François Gagnon

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    Journaliste à La Presse et à LaPresse.ca, François Gagnon est un amateur de hockey depuis toujours qui n'hésite pas à chausser ses patins pour vivre la magie du sport. Chaque jour, il vous propose sa vision du hockey et attend avec impatience vos questions et réactions!
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    Dimanche 17 février 2008 | Mise en ligne à 0h31 | Commenter Commentaires (118)

    The Price is right!

    Dans un coin du Centre Bell un partisan a passé la soirée à brandir un panneau en carton jaune sur lequel il avait écrit : the price is right!

    Je ne sais pas si ce partisan est un fan de ce jeu qui a rendu Bob Barker riche et célèbre.

    Je ne sais pas si les hôtesses sur le plateau du quiz le plus populaire de l’histoire de la télé américaine ont été, comme pour bien des gars de 45 à 50 ans, ses premières blondes virtuelles avant l’ère de l’internet.

    Ce que je sais, c’est qu’au Centre Bell hier, ces quatre petits mots sans grande valeur au scrabble avaient une très grande valeur au hockey.

    Car oui, oui et re oui, Carey Price valait son poids en or hier.

    Et comment!

    En quête d’un premier jeu blanc en carrière dans la LNH, le grand gamin de 20 ans a même fait les choses en grand réalisant 34 arrêts, dont sept au cours d’un désavantage numérique de deux joueurs en début de troisième période, pour permettre au Canadien de remporter une victoire de 1-0 aux dépens des Flyers de Philadelphie.

    En passant : qui a dit qu’un match de 1-0 se devait d’être un somnifère?

    Celui, celle, ceux ou celles qui ont dit ça n’ont pas vu le match d’hier. Car après un match comme celui que se sont disputés les Flyers et le Canadien, il est impossible de partir avec une idée aussi saugrenue.

    Je ne vous dis pas que tous les matchs de 1-0 sont intéressants. Ça non! Sauf qu’il y a des matchs de quatre, six, voire huit buts qui ne valent pas la peine d’être regardés à la télé.

    Mais celui d’hier : wow! Du début à la fin. Grâce aux arrêts de Carey Price et au but, et quel but, d’Andrei Kostitsyn.

    Un beau match, un bon match, un match enlevant au cours duquel les arbitres ont été actifs, mais honnêtes – le duo Stéphane Auger et Dave Jackson a été 100 fois meilleur (c’est facile vous direz) que le duo McGeough-Shick en Floride plus tôt cette semaine – même si le but refusé à la fin me donnait l’impression d’être bon.

    Non! Non! Non! Ne me lancez pas la pierre en soutenant que je rappelle ce jeu controversé simplement pour remettre en cause la victoire du Canadien.

    Car si vous me promettez de ne pas le dire à ma femme et à l’impôt, j’ai fait 25 $ hier en gageant sur la Canadien.

    Je vous assomme là!

    Mais j’ai quand même l’impression que le but était bon.

    Les arbitres ont indiqué aux Flyers qu’ils avaient jugé que c’est un joueur des Flyers qui avait poussé le paquet de joueurs dans le filet et que la rondelle avait suivi.

    Pas sûr.

    Surtout lorsqu’on voit Tom Kostopoulos foncer dans le tas comme un train et qu’on note ses commentaires d’après-match : « Je voulais juste me rajouter dans le tas pour éviter que la caméra située au dessus du but puisse offrir une reprise qui aurait permis d’accorder le but. »

    Voilà un gars franc! Comment diable la Police de Tampa a-t-elle pu l’appréhender dans la nuit de dimanche à lundi au lieu de lui donner l’absolution sans confession et de lui remettre Ryan O’Byrne en guise de récompense…

    « Je n’a rien vu. J’ai fait l’arrêt avec la jambière, la rondelle s’est retrouvé libre dans le demi-cercle et je crois qu’ils étaient dix à pousser sur moi en même temps. Les arbitres ont indiqué avoir perdu la rondelle de vue et c’est la raison pour laquelle il n’y a pas eu de but », a ajouté le jeune gardien qui a vu son jeu blanc être protégé par la décision de Stéphane Auger.

