Par où commencer? Par la guigne du 23 décembre qui se prolongera encore au moins un an? Par l’atroce performance offerte par les joueurs du Canadien? Où par la magie déployée par Mike Ribeiro dans le cadre de son premier match contre son ancienne équipe?
Commençons par le plus méritant. Et le plus méritant c’est Ribeiro.
Comme il me l’avait dit lors de notre conversation vendredi, Ribeiro voulait s’offrir le Canadien de Montréal comme cadeau de Noël.
Il s’est fait plaisir.
De fait, avec un but, deux passes et des dizaines de feintes qui ont donné des maux de tête aux défenseurs du Canadien et une sélection à titre de première étoile, Ribeiro a mis le Canadien en boite, a enveloppé le paquet, l’a déposé sous le sapin et n’a pas attendu le réveillon pour le déballer.
Ses deux passes ont permis aux Stars de prendre les devants 2-0 en première. Son but a lancé Dallas en avant 3-0 dès les premières secondes du dernier tiers et les Stars en ont ajouté un pour remporter une victoire facile, vraiment facile, de 4-1 aux dépens du
Canadien.
« Oui c’est un beau cadeau. C’était un match vraiment spécial. Pas juste pour moi, mais pour Brenden qui voulait impressionner le beau-père », a lancé un Ribeiro très heureux.
« On a joué une très grosse première. Mon but, c’est juste un boni. J’ai comme senti que la rondelle pourrait être libre et elle s’est retrouvée devant moi. Je voulais déjouer, mais j’ai vu l’ouverture et j’ai tiré. Ça fait un petit velours. Je suis vraiment content. Je pense même demander à RDS si je pourrais avoir une copie du match. Mais le plus le fun s’en vient. Car la prochaine fois, ce sera à Montréal. »
Guidés par cette brillante sortie de Ribeiro, les Stars prolongent à six leur série de victoires consécutives. Ils ont maintenant remporté 14 des 19 derniers matchs qu’ils ont disputés.
Rien que ça…
La guigne se poursuit
À son deuxième match en deux soirs et dans le cadre d’un troisième en quatre jours, le Canadien n’a fait qu’acte de présence hier à Dallas.
Il n’a obtenu que huit tirs en première, en a ajouté quatre seulement en deuxième et n’a mis le gardien Marty Turco à l’épreuve que 18 fois. L’excellent gardien des Stars n’a pas eu de miracles à exécuter. Il était d’ailleurs en voie de récolter un 2e jeu blanc cette saison et 32e en carrière lorsque Andrei Markov l’a déjoué sur un jeu amorcé par les frères Andrei et Sergei Kostitsyn qui ont joué ensemble à compté de la deuxième période.
C’était un 9e but cette saison pour le meilleur défenseur du Canadien.
Cette contre-performance du Tricolore prolongera pendant au moins encore un la guigne du 23 décembre qui s’acharne sur le Canadien depuis 62 ans maintenant.
Avec ce revers, le Tricolore étire à 18 sa série de matchs consécutifs sans victoire sur la route un 23 décembre. Depuis ce dernier gain remporté en 1945, à Boston, le Canadien a maintenant perdu 10 fois et fait match nul à huit reprises.
En passant, les frustrés qui ne sont pas capables de comprendre qu’il ne s’agit ici que d’une statistique, donc d’une indication, et que je n’ai jamais eu l’intention de tenter de faire croire à qui que ce soit qu’il s’agissait d’une loi de la nature, devraient se concentrer sur les tribunes téléphoniques…
Franchement! Je ne sais qui a écrit cette baliverne hier en me comparant à JoJo Savard parce que je proposais cette statistique qui est lourde à porter vous devriez au moins en convenir.
JoJo Savard et sa gang vous parlent de l’avenir.
Moi, je vous ai parlé du passé. Du passé qui est parfois garant du futur, c’est vrai. Mais je vous ai parlé du passé du Canadien le 23 décembre sur la route. Point à la ligne.
Et ce passé, surtout récent, on peut tirer une conclusion. Les joueurs du Canadien jouent mal le 23 décembre. Est-ce qu’ils jouent mal parce qu’ils sont confinés à la route, loin des leurs, alors qu’ils voudraient préparer Noël?
Peut-être!
Mais un fait demeure : ils jouent mal. Et s’ils jouent aussi mal l’an prochain qu’ils l’ont fait ce soir contre Dallas, ils vont perdre encore dans 12 mois peu importe l’endroit où ils feront escale.
À moins que George Gillet ne décide de faire un appel à la LNH pour dire que son équipe n’est plus disponible le 23 décembre…
Quel spectacle
Pendant que ses joueurs se faisaient endormir par Mike Ribeiro et ses coéquipiers sur la patinoire, Bob Gainey, très haut perché sur la galerie de presse, assistait impassible au spectacle offert par le joueur de centre qu’il a échangé aux Stars l’an dernier en retour du défenseur Janne Niinimaa.
Ribeiro n’a pas mis de temps à produire.
Profitant d’une cascade de sorties de zone ratées par les joueurs du Canadien, Ribeiro et ses coéquipiers ont orchestré plusieurs belles poussées.
C’est d’ailleurs après l’interception d’un dégagement que Ribeiro s’est retrouvé en possession de la rondelle qu’il a habilement refilée à Antti Miettinen qui a lancé les Stars en avant 1-0.
