Je ne sais pas si c’est le poids de la défaite par jeu blanc aux mains de José Théodore et des Capitals ou simplement les déconfitures des derniers matchs qui étaient la cause.
Mais ce que je sais, c’est que le Centre Bell était d’un calme inquiétant avant le match opposant le Canadien et les Sabres.
L’échauffement s’est déroulé sans le moindre cri, sans le moindre bruit. Il n’y avait pas d’ambiance, pas de passion, rien.
Je pense que les partisans, comme les joueurs, étaient un brin nerveux et craignaient les contrecoups d’une autre sortie ordinaire… ou bien ordinaire selon votre niveau d’écoeurement des derniers jours, des dernières semaines.
Ça s’est replacé pendant le match.
Et pendant que le Canadien protégeait sa mince avance de 3-2 en fin de troisième, on a entendu des Olé! Olé! Olé! fuser ici et là dans les gradins.
Oh! Rien de bien convaincant. Comme le match disputé par le Canadien hier.
Mais c’était au moins ça : le Canadien gagnait et faisait oublier le match affreux de vendredi.
«C’est le fun d’être de retour!» a d’ailleurs lancé Steve Bégin dans le vestiaire après la victoire de 3-2 de son équipe.
Une victoire importante pour le Canadien qui a comblé, deux fois plutôt qu’une, des déficits d’un but, avant de voir Andrei Markov marquer son 2e but gagnant de la saison. Venu appuyer l’attaque, Markov a profité d’une passe parfaite de Saku Koivu pour inscrire son 3e de l’année.
Une victoire importante pour Guy Carbonneau qui a aimé ce qu’il a vu sur la patinoire.
«J’ai aimé notre intensité affichée dès le début de la rencontre. On s’est battu, on a travaillé et on a mérité de gagner cette partie», a lancé Carbo dans ses commentaires d’après-match.
Des commentaires beaucoup plus élogieux que ceux de vendredi après la dégelée encaissée à Washington.
Une victoire importante pour Steve Bégin et les joueurs de soutien qui ont encore suppléé aux absences remarquables et remarquées des gros canons de l’équipe qui refusent de tonner.
Et oui!
Alex Kovalev a prolongé à 13 sa série de matchs consécutifs sans avoir marqué. Il s’agit de sa pire léthargie en carrière.
Pis encore, Kovalev a coûté un but à son équipe tôt dans le match. Bien involontairement, il a bloqué un tir de Patrice Brisebois que Patrick Lalime n’avait pu parer.
Quand ça ne veut pas…
Tomas Plekanec n’a pas récolté de point encore hier. Il ne revendique donc qu’un petit but et deux petits points à ses 11 gros derniers matchs.
L’attaque à cinq n’a rien cassé non plus hier. En fait, elle n’a rien cassé du tout étant blanchie en cinq occasions.
Le Canadien a pourtant eu une chance en or de sortir de sa torpeur en attaque à cinq et de mettre le match hors de portée en début de troisième.
Imaginez : il a profité d’une supériorité numérique de deux hommes pendant deux longues minutes. Alex Kovalev, Andrei Kostitsyn et Robert Lang ont été incapables de profiter d’excellentes occasions de marquer.
Carey Price, qui a fait face à 28 tirs, s’est dressé devant son but dans les derniers instants de la rencontre. Il a remporté sa 11e victoire de la saison.
Énergie maintenue
Contrairement à ce qu’il a fait au cours des derniers matchs, le Canadien ne s’est pas laissé abattre, hier, par les buts marqués par ses adversaires.
«Nous avions, ce soir, une énergie qui faisait défaut à Washington. Même après mon erreur atroce qui a ouvert la porte au premier but des Sabres nous n’avons pas baissé la tête. Nous avons maintenu la cadence, avons travaillé fort le long des bandes et finalement remporté des batailles. Ce n’est pas encore parfait, mais au moins, c’était un bien meilleur match», a commenté Christopher Higgins.
Higgins avait raison de qualifier d’atroce son erreur commise en première. Il a raté un dégagement pendant que le Tricolore écoulait une pénalité écopée par Sergei Kostitsyn.