    Les Sénateurs dans la mire

    Là où c’est moins drôle, c’est que cette victoire signée Carey Price ramène le Canadien à deux points des Sénateurs qui ont encore perdu samedi. Un revers de 3-2 aux dépens de Martin Brodeur et des Devils du New Jersey.

    Je n’ai rien vu de ce match. Mais avec 64 tirs en direction du filet, 39 cadrés et deux buts seulement marqués, je me dis que Martin Brodeur a dû avoir son mot à dire.

    Mais il serait temps que les Sénateurs se remettent à marché.

    Car il n’y a pas que le Canadien qui menace. D’autres clubs réduisent l’écart et si je suis encore convaincu qu’il est trop tôt pour assurer le Canadien d’une place en séries, il en sera vite de même pour les Sénateurs si Daniel Alfredsson ne reprend pas le contrôle de son équipe et s’il n’y a pas un gardien qui décide de prendre son rôle au sérieux.

    En tout cas, à Montréal, Carey Price semble avoir compris.

    Et s’il vous plaît, ne perdez pas deux secondes avec la question à savoir qui est le numéro un. Le numéro un du Canadien est celui à qui Guy Carbonneau donne le mandat de gagner et qui trouve le moyen de le relever.

    Price était numéro un mercredi en Floride. Il l’était encore hier au Centre Bell et devrait l’être encore aujourd’hui à Philadelphie.

    Huet le redeviendra lorsqu’il recevra le mandat d’aller gagner et qu’il gagnera.

    Il me semble que c’est simple à comprendre et qu’il n’y a la moindre polémique de cachée derrière ça.

    Non?

    En passant, le premier rang détenu, pour l’instant pas les Sénateurs, est de retour dans la mire du Canadien. Car dans le cadre du duel aller-retour qu’il livre aux Flyers en fin de semaine, le Canadien pourrait rejoindre les Sénateurs en remportant un deuxième gain consécutif ce soir à Philadelphie.

    Exceptionnel, extraordinaire…

    « On a fait ce qu’il fallait faire pour gagner ce soir, sauf que nous avons fait face à un gardien exceptionnel », a lâché le Gatinois Daniel Brière qui a obtenu quatre des 34 tirs de son équipe.

    « Carey a été extraordinaire », a renchéri l’entraîneur-chef Guy Carbonneau alors que les joueurs du Canadien y allaient de superlatifs de leur cru.

    Si Price a volé la vedette en se dressant 34 fois devant ses adversaires, Andrei Kostitsyn a réalisé le jeu du match en marquant le seul but de la rencontre. Un but qui pourrait passer à l’histoire.

    Fonçant au filet, Kostitsyn a perdu le contrôle de la rondelle en trébuchant devant le gardien Antero Niittymaki. Malgré son vol plané et le fait que la rondelle était sous lui, Kostitsyn a trouvé le moyen de redirigé la rondelle vers le filet. Comme tous ceux qui ont été témoins du but, le gardien des Flyers a été surpris par le geste et il a figé sur le jeu. Un jeu qui rappelait le but spectaculaire marqué par Alexander Ovechkin il y a deux ans.

    « C’est moi qui lui ai montré à faire ça », a lancé Andrei Kostitsyn avant de reconnaître qu’il avait joué un peu de chance…

    Solide du début à la fin

    Solide en début de rencontre alors que les Flyers profitaient du plein contrôle du jeu, Price a été étincelant en début de troisième alors que lui et ses coéquipiers se sont défendus avec deux joueurs en moins sur la patinoire pendant 1 :53.

    Et comme ce sont Andrei Markov et Mike Komisarek qui ont été punis coup sur coup, le Canadien s’est retrouvé en plus mauvaise situation encore.

