Parce que Bob Gainey est Bob Gainey, il ne fallait pas s’attendre à de grandes déclarations, de grandes accusations ou de grandes projections dans le cadre du bilan de la saison qui a pris fin samedi.
Ce n’est pas le genre du grand patron.
Mais Gainey a admis que comme ses joueurs et des milliers de partisans qui astiquaient leurs chaises en vu d’un éventuel défilé, Bob Gainey a cru aux chances de son équipe de soulever la coupe Stanley pour la 25e fois de son histoire.
« Tout était possible », a scandé le directeur général du Canadien.
Bon! Ce qui était possible est devenu impossible parce que les Flyers de Philadelphie ont été meilleurs que le Canadien. À tous les niveaux.
Mais pour que tout soit encore possible l’an prochain et pour repousser un peu plus loin l’impossible dans le cadre du centenaire de l’équipe, Bob Gainey tentera de mettre la main sur un attaquant de premier plan.
Qui? Comment l’obtenir?
Vous ne pensiez quand même pas que Gainey allait tout nous dire.
Aie! Il a échangé Cristobal Huet et Mike Ribeiro sans l’annoncer à son coach. Il a mis Saku Koivu sous contrat il y a trois ans sans en glisser un mot à celui qui allait hériter de l’équipe.
Les Islanders de New York ont plus de chance de gagner la coupe Stanley l’an prochain qu’on avait des chances de voir Gainey nous dévoiler en détails son plan d’attaque.
Mais le directeur général du Canadien a toutefois assuré qu’il garderait toutes les possibilités ouvertes.
C’est déjà ça de gagné…
« Nous serons là le premier juillet prochain. Nous serons prêts et nous aurons un marge de manœuvre qui nous permettra de bouger », a lancé Bob Gainey qui compte sur l’excellente saison de son équipe et l’appui inconditionnel des partisans pour l’aider à convaincre les candidats susceptibles d’intéresser le Canadien et de s’intéresser à Montréal.
« Les partisans de Montréal, du Québec et du Canada nous ont démontré à quel point nous comptons pour eux. Ils sont heureux quand l’équipe gagne et ont démontré à quel point il est spécial de jouer et de gagner pour une équipe qui évolue dans un marché particulier comme celui de Montréal. Avec un tel appui, c’est plus facile pour moi de faire mon travail », a ajouté Gainey.
Analyser d’abord, agir ensuite
Mais avant de repartir à la chasse d’un Daniel Brière, Bob Gainey s’assurera que tous les membres de son état-major feront bien leurs devoirs.
« Nous effectuerons une évaluation complète de notre personnel au cours des six prochaines semaines. Nous devons déterminer quels joueurs nous désirons garder avec nous, qui sont susceptibles de les remplacer au sein de notre club-école et vers qui nous nous tournerons si nous décidons d’aller regarder ailleurs », a expliqué Gainey.
S’il est resté vague dans ses réponses quant à ses objectifs et stratégies pour les atteindre, Bob Gainey a toutefois indiqué à ses partisans que c’est du côté de l’attaque qu’il entend renflouer son club.
« Nous avons un jeune gardien de grand talent sur qui nous pourrons compter pour des années. Nous avons aussi une défensive solide en place à laquelle de très bons jeunes viendront se greffer au fil des prochaines années. C’est plutôt à l’avant que nous recherchons à nous améliorer. J’ai été surpris, ce printemps, de constater qu’une équipe dirigée par Bob Gainey, Guy Carbonneau et Doug Jarvis était la meilleure en attaque de la LNH. Mais nous avons manqué d’opportunisme durant les séries et l’ajout d’un autre marqueur pourrait certainement aider. »
Marian Hossa
Après avoir été coiffé au fil dans sa quête d’obtenir Marian Hossa à la date limite des transactions, le 26 février dernier, le Canadien pourrait tenter une fois encore sa chance dès le premier juillet.
Comme il l’avait fait l’an dernier avec Daniel Brière.
« Rien ne sera écarté. Nous pourrions compléter une transaction, être agressif sur le marché des joueurs autonomes ou même faire des offres à des joueurs autonomes avec restriction. »
Bob Gainey a aussi reconnu qu’il aurait les coudées franches dans sa quête d’une super-vedette.
« Cela fait trois ans que nous apprivoisons la dernière convention collective et que nous jonglons avec le plafond salarial. Nous aurons une marge de manœuvre et nous utiliserons tous les moyens que nous offre la convention pour améliorer l’équipe.
Nous n’avons pas encore ouvert la porte à des contrats de 10, 12 ou 15 ans. Comme nous n’avons pas présenté d’offres à des joueurs autonomes avec restrictions. Je ne dis pas que ça ne viendra jamais, mais c’est possible. Il faudra toutefois évaluer les risques reliés à de telles opérations. »
À ce jeu, les Oilers d’Edmonton paient encore cher et paieront pendant cinq ans – en choix au repêchage – l’embauche de Dustin Penner l’été dernier.
