Il fallait bien aller à Cuba, sur les plages de Varadero, pour voir celui qu’on cherche et qu’on attend depuis le début de l’été à Montréal.
Eh oui! J’ai vu Mats Sundin.
S’il m’a parlé?
Vous connaissez Sundin. C’est un grand discret.
Il était affalé sur le balcon du deuxième étage de la chambre située à quelques pas de salamande de la nôtre. Je lui a fait signe, histoire d’avoir une entrevue exclusive et d’enfin connaître ses intentions quant à la possibilité qu’il poursuive sa carrière à Montréal, avec le Canadien qui célèbre cette saison ses 100 ans d’histoire.
Il a décliné.
J’ai eu droit à un sourire, du moins je crois.
Rafraîchi par la brise qui s’amenait du large, Sundin a fait quelques mouvements sur la rampe du balcon avant de reprendre sa place et de se laisser sécher au soleil.
Ah oui! J’avais oublié de vous dire que si j’ai bien vu Mats Sundin, c’est avec l’uniforme des Maple Leafs de Toronto sur le dos et brodé sur une grosse serviette de plage que je l’ai localisé, traîné à Cuba par l’un des nombreux touristes torontois croisés au cours des deux dernières semaines.
Pour le reste, pas plus de Mats à Cuba qu’à Montréal.
Pas moyen donc d’offrir de réponse savante aux Québécois venus chercher l’été à Cuba et qui espèrent tous que le grand suédois réchauffera leur hiver.
Un été qu’on a vite trouvé.
S’il faisait chaud?
Mettez-en! Mais à l’ombre des palmiers, pas de problème. Une cerveza, un pina colada ou autre drink du genre aidaient à oublier les gros tracas du jour…
Seul ennui, les pieds qui chauffaient un brin en se rendant à la mer.
Mais il y a pire dans la vie… mettons!
Parlant de la mer, celle qui vient glisser sur les plages de Cuba est très belle. L’eau est chaude, limpide et on ne se lasse pas de s’y laisser flotter des heures durant.
Et Fay?
Disons que les cris d’alarme des météorologues étaient nettement exagérés.
À Varadero en tout cas.
Comme seule tempête, il y a eu du vent fort dans la nuit de dimanche à lundi dernier. Du vent comme on en a eu trop souvent cet été au Québec. Les enfants ne se sont même pas réveillés.
Puis rien… ou presque.
Quelques orages lundi et mardi, quelques nuages, une mer un peu plus musclée – une journée ordinaire à Cape Code disons – qui a poussé les sauveteurs à hisser des drapeaux rouges qui étaient loin d’être nécessaires.
Pour le reste, rien du tout.
L’hôtel, la bouffe, le service?
Voyager avec trois enfants, c’est difficile aujourd’hui parce que les hôtels ne veulent pas vous ouvrir leurs portes.
Il y en a deux qui le font à Varadero. Le Arenas Blancas où nous sommes allés il y a quatre ans et le Breezes Bella Costa.
Chambre correcte, service sympathique, plage magnifique.
La bouffe?
Pour paraphraser les deux gars qui sont passés aux douanes à côté de nous la nuit dernière, disons que c’est ordinaire.
« C’est tellement mauvais qu’on n’en ramènerait certainement pas », ont-ils répondu à la douanière qui leur demandait s’ils rentraient de la nourriture au pays.
Et c’est malheureusement vrai.
Il y a quatre ans au Blancas, c’était horrible. Ça s’est peut-être amélioré depuis. Je l’espère…
Au Bella Costa, c’était disons correct la première semaine, mais après 10 jours, ça te tombe sur le cœur.
Les œufs goûtent les œufs, le poulet rôti goûte ce qu’il doit goûter, mais le reste goûte à peu près toujours la même chose…
Si les oiseaux ne nous accueillaient pas bien campés dans les plats, je me serais risqué à essayer des salades. Mais de voir des moineaux picorer les brins de riz, ou les morceaux de salade a eu raison de mon courage…
Mais encore là, rien que les cerveza et les petits drinks exotiques n’arrivent pas à faire oublier…
Le service était bon. Et il devenait excellent au rythme des pourboires offerts…
Les Cubains sont sympathiques. Ceux qui travaillent dans les hôtels.
Ceux qui y étaient comme clients, c’est autre chose.
Cela fait deux ou trois mois que Raul, le frère de Fidel, a levé l’interdiction imposée aux Cubains de fréquenter les hôtels internationaux.
Ils étaient donc nombreux à profiter de vacances pleinement méritées sans l’ombre d’un doute. Mais ils tiennent à ce qu’on sache qu’on est chez eux et ils ne se gênent pas pour couper les files et balancer des commandes de très loin en regardant les gringos venus du nord comme des étranges qui passeront deuxièmes…
C’est sûr que la barrière de la langue n’aide pas.