    « J’ai cru que ce désavantage a duré huit minutes », a lancé Price qui a réalisé un arrêt à quatre contre cinq avant d’en ajouter sept au cours du cinq contre trois.

    « J’ai fait des bons arrêts, mais il est important de parler du travail des joueurs qui étaient devant moi. Ils m’ont grandement aidé », plaidait lentement le gardien au calme désarmant.

    Le gardien âgé de 20 ans seulement a montré un peu d’émotion lorsqu’il a été question des ovations des partisans.

    « C’est vraiment excitant de sentir toute cette affection de la part des partisans. C’est un plaisir intense, un sensation vraiment enivrante », a ajouté le jeune gardien qui ne savait pas encore s’il aurait l’occasion de prolonger le calvaire des Flyers dès ce soir.

    « Je vais penser à ça jusqu’à demain matin (aujourd’hui) », a pour sa part ajouté Guy Carbonneau en cachant bien mal son jeu.

    Car avec ses 34 arrêts dont 15 réalisés en troisième pendant que ses coéquipiers ne tiraient que trois fois sur la cage des Flyers, Price force un peu la main de son entraîneur.

    Hamrlik et Bouillon ont brillé

    Derrière Carey Price qui a volé la vedette hier soir, les défenseurs Roman Hamrlik et Francis Bouillon ont brillé.

    À son premier match après une absence de cinq rencontres, Hamrlik a joué un rôle de premier plan en appui à Price au cours du désavantage de deux hommes d’une durée de 1 :53 en début de troisième période. Et comme si la situation n’était pas déjà assez précaire, il a brisé son bâton histoire de la rencontre plus difficile encore.

    « Avec Andrei (Markov) et Komo (Mike Komisarek) qui étaient au banc, il fallait que tous les autres haussent leur niveau de jeu. On l’a fait. À commencer par Carey qui a été excellent. Normalement pendant un trois contre cinq, tu restes le plus immobile possible tout en jouant du bâton. J’ai dû me déplacer plus en raison de mon bâton brisé. Nous avons été bon, mais avons aussi joué un peu de chance. Il en faut toujours un peu, surtout qu’ils ont obtenu d’excellents tirs », analysait Hamrlik qui a bien composé avec la fatigue.

    « C’était difficile en début de partie. Mais plus le match avançait, mieux je me sentais », a poursuivi le défenseur qui a passé 23 :21 sur la patinoire.

    Malgré ses 18 :20 d’utilisation, Bouillon a rempli un rôle de premier plan dans la victoire du Canadien. Un rôle qu’a relevé et apprécié Guy Carbonneau.

    « C’est une belle surprise de retrouver de Francis Bouillon qu’on connaissait par les années passées. Sans être une déception, les blessures ont fait baisser le rendement de Francis l’an dernier. On n’avait pas de doute qu’il reviendrait, mais on le recherchait et on l’a retrouvé. Il n’a peur de rien, compétitionne et est prêt à tout pour aider l’équipe. »

    Quel but!

    S’il avait hâte de voir la rondelle de son premier jeu blanc venir rejoindre celles de sa première victoire contre Pittsburgh et de son premier point récolté contre Ottawa, Carey Price a été lui aussi un témoin ravis du but d’Andrei Kostitsyn.

    « C’était tout un jeu de le voir dans les airs comme ça et de trouver le moyen de rediriger la rondelle », a indiqué Price.

    « J’espère que ce but fera les jeux de la semaine. C’était tout un jeu. J’ai dû revoir la reprise sur l’écran géant parce que je n’avais pas vu qu’il avait réussi à toucher à la rondelle une fois dans les airs. Il l’a fait. Il a peut-être été un peu chanceux, mais des fois mieux vaut être chanceux que bon », a lancé Guy Carbonneau.

