
Photo: Reuters
Je ne gagerais pas l’allocation hebdomadaire des enfants sur les chances du Canadien dans une série quatre de sept contre les Flyers de Philadelphie.
Mais hier, le Canadien a fait ce qu’il fallait pour les battre. Il les a battus. Et il semble maintenant sorti de la torpeur qui l’a fait piquer du nez au début du mois de février.
Le Canadien a aussi, et surtout, prouvé que ses chances d’accéder aux séries sont meilleures que ce que laissent croire bien des observateurs qui souhaitent du mal à votre équipe. Ce que je n’oserais jamais faire…
Bon! Si vous êtes honnêtes une petite affaire, vous conviendrez que le Canadien a aussi joué de chance un peu. Mais la chance fait partie du sport. Et quand la chance nous sourit, il faut savoir en profiter.
Ce que le Canadien a fait avec éloquence hier.
Il a donné huit attaques massives aux Flyers, dont 2 :15 à cinq contre trois. Une séquence de 1 :40, une autre de 35 secondes. Et il n’a pas accordé de but.
Inversement, le Canadien a profité des cinq attaques massives obtenues pour marquer deux buts.
C’est d’ailleurs en attaque massive, à 3 :21 de la prolongation que Mathieu Schneider a donné la victoire à sa nouvelle équipe. Une victoire de 4-3.
«Ça faisait quelques fois qu’on décochait des bombes en direction du but, mais les rondelles rataient la cible. J’ai opté pour la précision en ayant recours à un tir des poignets et cela a payé», a indiqué le vétéran défenseur qui se projeté dans la baie vitrée pour célébrer son but gagnant.
Un but marqué sur le 36e tir du Canadien qui en a concédé deux de plus, dont 18 au cours de la seule 2e période, Une période dominée par les Flyers qui se sont butés à un Jaroslav Halak qui continue de faire le travail.
Avec ses trois buts et cinq points récoltés en cinq matchs depuis son retour à Montréal, Schneider s’avère une très bonne acquisition.
«Je suis comblé de jouer avec des gars aussi talentueux et d’obtenir du temps de qualité en attaque massive. Quand vous faites le tour des gars avec qui je joue, je suis sans doute le moins talentueux. Mais je me concentre à bien faire circuler la rondelle et à la rendre au but», a poursuivi Schneider.
Malgré son âge, Schneider a passé 25 :44 sur la patinoire hier. Son compagnon de jeu Andrei Markov a été le plus utilisé avec 29 :50. Il aurait sans doute franchi la demi-heure de travail n’eut été du fait qu’il a écopé une pénalité en troisième.
Alex Kovalev, complice du but gagnant, a récolté trois points dans la victoire.
Mauvais départ
Si le Canadien a finalement célébré une troisième victoire consécutive et une deuxième seulement à ses 12 derniers matchs sur la route (2-9-0-1), il a bien mal entrepris le match.
Glen Metropolit, ses compagnons de trio Stewart et Laraque de même que les arrières Komisarek et Hamrlik se sont effondrés défensivement autour du filet de Jaroslav Halak qui était sur les fesses lorsque Joffrey Lupul a marqué dès la 28e seconde de jeu.
Hamrlik a cafouillé dans son territoire offrant même la rondelle en cadeau à Mike Richards qui en a profité pour doubler l’avance des Flyers en enfilant son 24e de la saison.
C’était mal parti.
À l’autre bout de la patinoire, en dépit d’une fiche lamentable d’une petite victoire et huit revers en carrière face au Canadien (moyenne de 3,25 buts accordés par match et taux d’efficacité de 88 %) Antero Niittymaki donnait raison à son entraineur de lui avoir fait confiance.
Il a stoppé Glen Metropolit sur une échappée et plus d’effectuer des arrêts solides aux dépens de Matt d’Agostini, Andrei Kostitsyn et Tom Kostopoulos.
De fait, malgré le score de 2-0 en faveur des Flyers, c’était le Canadien qui avait profité des meilleures occasions de marquer.
Quel renversement!
Ça s’est vite gâté pour Niittymaki et les Flyers.
Le gardien finlandais a été victime de trois buts en 2 :04. Trois buts marqués par Tomas Plekanec, Tom Kostopoulos et Alex Kovalev sur cinq tirs seulement.
Plekanec a marqué en attaque massive. C’était son 17e de la saison, son sixième but et huitième point en cinq matchs. Il a ajouté une passe.
Treize secondes après la reprise du jeu, Tom Kostopoulos a battu le gardien des Flyers de vitesse en contournant le filet. La rondelle a tout juste traversé la ligne rouge, mais juste assez pour permettre au Tricolore de niveler les chances.
Alex Kovalev a ensuite profité d’une largesse de Niittymaki pour lancer le Canadien en avant 3-2. Son tir des poignets a atteint le gardien à l’épaule et la rondelle a glissé lentement derrière la ligne rouge après avoir effectué une petite envolée.
