OK! Vous en avez sorti combien des blagues reliées aux quilles lorsque les Oilers ont marqué les premier, deuxième, troisième et quatrième buts du match?
Plus les Oilers marquaient, plus le Canadien s’enlisait et plus le damné mot dalot passait son temps à revenir me hanter.
Remarquez qu’il hantait aussi le Canadien, de Guy Carbonneau à Bob Gainey en passant par Carey Price, et les quelques milliers de partisans de la Flanelle dans les gradins ici à Edmonton.
Un de ces partisans, chandail blanc orné de plusieurs autographes, s’est attiré la sympathie des partisans des Oilers en enfilant sur sa tête un gros sac d’épicerie brun…
Un autre, tout jeune celui-là, n’a pu résister au sommeil.
Tant mieux pour lui. Dormant à poings fermés avec la bouche grande ouverte, ce petit bonhomme n’a pas même bronché lorsque les gens se sont mis à crier pendant qu’il occupait l’écran géant. N’ayant pas été témoin du massacre, il aime encore ses Canadiens ce matin.
Son papa peut-être un peu moins…
Ce n’est qu’une fois au vestiaire, un vestiaire qui était ouvert lorsque les journalistes se sont présentés à la porte – ça ne valait certainement pas la peine de laver son linge sale, les petits n’ont tellement pas sué que le linge n’était pas sale – qu’un collègue m’a refilé la phrase qui tue :
Les joueurs du Canadien avaient l’air de chiens dans un jeu de quilles…
Aussi bien tenter d’en rire, car la réalité est loin d’être drôle.
Juste comme ça, je vous souligne que le Canadien vient de subir une septième défaite de suite sur la route.
Et vous savez où on en est rendu au chapitre des buts marqués et accordés depuis le début de cette séquence?
Le Canadien en a marqué 14 après six matchs et il en a accordé 34…
Difficile de gagner des matchs en traînant pareil déséquilibre.
Ah oui! Et ça fait aussi neuf défaites en 11 parties.
La glissade continue donc alors qu’il se retrouve au 6e rang, ce matin, un point derrière les Rangers de New York qui ont remporté une victoire de 5-4 en tirs de barrage aux dépens de José Théodore et des Capitals de Washington.
Rare bonne nouvelle, battus 3-1 par les Sénateurs d’Ottawa, les Sabres restent à deux points du Canadien qui n’a plus que quatre points d’avance sur les Panthers de la Floride (8e), qui ont deux matchs en mains.
Rions un peu!
En passant, on sait maintenant pourquoi les joueurs du Canadien sont allés aux quilles mardi.
Pourquoi vous pensez?
Parce que cela s’inscrivait dans les célébrations du centenaire.
Je blague, mais presque pas.
Mon collègue Dave Stubbs, de la Gazette, qui passe son temps à dénicher des trouvailles sur l’internet, vient de découvrir que les 5 quilles sont nées la même année que le Canadien.
Je suis sûr que celle-là, le manitou du marketing Ray Lalonde ne l’a pas vu venir. Comme il n’avait probablement pas anticipé que la commandite des livres scolaires lui sauterait au visage non plus…
Autre note :
Le Canadien disputait le 3000e match de son histoire sur la route hier à Edmonton. Un match à l’image du tout premier.
Pire même!
Car, s’il s’était fait ramasser 9-4 à Renfrew, en banlieue d’Ottawa, le 19 janvier 1910, il s’est fait manger tout rond 7-2 par les Oilers dans le nord de l’Alberta.
Désolant!
On attendait deux clubs affamés à Edmonton. On retrouve deux équipes prêtes à mourir de faim.
Si au moins les Oilers disputaient un gros match, on pourrait dire que le Canadien se fait battre par une équipe qui roule à fond la caisse.
Mais ce n’est pas le cas.
Les collègues perchés sur la galerie de la presse étaient plus surpris encore que Carey Price de voir «leurs» Oilers prendre les devants 4-0 en première.
