Je vous fausse compagnie. Pas pour longtemps. Juste quelques jours. Mais je vous quitte.
Non! Ce n’est pas pour me rendre à Pittsburgh pour assister au match quatre ou à Detroit pour le match cinq. Ce n’est pas l’envie qui manque cela dit. Mais si je me rendais à Pittsburgh ou Detroit, je pourrais vous y traîner avec moi et échanger avec vous autant que le cœur nous en dirait.
Mais au lieu de mettre le cap sur le sud, je le mets sur le nord. Là où internet, avec ou sans fil, n’a pas étendu ses tentacules.
Mais s’il n’y a pas d’internet, il y a du poisson.
Et j’espère qu’il y a en aura beaucoup et qu’il sera gros et vigoureux.
C’est ça. Je m’en vais à la pêche.
Ça n’arrive pas souvent. Mais comme dans la stupide annonce de Tim Horton, quand je reçois l’appel, je quitte.
Je ne sais pas si je quitterais ma blonde aux pieds de la tour Eiffel où une plage sur le bord de la mer, mais tant qu’à se faire mouiller sur le tête toute la fin de semaine, aussi bien aller le faire avec des monstres qui sont habitués de vivre dans l’eau…
Je quitte avec deux chums de Québec. Des vrais pêcheurs: Louis Nollet et Martin Dufresne. Un autre chum, Claude Lemieux, a déclaré forfait. Il fallait un bouche-trou. J’ai dit oui. Bien sûr. Si ça me dérange d’être bouche-trou. Pas du tout. Ça me donne la chance d’en profiter…
Si je suis un bon pêcheur?
Pas vraiment. Je suis meilleur à titre de pécheur. Ne le sommes nous pas tous cela dit…
Mais j’ai un plaisir fou à inventer de nouvelles combinaisons pour appâter ma ligne en me disant que le « bœuf » du lac va me faire l’honneur d’accepter mon invitation.
Ça me détend. Et j’en ai besoin.
Mon golf fait défaut – un beau premier neuf d’un au dessus de la normale a été suivi d’un deuxième affreux, de 9 coups au dessus du par — et il n’y a pas moyen de se baigner avec les enfants tant il fait froid. Les rosiers sont plantés. Il reste bien quelques tâches à compléter autour de la maison et les enfants à reconduire ici et là au cours du week-end, mais bon, ma femme m’a donné la permission.
Vous le savez, ce n’est pas moi le boss.
Ma vie est dictée par le Canadien du mois de septembre jusqu’à leur élimination, mes boss décident du reste. Vous êtes mes patrons – et Dieu que vous êtes sévères parfois – sur Sans ligne rouge et à la maison, ce sont Maryse et les enfants qui mènent.
Donc quand j’ai une permission, j’en profite…
Où je vais?
Dans le coin de Parent. Je ne connais pas l’endroit, mais il parait que le doré est gros et qu’il a besoin de compagnie en fin de semaine.
Ça tombe bien.
Je vous redonne des nouvelles en revenant. Mardi en fin d’après-midi.
Et le hockey?
C’est vrai que le timing est mal choisi. Après l’excellent match de mercredi, celui de ce soir devrait être meilleur encore.
J’espère qu’il le sera.
J’espère que les Penguins le gagneront ce quatrième match et que les Red Wings gagneront l cinquième à Detroit.
Ça mettrait du poids sur ma prédiction – Detroit en sept – et ça m’assurerait d’une fin de série absolument magnifique.
On verra.
Et dans le fond, au lieu de mettre des rondelles dans le filet, on va espérer que des poissons se retrouveront dans le filet. Non, je ne pêche pas au filet. Mais j’ai une puisse bien grosse dans laquelle j’espère plusieurs dorés se succéderont.
Mais comme je pêche comme un brochet… Dans le sens négatif du terme!
D’ici là, soyez sages. Comme toujours. Et respectez vous les uns les autres comme je peux vous respecter…

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