On s’est alors mis à croire que Martin Biron, auteur d’un jeu blanc de 2-0 mercredi contre Los Angeles, aurait été un bien meilleur choix. Surtout qu’il présente une fiche de 13 victoires et 8 revers contre Montréal.
Niittymaki s’est ensuite repris de belles façons plus tard dans la rencontre.
Simon Gagné a nivelé les chances en deuxième.
Tout juste sorti du banc des pénalités, il a profité d’une longue échappée au terme de laquelle il a déjoué Halak. Le gardien du Canadien a d’abord effectué l’arrêt, mais la rondelle est allée frapper le patin de Gagné pour ricocher dans le but.
Voici d’ailleurs les faits saillants…
Dans le vestiaire, le capitaine Saku Koivu était particulièrement fier du retour effectué par son équipe.
«Nous sommes dans une course serrée pour les séries. On veut rattraper cette équipe. Et si on leur a accordé un point, on en a ajouté deux, donc on se rapproche. Et ce sont deux très gros points», a souligné Koivu.
Le Canadien se réveille avec 73 points au classement, trois de moins que les Flyers qui ont toutefois deux matchs en mains.
«Depuis le lock-out, on sait qu’il est possible de combler des reculs de deux ou trois buts. On a conservé notre concentration et cette victoire est très importante. Car après les déboires des dernières semaines, c’est très encourageant de gagner comme on vient de le faire ce soir. Nous avons profité d’une décision favorable sur la pénalité décernée aux Flyers, mais notre attaque massive a encore une fois fait le travail», a indiqué Koivu.
Metropolit affreusement nerveux
Glen Metropolit était affreusement nerveux lorsqu’il s’est retrouvé au centre de la patinoire pour disputer la première mise en jeu de la rencontre.
«J’ai dû me pincer pour être certain que je ne rêvais pas. J’étais là, avec l’uniforme du Canadien de Montréal sur le dos, avec Alex Kovalev, un joueur que j’ai toujours admiré, à ma droite. J’étais aussi nerveux qu’à mon tout premier match dans la LNH», a témoigné Metropolit après sa première victoire.
Une victoire qui a fait oublier un bien mauvais début de rencontre.
«Je me suis fait prendre sur le premier but, je me suis retrouvé au banc des pénalités et j’ai raté une échappée. Je me suis alors demandé si le coach ne me garderait pas au banc», a ironisé le joueur de centre acquis au ballottage.
Bien au contraire. Metropolit a passé 11 :01 sur la patinoire obtenant ainsi un beau vote de confiance de Guy Carbonneau.
«Cette réaction de faire appel à mes services m’a gardé en confiance. Je vais pouvoir passer près du vestiaire de l’autre équipe là-bas, avec un sourire de satisfaction.»
L’attaque a cinq s’est distinguée avec deux buts en cinq occasions.
Mais ce sont Halak et les spécialistes de la défensive qui se sont illustrés blanchissant les Flyers en huit avantages numériques. Le Canadien s’est aussi distingué en écoulant 2 :15 à trois contre cinq.
«Depuis quelques matchs notre travail en désavantage est excellent. La seule chose qui m’inquiète c’est que nous écopons trop de pénalités», a indiqué Guy Carbonneau après la rencontre.
Au centre de la meilleure attaque massive de la LNH à domicile, Simon Gagné admettait que l’inertie des Flyers en avantages numériques avait coûté le match.
«On a eu huit chances. Il fallait en profiter. Mais on se rend compte à quel point l’absence de Kimmo (Timonen) nous fait mal. C’est notre quart arrière et on était vraiment désorganisé surtout à cinq contre trois», a indiqué Gagné qui composait difficilement avec la pénalité décernée à son coéquipier Scottie Upshall qui a mis Jaroslav Halak en échec.
«Il y a eu un contact, c’est évident. Mais Scottie fonçait au but pour marquer, pas pour frapper le gardien. La Ligue tient à protéger les gardiens et je comprends ça, mais en même temps cela nous a placés dans une situation bien difficile en prolongation», a poursuivi Gagné.
Entre les lignes
Mike Komisarek en arrache encore pas mal lorsqu’il se retrouve en possession de la rondelle…
Roman Hamrlik n’a pu compléter la rencontre. Il s’est blessé à une jambe ou à une cheville en effectuant une chute avec encore sept ou huit minutes à jouer en troisième. Il n’est pas revenu au jeu du dernier tiers et de la prolongation, mais assurait, à sa sortie du vestiaire, que tout serait rétabli pour le match de samedi…
Rentré à Montréal après la rencontre, le Canadien reçoit les Sharks de San Jose ce soir au Centre Bell. Guy Carbonneau s’accordait une nuit de réflexion pour décider de poursuivre avec Halak ou de ramener Carey Price devant le filet.
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