François Gagnon

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    Journaliste à La Presse et à LaPresse.ca, François Gagnon est un amateur de hockey depuis toujours qui n'hésite pas à chausser ses patins pour vivre la magie du sport. Chaque jour, il vous propose sa vision du hockey et attend avec impatience vos questions et réactions!
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    Mardi 29 janvier 2008 | Mise en ligne à 23h35 | Commenter Commentaires (172)

    Impressionnant!

    Assoyez-vous bien pour être sûr de ne pas tomber. Certains d’entre-vous sont pas mal détestables, mais je ne vous veux pas du mal pour autant. Quoi que des fois…

    Assoyez-vous parce que j’ai une confidence à vous faire. Vous êtes prêts?

    Non, non et non! Je n’assure pas le Canadien d’une place en séries. Pas encore! Mais je vous le concède sans la moindre retenue : ce club commence à m’impressionner.

    En fait non. Ça fait déjà un bout de temps qu’il m’impressionne, mais ce qui commence à m’impressionner, c’est qu’il est encore impressionnant alors que je pensais que rendu à ce point ci, il commencerait à l’être beaucoup moins. En fait, j’étais convaincu que rendez ici, il commencerait même à décevoir.

    Sauf qu’il est loin de décevoir.

    J’ai des yeux pour voir et des oreilles pour entendre. Et à voir les 21 273 partisans fêter dans les gradins hier et à les entendre crier leur joie de voir leur équipe remporter une deuxième victoire consécutive à la maison pour la deuxième fois seulement cette saison, je suis bien conscient que les amateurs sont loin d’être déçus.

    Et je n’ai qu’à jeter un coup d’œil sur les courriels que vous déposez sur Sans ligne rouge pour savoir que vous êtes loin d’être déçus également.

    Ça vous honore. Tous!

    Dans le fond, c’est peut-être parce que je pense trop à vous et à votre bien-être que je tente de vous préparer à faire face au grand mal qui vous emporterait sans doute si votre club vous faisait dans les mains encore cette année.

    Je sais, je sais. Vous êtes convaincus que cette année c’est la bonne. Lâchez pas! Vous finirez par me convaincre à mon tour…

    Et si votre continue à jouer des matchs comme celui qu’il vient de livrer ce soir, il dissipera tous les doutes et donnera même raison aux trop optimistes qui les voient déjà loin.

    Une chose est certaine. C’est que ce midi, près du vestiaire de son équipe, Bruce Boudreau assurait qu’il n’aimait pas affronter le Canadien.

    Pourquoi?

    « Parce que c’est une bonne équipe », qu’il a répondu.

    Le Canadien lui a donné raison. Et comment.

    Car partis en congé le cœur léger et la tête en fête après leur victoire de jeudi dernier au New Jersey, Cristobal Huet et ses coéquipiers sont repartis en grande dès hier.

    Ils ont remporté une victoire sans équivoque de 4-0 aux dépens d’Alexander Ovechkin et des Capitals de Washington. Une deuxième consécutive au Centre Bell, une troisième de suite et une septième en neuf matchs.

    Une victoire qui permet au Tricolore de poursuivre sa croisade vers les séries éliminatoires.

    Bon! Le Canadien est encore à six points des Sénateurs et du premier rang de la conférence parce que les Sénateurs – vous savez cette mauvaise équipe de hockey que vous diminuez depuis deux semaines – ont remporté une victoire à Uniondale.

    Une chance qu’ils ont gagné cela dit. Une maudite chance. Parce que je sens que j’en aurais pris plein la poire aujourd’hui, demain, et après-demain…

    Mais parce qu’il a gagné, le Canadien maintient sa position parce que tout le monde autour de lui, Caroline, Pittsburgh, Boston, Philadelphie, a gagné aussi…

    Et le Canadien a bien gagné. Très bien à part ça.

    Il a fait «tout un match » comme l’a lancé Cristobal Huet qui a eu un gros mot à dire en dépit d’un score final qui laisse croire à une totale domination.

    Le gardien français a réalisé 35 arrêts, dont 28 lors des deux premiers engagements, pour remporter son 18e gain de la saison.

    Huet s’est imposé quatre fois devant Alexander Ovechkin, le meilleur franc-tireur de la LNH, pour récolter son 2e jeu blanc cette année – un premier depuis le 5 novembre (2-0) aux dépens des Sabres de Buffalo – son 11e avec le Canadien et son 15e en carrière.

    « C’est toujours bien de récolter un blanc, mais il ne faut pas trop y penser. On voulait surtout laisser le trio d’Ovechkin sans point et les gars ont fait du très gros travail devant moi. Mike (Komisarek) et Andrei (Markov) ont été très solides tout comme le trio défensif qui s’est dressé contre eux. J’ai eu quelques bons arrêts à faire en deuxième, mais règle générale, les tirs sont venus de l’extérieur », analysait Huet après la rencontre.