Et lorsque Mathieu Dandenault a finalement inscrit le Canadien au pointage 10 secondes après le 4e but et 16 secondes avant la fin de la première période, ils se sont mis à chanter en chœur : «Regardez bien les Oilers bousiller leur avance…»
Et vous me considérez sévère avec votre club…
Tout ça pour dire que les Oilers ont marqué sept buts sans jamais donner l’impression qu’ils se défonçaient.
Ça veut dire que le Canadien ne joue pas non plus…
On est loin des matchs rapides, intenses, emballants dont on a souvent été témoins entre ces deux équipes dotées de patineurs rapides qui savaient tirer profit de la plus belle patinoire de la Ligue.
Mais ce soir, c’est au ralenti. Au «slow-mo». Au super «slow-mo»…
«On tente des choses, on parle, on explique et les choses ne s’améliorent pas. Qu’est-ce que tu veux que je fasse? Mais c’est sûr qu’on ne gagnera pas de match en accordant sept buts. Et ce soir, nos deux meilleurs attaquants étaient des défenseurs», a lancé Carbonneau en parlant de Mathieu Dandenault (un but, une passe) et Josh Gorges, qu’il avait insérés au sein de trios réguliers à la place de Steve Bégin et de Sergei Kostitsyn.
«Je peux prendre une partie du blâme pour ce que je fais et ce que j’aurais dû faire. Mais en fin de compte, il va falloir que les joueurs fassent leur part et prennent leurs responsabilités. Il va falloir que nos leaders se lèvent, que nos attaquants produisent», a continué Carbonneau.
Les deux buts marqués par le Canadien sont venus de la lame des bâtons de défenseurs. Ils sont venus de Mathieu Dandenault et de Francis Bouillon.
Saku Koivu n’a obtenu qu’un tir.
Alex Kovalev deux.
Tomas Plekanec n’a tiré qu’une fois, sur la toute première poussée du match, et il a commis trois revirements. Sans oublier ses deux pénalités…
Quatre revirements aussi pour Andrei Kostitsyn et cinq pour Andrei Markov qui n’est plus l’ombre de lui-même depuis la pause du match des Étoiles.
Et si le chiffre des tirs (38) laisse croire que le Canadien a été menaçant, la réalité est toute autre. Dwayne Roloson n’a effectué que trois ou quatre gros arrêts au cours du match.
L’ennui, c’est que Carey Price n’en a réalisé aucun.
Le jeune gardien a d’ailleurs dû essuyer les moqueries des partisans des Oilers lorsque, à mi-chemin en troisième, il a stoppé une rondelle qui s’est lentement rendue jusqu’à lui sur un dégagement.
Ovationné, Price a fait un petit geste de la mitaine pour signaler sa fierté d’avoir effectué l’arrêt.
Rien de comparable à ce que Patrick Roy avait réservé aux partisans du Canadien dans ce match contre les Red Wings de Detroit qui l’avait chassé de Montréal.
Mais juste assez pour comprendre qu’il en avait plein le bas du dos.
À quand le fond du baril?
«Il faut croire que le baril est pas mal plus profond que je croyais.» Comme tous ses coéquipiers, Christopher Higgins était livide dans le vestiaire du Canadien.
«C’est un club qu’on peut battre et qu’on doit battre. Nous étions prêts. Il y avait de l’entrain dans le vestiaire avant le match, mais aussitôt le match commencé, tout ce qu’ils faisaient se transformait en but. Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise de plus. On vient de se faire «crisser» une volée de 7-2», a-t-il tranché.
Évidemment il l’a dit en anglais, mais le mot entre crochet est une traduction libre d’un autre mot pas beaucoup plus beau en anglais…
Cette défaite a frappé les joueurs en plein front, secouant même Georges Laraque qui n’arrivait même pas à trouver les mots.
«Ça n’a pas de sens, il faut que ça change. C’est vraiment une période creuse alors que rien ne fonctionne. Je ne sais pas quoi dire de plus», a dit Laraque.
