Techniquement, les Sénateurs sont toujours premiers de la conférence de l’Est et le Canadien est toujours quatrième.
Techniquement! Parce que le Canadien a disputé un match de plus que les Sénateurs et parce que les Sénateurs ont deux victoires de plus.
Mais pratiquement, le Canadien a 73 points. Soixante-treize points qui le placent sur un pied d’égalité avec les Sénateurs. Soixante-treize points que personne ne peut lui enlever. Soixante-treize points qui sont mérités. Pleinement!
Qui l’eut cru? Certainement pas moi!
Même que je vais vous faire une confidence : je croyais sérieusement que le Canadien frapperait le mur cette semaine. Après la défaite contre Toronto et la raclée qui l’a suivie à Ottawa, je me disais que le Canadien, qui ne jouait pas du bon hockey, se casserait les dents en Floride.
Il l’a fait à Tampa.
Et il était en voie de le faire à Sunrise où il baissait bêtement pavillon contre des Panthers de la Floride qui ressemblaient à un club de la Ligue américaine tant ils étaient décimés par les blessures.
Puis, il y a eu ce coup de chance.
Vous ne pouvez pas déjà avoir oublié?
La rondelle qui a bondi au dessus du gant du gardien Tomas Vokoun pour se retrouver sur la lame du bâton de Christopher Higgins qui cette fois n’a pas raté le filet désert. Il faut dire qu’à ce chapitre, il avait donné assez souvent cette saison…
Je sais, je sais. On pourrait relever des tas de points tournants cette saison. Et on en relèvera peut-être d’autres au cours des prochaines semaines. Car la saison n’est pas terminée.
Peut-être même qu’elle va se prolonger…
Mais ce coup de chance a tout changé. Le but de Higgins a lancé le match en prolongation et Alex Kovalev a lancé le Canadien vers la victoire.
Il a surtout relancé l’équipe.
On sentait le Canadien inquiet avant ce match. On sentait les joueurs nerveux. Comme s’ils étaient conscients que les choses s’envenimaient et qu’ils étaient en voie de connaître une première séquence noire de la saison. C’était d’ailleurs la première fois de la saison qu’ils composaient avec une séquence de trois défaites de suite en temps réglementaire.
Cette inquiétude était évidente lors du match contre les Panthers. Un match au cours duquel les joueurs du Canadien n’impressionnaient personne en se faisant damer le pion par un club prêt à se faire battre avec quatre de ses neuf premiers attaquants et deux de ses quatre premiers défenseurs au rancart.
Double balayage
C’est toujours facile de la dire après. C’est vrai. Mais si le Canadien avait perdu ce match contre un adversaire misérable, je suis loin d’être convaincu qu’il aurait connu la fin de semaine qu’il vient de connaître.
Une fin de semaine qui lui a permis de balayer les Flyers de Philadelphie. Pas seulement samedi et dimanche. Mais aussi pour les quatre matchs de la saison.
Un balayage qui confirme, presque, la présence du Canadien en série et confirme, presque, l’exclusion des Flyers de la belle saison.
Comment ça presque? Parce qu’au point où je suis rendu, je suis mieux de me battre jusqu’à la dernière goutte de sang. Ça fera moins mal lorsque vous me planterez le dernier coup de couteau dans le dos…
Cela dit, si le Canadien a été chanceux de gagner mercredi et d’éviter une séquence prolongée de revers, il n’a pas eu recours à la chance pour gagner en fin de semaine.
Carey Price a été solide comme on s’attend à ce qu’un gardien d’une équipe gagnante soit solide. Sa défensive l’a aidé grandement, particulièrement Roman Hamrlik et Francis Bouillon qui sont plus solides que jamais encore cette saison. Les joueurs de soutient soutiennent les joueurs de tête qui ont fait ce qu’il fallait pour marquer des buts importants.
En passant, personne ne va reprocher à Guy Carbonneau d’avoir écarté Bryan Smolinski de sa formation hier soir.
Surtout qu’avec les résultats obtenus, avec ce que lui ont donné Maxim Lapierre et Steve Bégin à titre de centres remplaçants, on se demande comment Carbonneau pourrait rappeler au travail Smolinski mardi contre les Rangers.