    C’est la deuxième fois cette saison que Kostitsyn réalise un but digne des jeux de la semaine. Le 17 janvier dernier, à Atlanta, Kostitsyn avait faire boire les défenseurs Alexei Zhitnik et Ken Klee à la même tasse de café avant de mystifier le gardien des Thrashers Kari Lehtonen avec une feinte qui lui avait permis de lancer le Canadien en avant 1-0. Il avait ajouté le but décisif en tirs de barrage.

    Entre les lignes

    - Les joueurs du Canadien et des Flyers se sont suivis dans le ciel entre Montréal et Philadelphie alors qu’ils avaient quitté le Centre Bell moins d’une heure après la rencontre…

    - Si les Flyers ont été blanchis, c’est surtout à cause de Carey Price. Si le Canadien a été limité à un but, c’est parce que le gardien Antero Niittymaki a été solide. Mais aussi parce que Saku Koivu et Francis Bouillon ont raté des occasions en or en prèmière période. Koivu s’est fait offrir un but à la suite d’un bel échange entre Sergei Kostitsyn et Andrei Markov. Il n’avait qu’à pousser la rondelle faiblement pour récolter son 11e de la saison. Mais non. On aurait juré que la lame de son bâton s’est transformée en éponge gorgée d’eau et qu’elle a plié sous le poids de la rondelle. Quant à Bouillon, il s’est porté à l’attaque et la rondelle s’est présentée devant lui. Pris par surprise – je lui cherche une excuse – il a raté la cible.

    - Alex Kovalev a joué en dépit d’une cheville amochée. Il a récolté une passe sur le but magnifique d’Andrei Kostitsyn et a bien failli en marquer un alors qu’une rondelle décoché avec vigueur est allée s’écraser sur le poteau…

    - C’est mon collègue de travail Marc Antoine Godin qui sera au match demain. Je vais le regardez, comme vous, et posterez des commentaires entre les périodes. On va le voir du même angle, même si je ne suis pas sûr qu’on verra les mêmes choses…

    - Pas besoin de vous dire que Daniel Brière a droit à des huées nourries chaque fois qu’il se prépare à prendre possession de la rondelle où à recevoir une passe. Ça vient avec les décisions difficiles et les millions. Mais il faudrait se faire une idée. Est-ce une bonne ou une mauvaise affaire pour le Canadien qu’il ait signé avec les Flyers?

    - Le premier ministre Stephen Harper assistait à la rencontre en compagnie de son lieutenant québécois Michael Fortier…

    - Personnalité de l’année La Presse/Radio-Canada, Joé Juneau et les membres de l’équipe de hockey pee-wee qu’il dirige dans le grand nord étaient de passage au Centre Bell où ils ont fait escale avant de se rendre à Québec pour prendre part au tournoi de hockey du Carnaval…

    - C’est drôle comme vous ne lisez que ce qui fait votre affaire et que vous avez une mémoire sélective. Il n’y a pas plus tard que deux semaines, lorsque le Canadien soufflait dans le cou des Sénateurs, je vous ai dit que je ne changeais pas mes prédictions quant à la place « assurée » du Canadien en séries parce que rien n’était acquis. Mais je vous ai aussi écris que de la façon dont les choses allaient, les Sénateurs, sans Alfredsson et Heatley, n’étaient pas plus sûrs que le Canadien d’accéder à la vraie saison. Il me semble que c’était clair…

    - Un autre sélectif souligne que je devrais me faire une idée parce que j’ai dit l’été dernier que les Flyers formaient une meilleure équipe que le Canadien. Pourquoi avez-vous oublié la première portion de mon commentaire sur les blessures qui ont frappé les Flyers. Avec Simon Gagné en santé, Brière aurait, au moins, 15 points de plus que Kovalev dans la course au trophée Art et les Flyers seraient en avant du Canadien. Je vous rappelle que le Canadien représente une des belles surprises de la saison alors que les Flyers représentent l’une des déceptions. Ils ne sont pourtant qu’à deux points du Tricolore avec un match en main. Ne relevez pas seulement que les points qui font votre affaire. C’est malhonnête…


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