Jaroslav Spacek a stoppé la rondelle qui s’est retrouvée sur la lame du bâton de Tomas Vanek, oublié dans l’enclave. L’as marqueur des Sabres a habilement déjoué Carey Price pour inscrire son 16e de la saison.
Vanek a marqué son 17e en deuxième période en complétant un bel échange amorcé par Derek Roy et Drew Stafford. Tout cela sous les yeux de Tomas Plekanec (1 but et 1 passe en 11 matchs) qui a connu une autre rencontre difficile hier soir.
Encore les joueurs de soutien
Pour une quatrième fois lors des cinq derniers matchs, les joueurs de soutien ont marqué hier.
Maxim Lapierre, qui a amorcé la rencontre au centre des frères Kostitsyn – recalés au quatrième trio – a récolté une passe sur le but de Steve Bégin. Il a servi une belle passe dans l’enclave et Bégin a décoché un bon tir. Un tir que le gardien Patrick Lalime aurait pu stopper pour priver Bégin de son 3e de la saison.
C’est deux de moins seulement qu’Alex Kovalev…
Roman Hamrlik a récolté une passe sur ce jeu. C’était sa 5e de la saison, sa 400e en carrière.
Andrei Kostitsyn a nivelé les chances en début de deuxième.
Pour une première fois depuis quelques matchs, l’ainé des frères K a déployé des efforts qui l’ont servi. Des efforts qui lui ont valu la première étoile.
«Andrei a joué un de ses meilleurs matchs de la saison. J’ai aimé comment il a réagi. On lui demande de tirer, de s’impliquer physiquement et c’est exactement ce qu’il a fait ce soir», a indiqué l’entraîneur-chef du Canadien.
Si Andrei Kostitsyn a su rebondir, son frère Sergei s’est enlisé un peu plus hier. Sans être mauvais, Kostitsyn a placé son équipe dans le pétrin avec trois pénalités.
Sans surprise, il a été cloué au banc.
«On peut débattre de la deuxième pénalité, mais la première et la troisième étaient évidentes et dans un match serré comme celui de ce soir, elles n’avaient pas leur place», a analysé Carbonneau.
Avec la présence des Bulldogs de Hamilton qui recevront les Senators de Binghampton au Centre Bell, cet après-midi, on peut se demander si le Canadien ne pourrait pas servir un avertissement sérieux au plus jeune des Kostitsyn en l’obligeant à défendre les couleurs du club-école.
Je vous lance ça juste de même…
Sauf que le petit gars semble tellement se ficher de tout et de rien que j’aurais le goût, si j’étais son patron, de lui faire la vie dure un brin… ou deux. Et comme il n’a pas à être soumis au ballotage avant d’être retourné au club-école, je lui ferais faire un petit voyage dans le passé afin de voir si ça le réveillerait un peu.
Komisarek derrière le banc
Blessé à une épaule, Mike Komisarek ne pourra pas appuyer Andrei Markov avant les Fêtes.
Mais il a trouvé un moyen d’appuyer son équipe hier en s’improvisant entraineur des défenseurs.
Parce que Doug Jarvis est au chevet de son père, très malade, c’est Roland Melanson qui a hérité du mandat de remplacer l’associé de Guy Carbonneau.
«Roland m’a parlé de cette idée ce matin et j’ai trouvé que cela avait du sens. Ça démontre le genre de leader qu’est Mike au sein de notre équipe. C’est un gars qui est apprécié», a souligné Carbo.
«Il m’a surpris», a indiqué son copain Chris Higgins. Il était actif derrière le banc et il distribuait des conseils et des remarques intéressantes.»
Komisarek, qui a aimé l’expérience, a indiqué qu’il souhaitait reprendre l’entraînement sur patin vers la fin de la semaine prochaine, si tout va bien.
Le Canadien profite d’un congé aujourd’hui.
Il reprendra l’entraînement demain avant de recevoir la visite des Thrashers d’Atlanta mardi.
Le Canadien disputera ses six prochains matchs et neuf des dix prochains au Centre Bell.

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