Mais quelques fois c’est carrément déplaisant d’avoir l’impression qu’on fait rire de soi…
Surtout que les Cubains, certains Cubains, mériteraient de se faire frotter les oreilles avec vigueur.
Jamais vu autant de monde miner les plages et la mer de cannettes de bière vides et de verres de plastiques utilisés. Une plaie. Au début, on se disait que ces cadeaux venaient de touristes venus de loin, mais après quelques jours, il était clair que les coupables venaient d’à côté.
Et si la sécurité est présente, pas un reproche pour les déchets laissés sur les plages. Des plages qui sont un véritable trésor pour ce pays qui a bien besoin du tourisme pour lui donner un coup de main.
C’était pire samedi.
C’était congé. Par centaines, ils étaient sur la plage, sous des parasols, avec des glacières pleines de canettes qui, une fois vides, n’ont pas fait le voyage de retour à la maison…
Si vous êtes intolérants à la fumée de cigarette, il faudrait y penser deux fois. Car ça fume à Cuba. Et pas juste dehors… on a vraiment perdu l’habitude et on se rend compte à quel point les nouvelles règles sur le tabac nous permettent de bien vivre ici.
En tant que non fumeur, bien sûr.
Le golf?
Varadera n’est pas une destination golf. C’est évident. Mais le parcours est beau, bien découpé, intéressant et relativement facile à l’exception des verts qui sont pleins de surprises.
Six rondes avec les enfants comme chauffeur de voiturette, ce qui est un gros plus par rapport à ici où trop rares sont les terrains qui acceptent que nos enfants nous accompagnent.
Une première ronde de 79, suivie d’un 81, de deux autres 79, d’un 73 et d’un 76 bien décevants en raison de plusieurs oiselets ratés avec des coups roulés qui semblaient si faciles…
Si vous profitez du golf dans votre forfait, sachez que vous devrez quand même payer 46 $ US pour la voiturette qui est obligatoire. Remarquez qu’elle est nécessaire parce qu’il fait très chaud. Cela dit, je ne sais pas comment c’est l’hiver, mais lors des deux dernières semaines, en commençant entre 7h 15 et 7 h 30 on était de retour à l’hôtel à 10 h 30 ou 11 h selon qu’on jouait seul, à deux, à trois ou à quatre…
En passant, des salutations à Marc, à Luc – camionneur pour Natrel qui se tape des Montréal-Québec-Montréal tous les jours – Stéphane – infirmier à l’hôpital général – avec qui j’ai eu le plaisir de jouer quelques trous.
Partis à bord du même avion le 10 août, Stéphane et moi avons reçu nos bâtons avec quelques jours de retard. Le transporteur aérien Canjet les avait envoyé à Holguin plutôt qu’à Varadero.
Je ne connaissais pas cette compagnie.
Disons que si vous pouvez choisir un autre transporteur vous devriez y songer. Pendant deux semaines, des papas et des mamans se promenaient avec les feuilles jaunes de réclamations de bagages perdus.
Ça arrive c’est sûr. Mais trop souvent, toujours avec la même compagnie, c’est plus de hasard…
Parlez en à la belle Charlotte, une ados de 13 ans de Québec qui s’est retrouvée à Varadero avec un maillot qu’elle a eu la présence d’esprit de glisser dans son bagage de cabine…
Je ne voudrais pas voir le prochain compte de chez Simons que son papa Éric va recevoir…
Je vous ferai grâce du français parlé par les agents de bord qui s’adressaient aux passagers, mais il me semblait qu’on avait encore des lois au Canada qui obligeaient les compagnies aériennes à respecter les droits des francophones.
Il faut croire que CanJet, une compagnie des Maritimes, croit que Montréal est une banlieue de Halifax…
Mais bon.
Un beau voyage en famille, tout le monde est bronzé et heureux. Beaucoup de soleil, de mer, deux très bons livres – Pars vite et reviens tard de Fred Vargas et Les cerfs-volants de Kaboul de Khaled Hosseini que j’ai particulièrement aimé – et les olympiques à la télé.
Pour moi, les Jeux, c’est à la télé que ça se passe. Ce n’était pas toujours évident de suivre la télé officielle de Cuba. D’abord, il fallait être chanceux pour voir un Canadien et il y avait la barrière de la langue. Mais si je comprends bien, c’était mieux que mon bon ami Michel Villeneuve…
Mathilde entre au secondaire mercredi, les gars commencent leur cinquième année vendredi et leur camp d’entraînement de hockey devrait se mettre en branle cette semaine.
La vie reprend donc.
Et le Canadien?
Le Tricolore tiendra son tournoi de golf annuel le 2 septembre et le camp d’entraînement commencera le 20.
On reconnecte plus tard…

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