
Photo François Roy, La Presse
Je vous ai déjà parlé de ma mère? Elle m’aime d’amour. La pôvre! Elle est toujours bien contente quand je débarque, même sans m’annoncer.
Mais elle est plus contente encore quand je repars…
J’ai eu la même réaction en quittant le Centre Bell après le match des Étoiles : la visite est venue, on était bien content de la voir, mais là on n’est pas fâché de voir qu’elle est repartie. Pas fâché du tout.
Pourquoi je vous ai ignorés en fin de semaine?
Pour rien!
J’ai été vraiment décontenancé par des réactions sur mon histoire avec Pat Burns. Vraiment! Je pense que vous vous êtes fait monter la tête par des grands prêtres de la pensée magique.
Il faut que ce soit ça.
Car c’est drôle, je n’ai vu personne crier des injures à l’endroit du Canadien ou tirer des souliers en direction de l’écran géant lorsque la direction du Tricolore et la LNH ont saisi l’occasion d’une pause publicitaire pour présenter un beau message d’encouragement à Pat Burns.
Même que les amateurs l’ont ovationné. Comme il ce doit.
Invité pour la première fois à l’émission dominicale The Reporters à TSN, j’avais lancé un message similaire en fin d’émission lorsqu’on y va de nos pouces en l’air ou de nos pouces retournés.
Malgré tous vos pouces tournés vers le bas, j’ai tourné le mien bien haut pour souhaiter la meilleure des chances à Pat Burns.
C’était d’ailleurs toute la teneur du texte de mercredi dernier : dire au bon Pat, tu n’es pas seul. On est tous derrière toi…
Mais au lieu de lire le message, vous avez décidé de pendre le messager.
C’est vôtre droit.
En passant, plus de commentaires là-dessus. C’est inutile. C’est comme les guerres de religion : personne n’en sort gagnant.
Et cessez aussi les guerres entre vous. Les hostilités ont repris au cours des derniers jours avec, comme risque premier, que les messages doivent à nouveau être filtrés avant d’être publiés.
Je vous rappelle que c’est vous qui vous plaigniez de ça dans un passé encore récent…
Je m’écarte.
Bof et rebof…
Pourquoi je n’ai pas écrit en fin de semaine?
Parce que moi et le match des Étoiles on ne fait pas bon ménage.
Si le match n’avait pas été présenté à Montréal, c’est de la Floride que je vous aurais écrit en fin de semaine. Je m’y serais rendu au lendemain de la défaite au New Jersey.
Et j’y serais déjà au moment d’écrire ce texte au lieu de devoir quitter pour Dorval à 6 h 00 lundi matin après une autre nuit trop courte.
Et malgré le fait que l’organisation entourant le match des Étoiles ait été sans faille, en dépit de l’engouement des amateurs, en dépit de la disponibilité des joueurs, en dépit de tout, je n’ai pas embarqué.
Mes gars, Arnaud et Étienne, ont suivi le concours d’habileté samedi soir. À les regarder aller, ils ont aimé. Comme ils ont aimé le match entre les jeunes vedettes de demain.
Mais moi!
Bof… et rebof!!!
Même que j’ai trouvé ça bien ordinaire. Va pour la garnotte de Zdeno Chara, va pour la vitesse sur patin, mais vous avez ovationné Ovechkin pour quoi au juste? Parce qu’il était tellement dans les vapeurs qu’il a eu besoin de mettre un chapeau et des lunettes soleil pour vous éblouir?
Non merci pour moi.
Et le match?
Il n’y a pas eu de match. En fait non. Il y en a eu un. Il a commencé en prolongation et c’est fini en fusillade sur des buts d’Alex Kovalev et de son compatriote Alexander Ovechkin.
Mais avant ça, en dépit des 22 buts échangés, il ne se passait rien. Ou si peu comme j’aime écrire.
Peut-être gavés par un trop-plein de buts, les amateurs entassés dans les gradins étaient loin d’êtres fidèles à leur réputation.
Malgré plusieurs tentatives, des vagues amorcées dans le balcon derrière la galerie de presse ont toutes cassé avant de compléter un quart de tour.
De l’ambiance, il n’y en avait pas beaucoup lors des deux premières périodes.
Il y en a eu avant le match avec les numéros magiques des artistes du cirque Éloise. Il y en a eu aussi avec l’interprétation des hymnes nationaux pour une chorale de Montréal qui a fait grand honneur au Gospel…
Mais après ces deux coups d’éclat, le hockey n’a pas offert grand-chose.
Et avant la prolongation, en dépit de l’avalanche de buts, les partisans n’avaient pas eu grand-chose à célébrer.
Oh! Il y a eu de beaux échanges, de beaux jeux. Mais c’est normal, les meilleurs joueurs de hockey de la LNH partageaient une même patinoire.
Mais c’était drabe. Gris. Froid. Comme à l’extérieur.
Alexander Ovechkin s’est chargé de dérider tout le monde.
Il n’a pas ressorti le chapeau et les lunettes qu’il a enfilés lors du concours d’habileté samedi. Non. Il n’a pas fait de magie non plus sur la glace. Mais il est apparu en gros plan à l’écran géant reluquant deux partisanes qui dansaient côte à côte dans la section 101. La section située derrière les bancs des deux équipes.
La bouche ouverte, Ovechkin était bien plus préoccupé par les courbes de ces belles Montréalaises endossant un t-shirt rose du Canadien que par le match qu’il disputait.
Mais la foule a apprécié…
Du grand Kovalev
Pour le reste, heureusement qu’il y a eu Kovi.
