François Gagnon

François Gagnon - Auteur
  • François Gagnon

    Journaliste à La Presse et à LaPresse.ca, François Gagnon est un amateur de hockey depuis toujours qui n'hésite pas à chausser ses patins pour vivre la magie du sport. Chaque jour, il vous propose sa vision du hockey et attend avec impatience vos questions et réactions!
  • Lire la suite »

    Partage

    Mercredi 14 novembre 2007 | Mise en ligne à 8h57 | Commenter Commentaires (51)

    Komisarek a gardé le meilleur pour la fin

    Quand je mangeais des Smarties, je gardais toujours les rouges pour la fin. Aujourd’hui, je les mange comme ils viennent parce que rouge, bleu ou jaune, ils goûtent tous la même affaire…

    Pourquoi vous parler de Smarties?

    D’abord parce que j’ai faim et ensuite parce que les Maple Leafs et le Canadien ont disputé un autre match Smarties qui les caractérise en attendant le plus tard possible avant de marquer le but décisif.

    C’est bon pour le spectacle.

    C’est bon pour les cotes d’écoute de Pierre et Yvon à RDS.

    Mais c’est loin d’être bon pour le cœur du journaliste qui ne sait pas par quel bout commencer parce qu’il ne sait pas comment ça va finir. C’est mauvais aussi pour les cœurs de ses collègues qui se font du sang de cochon parce que passé 23 h, dans une salle de rédaction, les secondes de retard ressemblent à des minutes. Réjean ne vous a pas assez décrit l’enfer du « dead line » dans sa série Scoop.

    Il se reprendra sûrement un jour…

    Tout ça pour vous dire que les Leafs et le Canadien nous ont encore fait veiller tard hier.

    Mais cela a valu la peine.

    Pourquoi? Parce qu’on a eu droit à un but en fusillade alors que le match était seulement en prolongation.

    Parce que le but est venu du défenseur Mike Komisarek. Un des derniers vers qui Guy Carbonneau se serait tourné sur le banc du Canadien si une fusillade s’était prolongée.

    Et parce que ce but a scellé l’issue de la rencontre après 35 secondes d’écoulées en prolongation.

    Le gros défenseur du Canadien a profité d’une bévue de Nik Antropov et Bryan McCabe qui ont joué à la patate chaude avec la rondelle à la ligne bleue du Canadien pour s’offrir une longue échappée au terme de laquelle il a glissé la rondelle entre les jambières du gardien Andrew Raycroft.

    « Guy (Carbonneau) vient de me dire qu’il penserait à moi lors de la prochaine fusillade, mais je pense vraiment qu’il blaguait. Car bien honnêtement, je n’avais pas la moindre idée de ce que j’allais faire », a candidement reconnu Komisarek dans le vestiaire enjoué du Tricolore.

    « J’ai vu qu’ils avaient des ennuis en j’ai senti que je pouvais prendre une chance et foncer sur eux», a indiqué le défenseur.

    S’il a marqué le but de la victoire en prolongation – c’était son 2e but de la saison – Komisarek a contribué au fait que le match se soit décidé en prolongation en effectuant une belle glissade qui lui a permis de bloquer un tir en fin de match.

    C’était le 5e tir bloqué du match pour le gros Komo et le 15e du Tricolore.

    Disons que ça aide la cause d’un gardien.

    Petits chiffres

    C’était la sixième fois qu’un match du Canadien se prolongeait au-delà des trois périodes réglementaires. Il a remporté trois victoires, subi un revers en prolongation et deux autres en fusillade.

    Pour rester dans les statistiques, disons aussi que ce but vient de casser la guigne du Canadien en Ontario. Komisarek a permis à son équipe de freiner à huit, sa séquence de défaites consécutives encaissées à Toronto et Ottawa.

    Autre petit chiffre : les Leafs ont encaissé hier une cinquième défaite de suite au Air Canada Centre. Un domicile pas très chaleureux pour Mats Sundin et sa bande qui y ont reporté seulement trois victoires en 11 matchs cette année. Les Leafs ont perdu quatre fois et subi le même nombre de revers en prolongation ou fusillade.

    Pas fort!

    S’ils ont joué aussi mal qu’ils l’ont fait hier on comprend que les Leafs aient perdu aussi souvent à la maison.

    Car ils font dur sans bon sens. De fait, ils n’ont qu’eux à blâmer ce matin pour la défaite encaissée aux mains du Canadien.