    Bon départ

    Après un congé de quatre jours, les deux équipes ont très bien entrepris la rencontre y allant de belles poussées et de quelques bonnes occasions de marquer.

    Les deux clubs ont échangé 75 tirs au total. C’est une bonne soirée…

    Le Canadien a su profiter de la première pénalité écopée par les Capitals pour s’inscrire au pointage.

    Mark Streit a marqué son 7e de la saison sur un tir frappé de la ligne bleue. Un tir décoché dès la réception de la passe savante d’Andrei Markov. C’était la 24e passe et le 35e point de la saison pour Markov. Une 16e passe et un 27e point récoltés lors d’attaques massives.

    Malgré la grande efficacité du Canadien en attaque massive, c’est en désavantage numérique qu’il s’est illustré. En désavantage de deux hommes alors que Steve Bégin est allé rejoindre Sergei Kostitsyn au banc des pénalités en fin de première période.

    Parce que Alex Kovalev s’impose, et de loin, comme son meilleur attaquant depuis le début de la saison, Guy Carbonneau l’a envoyé en mission défensive.

    Kovalev a relevé le défi avec brio.

    Solide le long de la bande, il a compliqué le travail de ses adversaires et il a même fait avorter une poussée en s’interposant devant Alexander Ovechkin à l’entrée du territoire du Canadien.

    Kovalev a ainsi provoqué un revirement qui a permis à Tomas Plekanec de s’envoler en échappée flanqué de Sergei Kostitsyn qui venait de sortir du banc de pénalité.

    Descente à deux contre le gardien, passe de Plekanec à Kostitsyn, but!

    Un cinquième cette saison pour le Canadien à quatre contre cinq.

    Kovalev n’a pas récolté de passe sur ce jeu, malgré le fait qu’il en soit le grand architecte.

    « Vous pouvez en mettre sur le jeu de Kovalev. Il s’est dit bien des choses sur le compte d’Alex l’an dernier. Il a été souvent critiqué. Mais cette année, vous pouvez compter sur les doigts d’une main les semblant de mauvais matchs qu’il a disputés », plaidait Guy Carbonneau après la rencontre.

    Carbo a bien raison. Mais il faudrait lui rappeler qu’il n’y a pas que les journalistes qui se plaignaient du rendement du numéro 27 l’an dernier. Le coach du Canadien n’était pas satisfait lui non plus…

    Jambes sciées

    Les ennuis des Capitals n’étaient pas terminés.

    Car dès sa sortie du banc des pénalités, Steve Bégin a foncé dans le territoire des Caps où le gardien Brent Johnson a retraité du coin de la patinoire sans toucher à la rondelle. Bégin s’en est emparée et l’a refilée à Saku Koivu apparu dans l’enclave.

    C’était 3-0.

    « C’est tout un feeling de voir ton club marquer lorsque tu es au banc des pénalités. D’avoir contribué au troisième dès ma sortie c’en est un autre très fort. J’ai été surpris de voir le gardien laisser la rondelle dans le coin. Et si j’ai voulu tenter de revenir devant le but, j’ai changé d’idée dès que j’ai vu Saku », racontait un Steve Bégin très souriant.

    Car en plus d’avoir récolté une passe sur ce but qui a scié les jambes des Capitals, le fougueux ailier a été très efficace en couverture défensive devant le trio d’Alexander Ovechkin.

    «Bryan (Smolinski) est intelligent et T.K. (Tom Kostopoulos) est intense comme moi. On travaille, on patine, on se parle, on se comprend et on est efficace dans notre rôle. Mais il faut donner le crédit à Cristobal qui a été excellent. Il nous motive avec ses arrêts. On veut gagner pour lui », témoignait Steve Bégin après la rencontre.

    « Les deuxième et troisième buts du Canadien sont le résultats de batailles perdues », assuraient Bruce Boudreau après le match.

    « C’est une chose d’être bons, mais quand tu te crois meilleur que tu l’es, tu ne gagnes pas de matchs de hockey. Et c’est ce qu’on a fait ce soir…

    Alex Kovalev a scellé l’issue de la rencontre avec son 22e de la saison alors qu’il ne restait que 47 secondes à faire au match.

    Un but qui a soulagé bien du monde, parce que Kovalev, atteint par une rondelle tirée par Tom Poti en deuxième, a semblé se blesser à un pouce.

    « Il n’y a rien là. J’ai manié la bâton avec quatre doigts », assurait Kovalev un peu désinvolte.

    Mais bon. Kovalev joue très bien, son équipe gagne et tout le monde semble content.

    Tout le monde…

    Le Canadien s’envole aujourd’hui vers Washington où les deux équipes ont rendez-vous à nouveau dès demain.


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