Car s’il était clair qu’un peu tout le monde attendait Vincent Lecavalier, c’est finalement Alex Kovalev qui a volé la vedette du match des Étoiles, s’assurant du coup de garder la place de choix qu’il occupe dans le cœur des partisans du Canadien.
Au centre de l’attention depuis une semaine, Vincent Lecavalier n’a pas mal joué. Loin de là.
Mais après avoir marqué des buts en première et deuxième périodes, Kovalev a inscrit le but qui a fait la différence en tirs de barrage pour donner une victoire de 12-11 à la sélection de l’Est.
«C’est de cette manière que je voulais que le scénario s’écrive et j’ai pris les moyens pour que cela arrive», a lancé Kovalev après le match.
Un match auquel il aurait pu mettre un terme en prolongation alors qu’il s’est fait voler par Roberto Luongo avant de voir un autre tir rater la cible.
«C’est l’histoire de ma saison», a ajouté Kovalev.
Après avoir marqué deux fois en échappée aux dépens de Jean-Sébastien Giguère et Niklas Backstrom, Kovalev a complété sa soirée de travail en déjouant Roberto Luongo à l’aide d’un tir des poignets qui a déjoué le gardien québécois sur le côté de la mitaine.
«Je n’avais pas donné le spectacle que je voulais donner samedi et je tenais à me reprendre ce soir», assurait Kovalev.
Pourquoi avoir tiré?
«Parce que j’étais à court de feintes. J’en ai fait hier (samedi) et j’avais deux buts déjà en échappée et je me suis dit qu’il valait mieux tenter de le surprendre», a conclu la grande vedette de la soirée.
Si Kovalev a pu trancher en fusillade, il le doit à sa sélection par Claude Julien et Guy Carbonneau, mais il le doit aussi au gardien Tim Thomas qui a réalisé l’arrêt de la soirée aux dépens de Jarome Iginla en prolongation.
Iginla, sur réception d’une passe parfaite de Joe Thornton, a tiré dans une cage déserte que Thomas a rapidement remplie en glissant sa jambière droite devant la rondelle tirée par le capitaine des Flames de Calgary…
Un vrai jeu de match des Étoiles
Price a survécu
Ovationné par ses partisans à titre de gardien partant, Carey Price a été victime de deux buts sur 11 tirs. Une performance plus reluisante que les neuf filets accordés, samedi, dans le cadre du duel opposant les jeunes de première et de deuxième années dans la LNH.
Price a été victime du premier des 23 buts marqués hier.
«J’ai survécu», a lancé le gardien avec un large sourire de satisfaction.
Au-delà de ses deux buts, Price s’est signalé en effectuant des arrêts aux dépens de Stéphane Robidas, Jarome Iginla et Keith Tkachuk. Ses poteaux lui sont aussi venus en aide sur des tirs de Jonathan Toews et de Robidas.
Une fois rentré au vestiaire, Price a fait le tour de la pièce pour faire autographier le bâton qu’il venait d’utiliser par tous ses coéquipiers d’un soir.
Entre les lignes
- Alex Kovalev et Andrei Markov ont marqué deux des quatre buts de la sélection de l’Est en première période. C’était la deuxième fois seulement de l’histoire que deux joueurs du Tricolore marquaient en première lors d’un rendez-vous d’étoiles. Yvan Cournoyer et Frank Mahovlich en 1974 avaient réussi l’exploit.
- Andrei Markov est aussi devenu le quatrième défenseur seulement de l’histoire du Tricolore à marquer dans un match des Étoiles. Jacques Laperrière (1970), Chris Chelios (1985) et Sheldon Souray (2007) l’avaient devancé.
- Parlant de Souray, l’ancien défenseur du Canadien a enfilé deux buts hier. «Je garderai toujours de souvenirs impérissables de Montréal. Le fait d’entendre mon nom résonner dans le Centre Bell m’a donné l’impression que je n’avais jamais quitté Montréal. Je vis de beaux moments à Edmonton, mais je ne pourrai jamais oublier Montréal et le fait que j’ai fait partie de cette grande organisation.»
- Mike Komisarek a écopé une pénalité en prolongation. Cette infraction, la première décernée depuis 2000 lors d’un match des Étoiles, a eu pour effet de mettre un piquant dans la prolongation…
- Limité à une passe à ses six premiers matchs des Étoiles, Joe Thornton a récolté trois passes hier…
- Une mise en échec a été décernée hier. Une seule. Par Keith Tkachuk…
- Zdeno Chara n’a pas utilisé son tir frappé une seule fois hier. Pas plus que Sheldon Souray. Le seul tir vif relevé au cours du match a été celui de Jarome Iginla en fin de troisième alors que les équipes étaient à égalité 11-11…
- Même s’il a été blanchi, Vincent Lecavalier a terminé la soirée avec un différentiel de plus-4. Le meilleur des deux équipes…
- Martin St-Louis a enfilé deux buts et ajouté une passe…
- Tomas Kaberle et Thomas Vanek ont terminé le match avec des différentiels de moins-3. C’est gênant…
- Alex Kovalev et Dan Boyle ont dominé les deux équipes avec sept tirs chacun. Mike Modano, Ryan Getzlaf, Scott Nidermayer et Tomas Kaberle sont les quatre seuls joueurs à ne pas avoir obtenu au moins un tir au but…
- Bonne nouvelle : l’an prochain, année olympique, il n’y aura pas de match des Étoiles…
- On reconnecte plus tard.

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