
J’ai l’impression que les joueurs du Canadien sont moins fidèles que vous ne l’êtes sur Sans ligne rouge.
Pourquoi?
Parce que je les avais pourtant avisés de faire attention aux Sharks et au fait qu’ils sont vites sur la gâchette.
Non! Je ne tente pas de vous faire croire que Sans ligne rouge fait partie intégrante du plan de match du Canadien. Ce serait très prétentieux. Trop pour moi.
Je laisse ça à mon collègue et ami Réjean Tremblay…
Mais je peux vous assurer que sur le tableau dans le vestiaire du Canadien, Guy Carbonneau avait avisé ses joueurs de faire attention au nombre de tirs accordés.
Ils ne l’ont pas écouté.
Que non!
Car pour une 18e fois cette saison, les Sharks ont obtenu plus de 40 tirs dans une rencontre. De fait, c’était la 9e fois que les Sharks obtenaient plus de 45 tirs. Pis encore, ils ont trouvé le moyen d’ajouter une 8e période de 20 tirs ou plus.
Vous voyez le genre…
Mais en dépit de tous ces tirs, le Canadien a gagné.
Il a remporté une victoire importante, contre la meilleure équipe de la LNH de surcroît, une victoire de 3-2.
Bon! Je ne suis pas encore convaincu que ce soit le Canadien qui ait gagné, mais bien son gardien Jaroslav Halak.
Mais les points vont à la fiche de l’équipe.
Sauf que le crédit, tout le crédit ou presque, doit aller au gardien slovaque qui a été sensationnel hier.
Un collègue célèbre pour ses commentaires à l’endroit des gardiens répétait ad nauseam qu’ils sont payés pour faire des arrêts.
Je veux bien.
Mais au rythme où il les réalise, Jaroslav Halak devrait réclamer d’être payé selon le nombre d’arrêts qu’il effectue. Il pourrait ainsi gonfler son compte en banque au même rythme que sa moyenne d’efficacité.
Halak a réalisé 46 arrêts hier pour voler les Sharks de San Jose d’une victoire facile et ainsi donner deux précieux points au Canadien.
Victoire facile des Sharks?
Je veux bien que vous soyez partisans, cela vous honore, mais aux 48 tirs cadrés sur le filet de Jaroslav Halak on doit en ajouter 24 qui ont été bloqués par le Tricolore et 19 qui ont raté la cible.
Ça fait combien tout ça? Si je ne me trompe pas. Ça donne 91.
J’espère qu’avec un tel total, personne n’osera prétendre que le Canadien n’a pas été dominé et que Jaroslav Halak n’a pas volé le match.
Car si on fait la somme de tirs cadrés, bloqués et ratés décochés par le Canadien on arrive à 37.
Je ne suis pas sûr parce que je ne suis pas meilleur en math qu’en Français, mais je crois que c’est beaucoup moins que la moitié…
Et si mes prétentions vous laissent froid, lisez ce que Joe Thornton avait à dire après le match:
«Nous sommes meilleurs qu’eux, nous avons mieux joué qu’eux. En fait, pendant 40 minutes, je crois qu’ils ne savaient pas vraiment ce qui leur arrivait. C’est leur gardien qui a fait la différence», a lancé le capitaine des Sharks.
Revenons à Halak
C’était la quatrième victoire consécutive du gardien slovaque.
Au cours de cette séquence, il n’a accordé que huit buts sur 167 tirs. Des performances qui se traduisent par une moyenne de 1,98 but accordé par rencontre, mais surtout par un taux d’efficacité de 95,2 %.
Des statistiques qui pourraient lui valoir une place au sein des trois étoiles de la semaine dans la LNH.
De fait, si on ajoute sa victoire au Colorado le 13 février, Halak n’a accordé que 10 buts sur 215 tirs lors de ses cinq derniers gains.
À ses 12 derniers matchs, le Canadien a accordé un total astronomique de 412 tirs pour une moyenne de 34 et des poussières par partie.
«Je suis prêt à faire face à ce genre d’opposition tant que nous remportons des victoires. On vient de battre la meilleure équipe de la Ligue nationale. C’est une très belle sensation», a lancé la première étoile de la soirée.
«Je vois très bien la rondelle et mon niveau de confiance est élevé», a indiqué Halak qui ne semble pas prêt à redonner le poste de numéro un à Carey Price.
«Il n’y a que les victoires qui comptent», a-t-il répondu en guise d’esquive.
Solide du début à la fin
Jaroslav Halak est le seul joueur du Canadien à avoir amorcé la rencontre en même temps que les Sharks qui auraient pu sortir le Tricolore du match dès les 10 premières minutes de jeu.
Halak les en a empêchés.
Au lieu de se retrouver avec un recul à combler, le Canadien a ainsi pu profiter de sa première attaque massive pour prendre les devants.