Victime de sept buts pour la première fois de sa carrière, Carey Price est demeuré loin des journalistes. Il a complété sa soirée de travail avec un taux d’efficacité de 74,7 %.
Outch!
Questionné sur sa décision de le garder dans le match en dépit des buts qui s’accumulaient, Guy Carbonneau l’a justifiée ainsi: «Ce soir, c’était le temps qu’il se rende jusqu’au bout.
«Que ce soit lui ou Jaro (Jaroslav Halak), on doit pouvoir compter sur un meilleur rendement», a indiqué Carbonneau qui n’arrivait pas comprendre comment ses joueurs avaient pu être aussi amorphes sur la patinoire.
Le fil du match…
Décrire les buts?
Vous y tenez vraiment?
Je vous l’assure, ça risque de faire mal…
Sam Gagner a marqué le premier sur une attaque en règle du filet de Carey Price pendant une pénalité à Ryan O’Byrne…
Zack Stortini, un gars dont on consulte les statistiques en commençant par les minutes de pénalité, a fait dévier un tir anodin de Tom Gilbert au dessus de Carey Price. Le coupable sur le jeu est Andrei Markov qui a dégagé mollement son territoire permettant à Gilbert d’intercepter la rondelle.
Il se l’est fait dire une fois de retour au banc…
Carey Price est responsable du troisième but. En tentant de mettre sa mitaine sur la rondelle, il a repoussé cette dernière vers l’enclave où Andrew Cogliano a simplement tiré dans un filet désert.
Ce n’était pas fini!
Andrei Markov, qui ne joue pas un gros match ce soir vous aurez deviné, a écopé une pénalité pour cinglage. C’était loin d’être criminel comme assaut, mais pendant son absence Ales Hemsky a quadruplé l’avance des Oilers…
Cogliano a remis une faveur au Canadien, bataillant avec Alex Kovalev à la gauche du filet des Oilers, le petit attaquant a effectué une belle passe à Mathieu Dandenault dans l’enclave.
Le genre de passe qu’on aurait attendue de Kovalev. Mais dans l’état de la situation, peu importe d’où et de qui elle venait…
Pas mieux en deuxième…
La deuxième n’a pas été plus souriante pour le Canadien.
Que non!
Le Canadien a écoulé une double infériorité numérique de 1 :41. Ce fut son seul bon moment.
Car non seulement a-t-il bousillé quatre attaques massives il a encore accordé un but en échappée pendant l’une de ces attaques à cinq.
Remarquez que le Canadien n’a pas été chanceux sur le jeu.
Une rondelle dégagée par Jason Strudwick a atteint le juge de lignes Mike Cvik avant d’aller attendre Kevin Brodziak qui a devancé les joueurs du Canadien qui ne s’attendaient à pareil coup du sort.
C’est exactement à l’image du match.
Ce match que le Canadien devait amorcé et poursuivre le ventre à terre. Mais en lieu et place on a encore droit à un match mou, lent, sans âme, intensité ou combativité…
Dustin Penner a porté le score à 6-1 en sautant sur un retour de tir dévié par Patrice Brisebois sur Carey Price.
Quand ça va mal…
Liam Reddox a porté l’avance des Oilers à 7-1 avant que Francis Bouillon ne permette aux partisans du Canadien de se délier les jambes un peu en se levant pour célébrer le deuxième but de leurs favoris.
Inutile de dire qu’il était un peu tard…
C’est la pire défaite du Canadien cette saison.
Pour le moment!
Quatre fois jusque là, il avait encaissé des revers en accordant quatre buts à ses adversaires.
Je quitte Edmonton très tôt pour Denver.
L’ennui, c’est que je dois passer par Los Angeles. Tant qu’à y être j’aurais dû me rendre à Paris.
Je reconnecte aussitôt ce voyage de fou complété…
Voici les faits saillants

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