Surtout que Bégin a gagné des mises en jeu, des batailles le long des rampes, des batailles tout court. Des aspects du jeu dont on peine à relever des victoires remportées par Smolinski…
Et y a-t-il encore quelqu’un qui va prétendre que le Canadien a besoin d’un tough?
Le Canadien a mis les Flyers dans sa poche d’en arrière dans tous les aspects du jeu en fin de semaine. Je veux bien que les Flyers soient démoralisés à l’idée de compléter la saison sans Simon Gagné et que cette blessure puisse pousser Peter Forsberg vers une autre formation pour compléter la saison.
Mais quand même. Ils avaient l’air d’enfants d’école contre Montréal. Et pendant qu’ils écopaient pénalités par-dessus pénalité et tentaient de faire peur au Canadien en criant que leurs pères étaient plus forts que ceux des joueurs du Canadien, les petits gars du Tricolore marquaient des buts.
Et c’est encore comme ça qu’on doit s’y prendre pour gagner des matchs de hockey…
La chasse est ouverte
Anyway!
Avec les Sénateurs qui perdent trop souvent à mon goût, avec les Red Wings de Detroit qui sont rendus à six défaites de suite, le Canadien forme peut-être l’équipe la plus régulière de la saison. La seule peut-être de la LNH à ne pas avoir perdu plus de trois matchs de suite en temps réglementaire.
Ce qui, en soi, est un exploit digne de mention et qui milite nettement en faveur de sa place en séries éliminatoires. Une place qui pourrait même dépasser celle que les optimistes les plus fous accordaient au Canadien alors que la chasse au premier rang est ouverte à tous… ou presque!
Car si les Sénateurs sont premiers, ils sont sérieusement menacés. Pas seulement par le Canadien, mais aussi par les Penguins de Pittsburgh qui se réveillent eux aussi avec 73 points en ce lundi matin.
« On est loin du 14e M. Gagnon », que vous écrivez souvent.
Je le fais donc tout de suite histoire de vous épargner du temps et de couper votre fun un brin…
Et de la façon dont les choses se déroulent, les Penguins comme le Canadien ont des chances de devancer les Sénateurs qui en arrachent et qui croiseront les Flyers de Philadelphie mardi.
Les Flyers en perdront-ils une huitième de suite?
On ne se surprendra plus de rien. Surtout que cette équipe est tellement sans gouvernail qu’on se demande comment elle fait pour garder le cap. Du moins un peu. Les Flyers écopent tellement de pénalités, des pénalités stupides car elle n’aident en rien la cause de leur équipe, qu’ils minimisent leurs chances de victoires.
Et je devrais peut-être écrire ces trois mots au singulier…
Car même si le Canadien n’a rien cassé en avantage numérique en fin de semaine, les Flyers ont tellement passé de temps à se défendre à court d’un homme, qu’ils se sont tirés dans le pied.
Bon! Mike Richards a marqué en désavantage numérique dimanche, mais vous comprenez ce que je veux dire… J’espère.
Et les Rangers forment une équipe surprenante. Une équipe capable du meilleur et du pire. L’ennui pour le Canadien c’est que les Blue Shirts semblent souvent garder le meilleur contre le Tricolore.
Mais de la façon dont le Canadien joue, il peut battre n’importe qui. Quand son gardien est bon et que l’équipe s’en donne la peine, comme cela a été le cas en fin de semaine. Ou quand la chance tourne de son bord, comme cela a été le cas en Floride mercredi.
Mais ce n’est pas tout d’être chanceux. Il faut savoir profiter de sa chance et savoir la faire fructifier.
Et à ce jeu, le Canadien a gagné sur toute la ligne cette semaine transformant une semaine qui aurait pu le faire plonger au classement en trampoline qui vient de le lancer vers le sommet de la conférence.
On ne rit plus.
En fait oui. Riez. Vous avez le droit, et vous le méritez. J’ajoute que je suis habitué. Car mon épouse, une fan du Canadien, rit à tous les soirs. Mes enfants rient eux aussi. Mais ils sont comme plusieurs d’entre vous : ils prennent pour le Canadien quand le Canadien gagne et ils le fustigent lorsqu’il perd.
On reconnecte plus tard lundi…

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