Il était temps, c’est vrai, mais on a maintenant la grande finale promise depuis qu’on sait que les deux meilleures équipes de la Ligue s’opposent en duel pour soulever la coupe Stanley.
Quel plaisir de voir les Penguins reprendre un certain contrôle de leurs émotions, de perdre une portion de l’intimidation dont ils souffraient d’une manière évidente lors des deux premiers matchs et de se mettre à jouer au hockey comme ils en sont capables.
Et Dieu sait qu’ils le sont…
Les Red Wings ne sont pas tombés à plat hier. Et non! Ils ne forment pas maintenant une mauvaise équipe.
Que non!
Comment expliquer la domination des Penguins au cours des deux premières périodes alors?
Parce qu’ils ont joué comme ils l’ont fait en saison régulière.
Au lieu de subir la pression des Wings et de multiplier les erreurs, les Penguins sont allés au devant des coups. Ce sont eux qui ont poussé les Wings à commettre quelques erreurs et contrairement aux deux premiers matchs, ils ont su en profiter.
Le premier but et le résultat de quelques coups de chance.
Hossa voulait tirer au but. La rondelle dévie sur le patin d’un défenseur se retrouve sur la lame du bâton du Crosby qui ne fait que tirer à son tour avant de profiter d’un ricochet sur la jambière de Osgood pour permettre à son équipe de marquer un premier but en finale après une disette de près de sept périodes.
Un but chanceux?
Un peu. Mais cette chance, les Penguins l’ont provoquée en poussant Brad Stuart à l’erreur en sortie de zone.
Et des erreurs, on a vu les Wings en commettre plus lors des deux premières périodes du match d’hier que lors des deux premiers matchs.
Pourquoi?
Parce que les Penguins ne se sont pas contentés de regarder la glace défiler sous leurs patins.
Aussi simple que ça. Quand on vous dit que c’est simple le hockey…
Les Penguins ont aussi su profiter des attaques massives pour orchestrer de l’offensive et marquer.
Contre une équipe aussi forte que les Wings, tu ne peux pas gaspiller attaque massive après attaque massive et maintenir des chances réelles de victoire.
Marian Hossa aurait pu marquer un, deux peut-être quatre buts s’il avait été un peu plus chanceux ou s’il n’avait pas été victime d’un cinglage évident dans l’enclave alors qu’il n’avait qu’à tirer dans un filet déserté par Chris Osgood.
Mais au moins les occasions étaient là, preuve que Hossa a travaillé plus fort et mieux hier que lors des deux premiers matchs.
De retour à la maison où ils n’ont pas perdu depuis qu’on était enseveli de neige, les Penguins jouaient avec confiance hier.
Ça paraissait.
Et une fois en avant 1-0, on a senti qu’ils croyaient vraiment en leurs chances.
Normal!
Depuis le début des séries, les Penguins affichent un dossier de 11-0 lorsqu’ils marquent le premier but.
Mais pour s’offrir ce premier but, il fallait d’abord marquer.
Ils l’ont fait.
Ont-ils déstabilisé les Wings?
Ça non par exemple.
Chris Osgood a sué plus hier que lors de ses deux victoires par jeu blanc consécutives.
Mais je ne crois pas qu’il ait passé la nuit assis dans la garde-robe de sa chambre d’hôtel en craignant le prochain match.
Même qu’on doit s’attendre à un meilleur match encore des Red Wings samedi.
Samedi!
Quel gaspillage pour les Penguins.
Car cette pause de trois jours réduira l’impact de la victoire d’hier.
Pas que les Wings ont fait dans leurs culottes hier. Non! Mais si le quatrième match était présenté dès demain, les Penguins auraient pu sauter sur la patinoire, encore poussés par l’énergie de leur première victoire.
Après trois jours, la vague aura perdu de sa force.
Dommage.
Un mot sur Michel Therrien :
Il a vraiment pris de l’expérience et de la maturité.
Après avoir défilé des observations négatives sur le travail des arbitres et sur les actes illégaux commis par les Wings, Therrien s’est assis avec les arbitres et, preuves à l’appui, a démontré ce qu’il dénonçait.
Curieusement, les Wings ont été puni en première moitié de match hier.
Sacrer après les arbitres, ça fait parti de la job d’un coach.
Mais prendre les moyens pour leur faire « poliment » comprendre qu’ils se sont trompés, ce ne sont que les meilleurs qui arrivent à le faire.
Ce faisant, Therrien a prouvé qu’il a maintenant sa place au sein des bons coachs de la LNH.
Il y a peut-être encore un peu de polissage et d’expérience à prendre, mais il est bien meilleur que le matamore décrit par bien des observateurs qui voudraient se retrouver à sa place…
L’excellent match d’hier, nous a redonné une finale.
Si les Penguins gagnent encore samedi, on aura finalement droit à la grande finale promise et ma prédiction – Detroit en sept – prendra un peu plus de valeur en bourse.
Ça fera changement des crashs successifs encaissés cet hiver…

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