite et les autres qui sont en cours, ont sans doute sauvé des vies. Ils en sauveront peut-être d’autres…
Mais ils ont échappé celle de Paulo.
Et ça, c’est renversant.
Renversant de voir comment ils ont pu afficher autant nonchalance dans le traitement de notre ami à tous.
C’est tout ce que je vais dire sur eux.
Mais il ne faut pas oublier Paulo. Il ne faut pas oublier que n’eut été de l’incompétence de ces deux médecins peut-être épuisés, peut-être noyés dans des cas difficiles, Paulo aurait assisté aux séries.
À Boston, avant la veille du premier match, je suis allé souper dans un petit restaurant italien du North Side. Ça s’appelle G’Vanni’s. Si vous passez par Boston, je vous le conseille.
L’entrée de prosciutto et Mozza est extraordinaire et le veau est divin…
Anyway!
J’étais avec Luc Gélinas, le meilleur ami de Paul – en fait ils sont jumeaux cosmiques je crois – et Raphaël un jeune cameraman qui a suivi le sentier défriché par Paulo.
On mangeait, on riait, on s’amusait en se racontant toutes sortes d’histoires. Assis tout au fond du petit restaurant, près de la cuisine, du proprio et des serveuses qui avaient hâte de rentrer à la maison, je ne pouvais m’empêcher de penser au visage du proprio si Paulo avait été là à enfiler deux ou trois entrées, deux assiettes de pâte et peut-être une autre de veau…
Paulo faisait dans la démesure.
Il ne faisait pas assez attention à lui. C’est vrai. Mais au moins, les conclusions du Collège des médecins permettent de mettre un point final à bien des spéculations : Non, il n’est pas mort parce qu’il était obèse. Il n’est pas mort parce qu’il mangeait trop. Il est mort parce que deux médecins qui ont choisi de sauver des vies ont échappé la sienne.
Et s’il est vrai qu’ils l’ont échappée par négligence, par nonchalance, par incompétence, peut-on se permettre de leur donner la chance d’en échapper d’autres?
Je n’ai pas la compétence et surtout le détachement nécessaire pour répondre à cette question.
Mais j’espère qu’on aura une réponse un jour. Bientôt, pour que Suzanne et les très proches de Paul puissent compléter leur deuil.
En passant Paulo, j’ai parlé à Suzanne la semaine dernière. Je veux juste te dire qu’elle est encore aussi forte qu’avant. Elle est à ton image.

L'utilisation de Facebook sert uniquement à simplifier votre inscription. 









