Avec la mise sous contrat du jeune défenseur Ryan O’Byrne pour les trois prochaines années, Bob Gainey peut maintenant partir en vacances… ou presque.
Car sa longue liste de choses à faire sur laquelle figuraient les noms des nombreux joueurs qu’il avait à mettre sous contrat est maintenant vide. Il n’y restait que le nom de O’Byrne et il peut maintenant être effacé.
Bon! Ce n’est pas tout à fait vrai.
Car dans les faits, il reste toujours un nom, un gros nom, tout en haut du tableau : celui de Mats Sundin.
Mais dans ce dossier, Gainey et le Canadien ont fait ce qu’ils avaient à faire. Ils se sont assurés que le principal intéressé sache à quel point sa présence à Montréal est souhaitée et qu’il accompagne leurs souhaits des millions nécessaires pour prouver qu’ils sont sincères.
Tout ça a été fait.
Et il semble que cela ait été bien fait.
Pour le reste, on va laisser Sundin jouer au golf, aller à la pêche, se marier, profiter de ses premières nuits de noce et décider s’il veut encore jouer au hockey dans la LNH.
Et une fois que le grand Viking aura pris une décision, il faudra le laisser analyser les offres du Canadien, des Canucks et des Rangers afin qu’il établisse ensuite domicile à Montréal, Vancouver ou New York.
Maintenant que sa « to do list » est propre – si seulement la mienne l’était autant – on peut se demander si Bob Gainey a fait du bon travail.
La réponse est simple.
Oui!
Et non, je n’ai pas été victime d’insolation aujourd’hui au golf. En passant, j’ai roulé un beau 79, mais mon adversaire Gilles Meloche est venu piger dans mes poches au 18e avec une normale associée à un coup que je lui accordais.
Non, vraiment, Bob Gainey a fait ce qu’il avait à faire. Ses hommes de hockey aussi.
Au lieu de prendre une chance avec un premier choix, le Canadien a mis la main sur Alex Tanguay.
Il ne s’agit pas ici de la réincarnation de Maurice Richard, mais en Tanguay le Canadien a mis la main sur un attaquant de premier plan qui devrait aider la cause de l’équipe.
Il a aussi mis sous contrat tous les joueurs qu’il avait à réembaucher.
À ce jeu, il n’y avait pas de grand péril cela dit.
Car exception faite d’Andrei Kostitsyn qui aurait pu se faire hypnotiser par les millions consentis dans la Ligue continentale en Russie, les autres n’avaient pas beaucoup de chances de filer de Montréal.
Et quand on regarde les sommes stupides consenties aux quatre coins de la LNH depuis un mois, l’embauche de l’aîné des Kostitsyn pour trois ans à moins de 12 millions, ça semble une bien bonne affaire pour le Tricolore.
Oui Michael Ryder et Mark Streit sont partis.
Mais comme je l’ai écrit plus tôt cet été – et comme j’ai pu le constater dans vos commentaires – il valait mieux les laisser partir tous les deux que d’embarquer dans la valse folles des millions dans laquelle ils se vautrent tous les deux maintenant qu’ils sont à Boston et Uniondale.
Tant mieux pour eux, mais à ce jeu, le Canadien n’est pas perdant.
Du moins je ne crois pas.
Le Canadien s’est-il amélioré?
Avec l’embauche d’Alex Tanguay, on doit répondre oui.
L’ajout des muscles de George Laraque ne nuira pas non plus. Mais de grâce, éviter d’associer le nom de Laraque à celui de la coupe Stanley. Comme s’il ne manquait que les poings de Laraque pour propulser le Canadien à la coupe.
Ce serait une insulte à ce si grand trophée et une insulte aussi à cet honnête bonhomme qui remplit un rôle ingrat, qui est un grand bagarreur, mais loin, très loin, d’être un bon joueur de hockey.
S’est-il amélioré autant que certains autres clubs?
Peut-être pas.
Mais le Canadien, champion de la conférence de l’Est, partait de plus haut que les Panthers de la Floride, les Rangers de New York ou le Lightning de Tampa Bay. Il avait donc moins de chambardements à apporter.
Est-ce que le Canadien est assez fort pour viser un autre titre d’association et une finale de la coupe Stanley pour son centenaire?
Ce serait d’aller vite en affaires que de déclarer tout cela haut et fort.
Mais on peut dire sans grand risque de se tromper que le Canadien a de très, très bonnes chances de devancer au classement les Maple Leafs de Toronto, les Islanders de New York, les Panthers de la Floride, le Lightning de Tampa Bay, les Rangers de New York, les Hurricanes de la Caroline, les Devils du New Jersey, les Thrashers d’Atlanta, les Sabres de Buffalo et… attention! Les Sénateurs d’Ottawa.
Ça veut donc dire que s’il y a dix équipes qui devraient terminer derrière lui, je vois déjà le Canadien en séries.
Est-ce que je les vois tout en haut du classement?
Ça va dépendre des blessures, du beau Alex et de Carey Price.
Mais je pense que les Penguins seront encore forts, que les Capitals poursuivront sur leur lancée de l’an dernier, que les Bruins donneront encore de la difficulté au Tricolore, tout comme Philadelphie…
Mais si d’ici le début de la prochaine saison, Bob Gainey réalise le grand coup que les partisans attendent de lui et qu’il réussit à convaincre Mats Sundin de venir terminer sa carrière à Montréal, le Canadien sera à prendre très au sérieux dans l’Est.
Il pourra reluquer le premier rang sans être gêné de le faire comme ce fut le cas le printemps dernier.
En autant que les blessures ne minent pas l’équipe. Bien entendu.
S’il obtient Sundin, Gainey méritera toutes les félicitations d’usage.
S’il ne l’obtient pas?
Il devra garder l’œil ouvert – et le bon – afin de flairer la bonne transaction pour assurer à son équipe d’être au plus fort de la lutte dans cette année du centenaire.
Et il devra prendre de l’avance en cours de calendrier afin de mettre les Komisarek, Higgins et autres futurs joueurs autonomes sous contrat afin de ne pas surcharger sa liste de choses à faire l’été prochain.
C’est encore loin, c’est vrai.
Mais mieux vaut prévenir que guérir.
Sauf que pour l’instant, et attendant Mats Sundin, on peut dire mission accomplie pour Bob Gainey et le Canadien, ou presque accomplie…

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