François Gagnon

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    Journaliste à La Presse et à LaPresse.ca, François Gagnon est un amateur de hockey depuis toujours qui n'hésite pas à chausser ses patins pour vivre la magie du sport. Chaque jour, il vous propose sa vision du hockey et attend avec impatience vos questions et réactions!
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    Mardi 22 juillet 2008 | Mise en ligne à 18h25 | Commenter Commentaires (152)

    Sir, yes sir!

    Je m’en remets lentement. De quoi? De ma fin de semaine à Québec, du bien être de marcher dans ma ville qui s’est faite toute belle pour son 400e, du fabuleux moulin à images de Robert Lepage, des voiliers qui doivent être sur le point du sortir du golfe et de Paul McCartney.

    Pardon! De Sir Paul McCartney.

    De ce grand, ce très grand, qui a fait d’une belle et grande fête un événement historique.

    Trois mots pour résumer ce spectacle, point culminant d’une très belle fin de semaine : Sir, yes sir!

    Et dire qu’il y en avait pour décrier le fait qu’on avait osé l’inviter, lui l’arrière-arrière-arrière-arrière-petit-fils de l’envahisseur. Lui, l’ancien scarabée, en grand conquérant qu’il est toujours, avait osé accepter cette invitation.

    Sacrilège!

    Un mot à ces paranos : il se vend des bonnes pilules pour guérir le grand mal qui vous accable vous savez. Et si vous refusez d’être soignés, eh bien restez petits. Ça vous va bien.

    Mais Québec, ma ville, a décidé d’être grande. De viser haut. Très haut. Pour une fois qu’elle ne tombe pas dans l’exagération inverse simonac…

    Comment quelqu’un de sensé peut avoir songé, ne serait-ce qu’une seconde, à tourner le dos à une occasion semblable?

    Je n’arrive pas à comprendre.

    Ce que je comprends, c’est que mes enfants qui n’en ont rien à cirer de la politique, des Beatles, de McCartney, de Let it Be et de Live and let die sont sautés du lit lundi matin en scandant des : « salut toute la gang » en imitant l’accent de Liverpool de Sir Paul.

    Un souvenir qu’ils garderont bien en tête toute leur vie.

    Ils ne réalisent pas l’ampleur de l’événement qu’ils ont vécu dimanche.

    Pas encore.

    Mais quand Paul décidera d’aller rejoindre John et George, ou quand ils marcheront sur les plaines avec leurs enfants bien à eux dans bien des années, ils pourront dire qu’ils étaient sur les plaines en même temps que Sir McCartney, et que le 20 juillet 2008, qu’ils faisaient partis du Band on the run…

    Les enfants ne comprenaient pas pourquoi, dès samedi après-midi, des gens étaient installés pour attendre l’ouverture des barrières une trentaine d’heures plus tard. Des barrières qui, une fois ouvertes, ont donné lieu à une course folle pour les premières places devant la scène.

    Ils ne comprenaient pas, non plus, pourquoi à près d’un kilomètre derrière la scène, derrière, loin derrière le deuxième écran géant retransmettant le spectacle d’une vie, des jeunes, des moins jeunes et des jeunes de cœur qui ne le sont plus de corps depuis quelques printemps, chantaient, dansaient et se serraient au rythme des mélodies et des paroles chantées par l’un des plus grand artiste encore vivant sur la terre.

    Il devait bien y avoir une seconde de décalage entre les mouvements de lèvres de Sir Paul et les paroles que crachaient les haut-parleurs, mais ce n’était pas grave.

    Ou si peu…

    On était là, présents.

    Présents à la fête, la belle fête, la grande fête sur des plaines qui en ont vu d’autres.

    J’ai vu sur ces plaines les grands spectacles de la Super franco-fête au début des années 1970. Des grands shows de la St-Jean. J’ai vu Une fois cinq. J’en ai vu des spectacles. Je les ai vus de mes yeux vus.

    Celui de McCartney, je ne l’ai pas vu.

    Pas directement en tout cas.

    Mais je l’ai vécu. Je l’ai senti. Je l’ai enregistré. Dans ma tête, dans mon cœur, dans mes tripes.

    Maryse aussi, nos enfants également.

    Ça doit être important pour qu’il y ait autant de monde ici qu’ils disaient.

    Ils avaient raison.

    Car dimanche soir, c’est la terre entière qui s’est mise au diapason du 400e anniversaire de Québec. Quand Paul a craché « Bonne Fête » entre Band on the Run et Back in the USSR, il a dit à toute la planète qu’il avait accepté l’invitation de Québec pour venir fêter avec elle.

    À cause de cette invitation et surtout du fait qu’il l’ait acceptée, il y a pas mal plus de monde sur la grosse boule qui savent depuis dimanche où se situe Québec, et la province de Québec.

    Pas sûr que la meilleure troupe des ceintures fléchées faisant dans le set carré de notre belle et grande province aurait eut le même effet…

    Mais bon, on s’offre la fête qu’on veut.

    Et pour une fois, Québec s’est offert un cadeau à la hauteur de sa beauté, de son charme, de son niveau.

    Dieu que c’était beau.

    Comme les résidents qui semblent plus fiers et heureux d’y vivre qu’à l’habitude.

    Bon! On s’est fait tremper samedi et on se les gelait lundi matin, mais ça ne change rien à la qualité de la fête.

    On n’a pas 400 ans tous les ans, mais la fête dure depuis un moment et les bougies ne sont pas prêtes de s’éteindre.

    Alors profitez en.

    Sir Paul est venu. Il est reparti. Comme les voiliers.

    Mais la ville, les gens, la Place royale, le Vieux, la Grande-Allée, la rue Cartier, les galeries d’art, les retos vous attendent.

    Allez-y.

    Ça vaut la peine.

    Et faites vous le cadeau d’une visite au bassin Louise pour vous laisser bercer par le moulin à images.

    Du pur génie.

    Vous verrez Québec et son histoire défiler sous vos yeux sur une des horreurs de la terre – la Bunge – que Robert Lepage a transformée en écran de toute beauté. Un écran qui parle, qui tourne, qui bouge. Un écran qui vit.

    Bonne fête Québec que j’aimais, que j’aime et que j’aimerai, si vous permettez d’emprunter les mots de Francis Cabrel.

    Et Mats Sundin?

    S’il était venu à Québec en fin de semaine, il aurait décidé d’accepter l’offre du Canadien, juste pour se rapprocher de cette si belle ville qui l’a vu donner ses premiers coups de patin dans la LNH.

    Trêve de plaisanterie, on l’attend encore le vieux Mats, mais les chances du Tricolore sont aussi bonnes que celles des autres clubs en lice…

    Entre-temps, fêtons le 400e…


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