Andrei Markov a marqué sur un puissant tir de la pointe.
Moins de trois minutes plus tard, Matt D’Agostini a fait preuve d’un contrôle magistral de la rondelle refilant une passe parfaite dans l’enclave vers Josh Gorges en dépit du fait qu’il était allongé derrière le but de Brian Boucher.
Et en fin de première, Saku Koivu, à qui Andrei Markov a refilé une passe qui a mystifié la défensive des Sharks, a marqué son 11e de la saison.
C’était 3-0 Montréal.
Une fois en avant, le Canadien a cessé de jouer. À moins que ce ne soient les Sharks qui aient redoublé d’ardeur.
Quoi qu’il en soit, San Jose a obtenu 14 tirs en deuxième contre quatre seulement pour le Canadien.
Joe Pavelski, pendant une pénalité décernée à Mike Komisarek, et Joe Thornton ont marqué coup sur coup avant la 2e minute de jeu.
Thornton a ensuite bien failli niveler les chances avec un tir qui a frappé le poteau.
En troisième, la domination s’est poursuivie. Les Sharks ont obtenu 20 tirs contre seulement sept pour Montréal.
Halak a encore fait la différence.
Concert d’éloges
Si les partisans ont attendu la fin du match et un arrêt spectaculaire aux dépens de Patrick Marleau – c’était son 9e tir de la rencontre – pour ovationner la grande soirée de travail du gardien slovaque, son entraineur-chef et ses coéquipiers y allaient d’un concert d’éloges.
«C’est toujours plaisant de voir réussir un joueur que tu aimes, qui travaille fort et qui ne se plaint jamais», a lancé Guy Carbonneau.
«On avait une semaine difficile devant nous avec des matchs contre Vancouver, Philadelphie et San Jose et on vient de les gagner tous les trois. Mais Jaro nous a encore sauvés ce soir», a reconnu Patrice Brisebois.
«Nous accordons beaucoup de tirs et ça rend les choses difficiles car nous passons bien trop de temps dans notre territoire. Je crois que nous y sommes restés une période entière. Mais Jaroslav nous a sauvés avec ses arrêts», a ajouté Andrei Markov, le meilleur joueur du Canadien encore hier.
Exception faite du gardien…
J’espère que Carey Price prend des notes et qu’il commence à réaliser que le talent seul, aussi grand soit-il, ne peut paver la voie à une grande carrière…
Entre les lignes
Le Canadien profite d’un congé aujourd’hui avant de reprendre la route pour trois matchs. Il fera des escales à Buffalo, mercredi, Atlanta, vendredi, et Dallas, dimanche.
Le Canadien s’est rapproché à un point (75 vs 76) des Flyers de Philadelphie qui ont toutefois trois matchs en mains sur le Canadien…
Les Rangers de New York ont remporté une première victoire sous la gouverne de John Tortorella et ils affichent 72 points ce matin, deux de plus que les Panthers de la Floride qui se sont fait planter 7-2 par Martin Brodeur et les Devils aux New Jersey…
Yann Danis a rendu un gros service au Canadien en réalisant son deuxième jeu blanc consécutif pour permettre aux Islanders de New York de battre les Sabres de Buffalo…
Le trio de Tomas Plekanec, Alex Kovalev et Andrei Kostitsyn a réalisé de belles choses hier, mais c’est le trio de Maxim Lapierre, avec Tom Kostopoulos et Max Pacioretty, qui a été le meilleur du Canadien hier. Le seul surtout à ne pas avoir été trop embouteillé dans son territoire…
Mike Komisarek et Mathieu Schneider ont commis trois revirements chacun…
Georges Laraque a donné une vilaine taloche sur le «kisseur» de Jody Shelley qui s’est retrouvé sur le derrière en première période. Ma mère m’a toujours dit de ne pas baver les plus gros que moi. Sa mère aurait dû lui servir le même message…
C’est dimanche, profitez-en. Mes gars sont en séries. C’est sérieux… L’un joue à Joliette l’autre à Rosemère à la même heure cet après-midi. Si je vous coupe dans un stationnement, ne m’en voulez pas trop, je serai pressé…
C’est la relâche scolaire. J’en profiterai pour passer du temps avec les miens. Mais parce que c’est le dernier droit des transactions, je vais rester en contact avec vous…
En passant, une fidèle du blogue m’a demandé hier pourquoi je terminais toujours mes blogues avec : on reconnecte plus tard… Elle se demandait surtout si c’était du bon Français.
Ce ne l’est peut-être pas, mais j’ai adopté cette formule parce qu’on doit se connecter à internet, vous et moi, pour communiquer. Je ne suis pas convaincu de l’avoir convaincue…
Mais bon!
On reconnectera plus tard quand même!

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