Moins que quatre minutes plus tard, Ribeiro a récidivé en servant une passe savante à son capitaine Brenden Morrow. Le gendre de l’entraîneur-chef du Canadien, bien posté dans l’enclave où personne ne l’a vraiment gêné, a simplement redirigé la passe de Ribeiro.
C’était 2-0.
En deuxième période, les deux clubs se sont échangés neuf tirs. Rien pour écrire des cartes de Noël…
Dès la reprise du jeu, en troisième, Ribeiro a volé la rondelle à Roman Hamrlik au centre de la patinoire et il a filé jusqu’à Carey Price qu’il a déjoué dans la partie supérieure.
C’est aussi dans la lucarne que Stu Barnes a logé son puissant tir frappé qui donnait les devants 4-0 aux Stars.
L’issue du match était alors connue. De fait, elle l’était depuis un bon moment.
Dominé dans tous les aspects du jeu, le Canadien a évité une chute au classement. Les Bruins de Boston ayant perdu eux aussi hier, le Canadien et les Bruins conservent leur 4e et 5e places dans la conférence de l’Est.
Carbonneau en beau fusil
S’il pourra féliciter son gendre aujourd’hui et demain, Guy Carbonneau n’avait que des reproches à lancer à ses joueurs après cette défaite amère.
« Je peux accepter la défaite. Je peux vivre avec en autant qu’on se défonce sur la patinoire. Et ce soir, on n’a rien donné. Rien! C’est extrêmement décevant. On avait parlé des erreurs à éviter, de l’importance de bien commencer le match et rien de cela n’a paru dans le match. On jouait une deuxième partie en deux soirs, c’est vrai. Mais il faut prendre les moyens d’aller puiser dans nos ressources. On ne l’a pas fait ce soir », a indiqué Carbonneau.
« Je ne sais pas quoi dire et il me semble que cela arrive trop souvent. Ça veut dire que nous jouons trop de matchs comme celui de ce soir. C’était désolant. Nous n’arrivions pas à compléter deux passes de suite. On s’est fait dominer le long des bandes, on arrivait deuxièmes sur toutes les rondelles. C’est vraiment un mauvais match », a renchéri Christopher Higgins.
Victime de quatre buts sur 21 tirs, Carey Price s’est senti de retour en classe au cours du match.
« Ils nous ont ramenés à l’école en disputant un match aussi solide. Ils sont bons avec la rondelle et nous leur avons donné la chance d’être meilleurs encore en leur donnant beaucoup trop de temps. Ribeiro a donné tout un spectacle. »
Écrit dans le ciel
Mathieu Dandenault l’a admis candidement. Lui et ses coéquipiers ont été dominés sans merci par des Stars de Dallas supérieurs dans tous les aspects du jeu. Mais au lieu de se torturer dans la défaite, Dandenault tenait à rendre hommage à Mike Ribeiro.
« C’était écrit dans le ciel qu’il allait connaître un match comme celui là contre nous. C’est tellement un bon joueur. Il est tellement intelligent. En plus, on a fait l’erreur de lui donner de l’espace et du temps. C’est sûr qu’il allait en profiter », a lancé Dandenault.
« Il a réussi des passes comme il en réussissait à Montréal sur les deux premiers buts. Et comme si ce n’était pas assez, il a profité d’une rare erreur de notre meilleur défenseur défensif (Roman Hamrlik) pour aller marquer un but. C’est ça que je veux dire quand je dis que c’était écrit dans le ciel », a conclu Dandenault.
Dans le vestiaire des Stars, Mike Ribeiro était assailli de toutes parts.
À ses côtés, Stéphane Robidas était très heureux pour son co chambreur.
« On vient de rentrer d’un long voyage et on en parlait cette semaine de ce match contre Montréal. C’était très important pour Mike. Il voulait non seulement gagner, mais bien faire. C’était mon troisième match contre Montréal et dès le premier jour de la sortie du calendrier, il était encerclé. Imagine ce que ça représentait pour Mike qui a joué plus longtemps que moi avec le Canadien et qui était un rouage bien plus important. Mais je suis content moi aussi de les avoir battus », a indiqué Robidas qui a joué plus de 20 minutes hier.
Entre les lignes
Les marqueurs officiels ont regardé une autre partie que celle qui opposait le Canadien aux Stars hier. Car si l’ont se fie à leurs yeux experts les joueurs du Tricolore n’ont commis que sept revirements. Ils en avaient sept avant même la fin de leur première présence sur la glace…
Roman Hamrlik a terminé sa soirée de travail avec un différentiel de moins-4. Celle là est vraie toutefois. Pôvre Hamrlik! Tellement fiable normalement. Il en avait une mauvaise dans le système…
Rentrés à Montréal au cours de la nuit, les joueurs du Canadien – du moins ceux qui ont fait le voyage – profiteront de deux jours de congé avant de quitter, le 26 à midi, pour Tampa Bay où ils poursuivront leur voyage de six matchs. Ils affronteront le Lightning le 27 décembre, les Panthers de la Floride le lendemain et les Rangers à New York, le 30.
Joyeux Noël…
Je prends quelques jours moi aussi. Je vous souhaite vraiment un beau Noël et on reconnectrera avant le nouvel an. À défaut d’êtres sages, soyez au moins prudents…

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