C’est ce qui rend ces tactiques d’aller chercher des joyaux avant l’autonomie complète un peu suicidaires.
Mais si Gainey devait se faire faire le coup dans le cas d’Andrei Kostitsyn, peut-être songerait-il à aller chiper Antoine Vermette aux Sénateurs d’Ottawa. Ou pourquoi pas R.J. Umberger aux Flyers, Marek Svatos à l’Avalanche du Colorado ou d’autres jeunes qui pourraient être disponibles s’ils ne se sont pas entendus avec leur équipe avant le premier juillet.
Profiter du centenaire
Parce que le Canadien amorcera sa 100e saison en octobre, Bob Gainey est très conscient que l’occasion serait bien choisie pour remporter une première coupe Stanley depuis la conquête de 1993.
« Le centenaire sera très spécial à tous les niveaux de l’organisation. Il est bien évident que nous voulons qu’il le soit aussi sur la patinoire. Je vais prendre les moyens nécessaires pour nous améliorer en fonction de l’an prochain. Il est certain que nous voulons encore être dans le groupe de clubs qui lutteront pour les grands honneurs. Mais en même temps, je dois m’assurer que l’équipe poursuivra son développement à long terme et qu’elle sera encore compétitive lorsque je serai parti. »
Grand-papa Carbo est attendu à Dallas
Après avoir félicité et remercier ses joueurs, ses entraîneurs, les partisans de l’équipe et même les membres de la presse pour le travail accompli au cours de la saison qui a pris fin « trop vite » samedi, Bob Gainey a refusé de dire s’il allait récompenser Guy Carbonneau avec une prolongation de contrat.
« Je ne crois pas que ce soit de vos affaires. J’ai une rencontre avec Guy dans deux semaines et c’est l’évaluation de l’équipe qui sera au centre des discussions », a répondu sèchement Gainey.
« Bel essai », a répliqué Carbo au collègue Red Fisher qui avait posé la question.
Finaliste au trophée Jack Adams à sa deuxième saison à la barre du Canadien, Carbonneau a signé un contrat à long terme lorsqu’il a accepté l’offre de Bob Gainey. Une fois le bilan de saison complété hier, Carbonneau n’a pas voulu indiquer s’il restait un ou deux ans à écouler à ce contrat.
L’occasion serait toutefois bien choisie pour prolonger le contrat de Carbonneau.
Cela dit, l’entraîneur-chef du Canadien aura bien d’autres chats à fouetter au cours des prochains jours. Il s’envolera pour Dallas afin d’aller y rejoindre sa fille aînée et son gendre, Brendan Morrow, le capitaine des Stars, qui recevront la visite de la cigogne en fin de semaine. Une cigogne qui déposera les 2e et 3e enfants du couple.
Carbonneau en profitera aussi pour épier les Stars en compagnie de son grand copain et aujourd’hui membre de l’état-major de l’équipe Brett Hull.
Quelques rondes de golf devraient s’ajouter aux changements de couches et boires qui occuperont une grande place de l’horaire de Carbonneau qui sera grand-papa pour la troisième fois.
La cravate chanceuse a fait des petits…
Tel que promis, la cravate chanceuse nouée au cou de Guy Carbonneau sera mise offerte aux enchères et l’argent recueilli sera redistribué par le biais de la Fondation du Canadien pour l’aide à l’enfance.
« Nous avons déjà eu un entretien avec les responsables de E-Bay et une décision sera prise bientôt à savoir le moyen que nous prendrons pour l’offrir aux partisans », a lancé Guy Carbonneau qui s’est retrouvé enseveli sous des centaines de cravates qui lui ont été envoyées par des amateurs qui cherchaient à aider le Tricolore.
« Je veux remercier tous les partisans qui m’ont envoyé des cravates. Je pense que je suis rendu à plus de 400. Plusieurs étaient accompagnées de messages écrits par les partisans qui expliquait que leur cravate était chanceuse pour une telle raison alors que d’autres soulignaient que leur cravate avait été portée par un mari décédé. Je n’ai pas idée du nombre exact, mais il n’y aurait pas eu assez de matchs pour toutes les porter », a ajouté l’entraîneur-chef du Tricolore en riant.
Quand un journaliste lui a fait remarquer que les centaines de cravates ainsi reçues devaient toutes être plus belle que sa cravate chanceuse – une Hermès multicolore que son épouse lui a offerte pour sa fête le mois dernier – Carbo a répliqué en lançant :
« C’est encore à voir!»
La série Dallas-Detroit se met en branle ce soir.
On s’en reparle plus tard…

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