    En dépit du but de Komisarek, en dépit de la tenue encore très rassurante de Carey Price qui a été excellent encore hier, en dépit de l’efficacité du trio de Tomas Plekanec, Alex Kovalev et Andrei Kostitsyn, le meilleur, et de loin du Canadien hier, tout n’a pas été parfait pour le Tricolore.

    Loin de là. Il a accordé un total de 40 tirs aux Maple Leafs et en a obtenu 25. Il a écopé des pénalités à répétition et n’eut été de l’ineptie des Leafs qui se sont contentés d’un but en sept occasions dont un long avantage de deux hommes (1 :13) le résultat du match aurait pu être bien différent.

    Car si on fait un petit décompte et qu’on ajoute aux 40 tirs obtenus, les 21 qui ont raté la cible et les 15 bloqués par les joueurs du Tricolore, c’est 76 tirs que les Leafs ont pu décocher hier.

    Le Canadien en a décoché 41. Vingt-cinq se sont rendus à Andrew Raycroft.

    Encore l’attaque à cinq

    Les Leafs ont été atroces en attaque massive, je vous l’ai dit. Pendant l’avantage numérique de deux hommes dont ils ont profité en deuxième, ils n’ont pas su cadrer un seul tir sur le filet du Canadien.

    Carey Price est très fort. Je veux bien. Il est gros et oblige ses adversaires à viser les coins. Je veux bien là aussi. Mais les tirs des Leafs sont passés tellement loin du but qu’il serait dangereusement chauvin de donner tout le crédit au jeune gardien du Canadien.

    Inversement, l’attaque à cinq du Tricolore a encore très bien fait avec un but en trois occasions. Un but marqué par Andrei Markov sur un puissant tir frappé pendant que le Canadien profitait d’une supériorité de deux hommes.

    C’était le sixième but de Markov cette saison. Six buts qui lui permettent d’égaler sa production de la saison dernière. C’était aussi son quatrième en avantage numérique.

    Si cette statistique est bien belle, Markov a assombri sa soirée de travail avec quatre pénalités mineures. Des pénalités qui ont suivi une altercation entre le défenseur russe et la petite peste Darcy Tucker. Tucker a dû faire quelque chose à Markov, car c’est à ses dépens que le meilleur défenseur du Canadien a écopé deux de ses quatre pénalités.

    Le but de Markov a permis au Canadien de prendre les devants 1-0 en première. Il est venu après que Adrew Raycroft eut réalisé deux vols aux dépens d’Alex Kovalev et Saku Koivu.

    Au deuxième tiers, Montréal a levé le pied laissant les Leafs obtenir 15 tirs sur Carey Price qui a encore été excellent hier soir.

    Kyle Wellwood a filé entre les pattes du vétéran Bryan Smolinski pour faire dévier une belle passe et niveler les chances tôt en deuxième. Il a ajouté un but en saisissant un retour sur un puissant tir frappé de Mats Sundin. Ce but a été enfilé alors qu’il ne restait que deux secondes à écouler à la troisième pénalité décernée à Markov.

    Marqué en fin de deuxième, ce but aurait pu faire mal au Canadien.

    Mais Tomas Plekanec, Alex Kovalev et Andrei Kostitsyn, ont combiné leurs efforts pour désorganiser une défensive déjà pas mal désorganisée pour ramener le Tricolore dans la rencontre dès la reprise du jeu.

    C’est Kostitsyn qui a marqué de l’enclave avec un puissant tir. La première vraie bonne occasion de marquer du Canadien dans cette période.

    Boyd Devereaux, sur un tir dévié, a redonné l’avance aux Leafs en troisième, mais Alex Kovalev, avec son 9e de la saison, a forcé la prolongation en déjouant Andrew Raycroft avec un tir sur réception parfait. Il faut dire que Tomas Plekanec lui a servi une passe savante sur le jeu.

    Une belle complicité semble s’installer entre Plekanec et Kovalev. On est loin de l’indifférence affichée par le russe l’an dernier à l’endroit du petit joueur de centre tchèque que qui Kovalev avait rarement de bonnes choses à dire.

    Souvenez-vous! Lorsque Guy Carbonneau a muté Kovalev au centre l’hiver dernier, il n’avait pu s’empêcher de lancer : «de cette façon, Kovi ne pourra au moins plus se plaindre de la qualité de son joueur de centre… »

    Petit match tranquille pour Price

    Quarante tirs, 37 arrêts, de l’action dans son demi-cercle alors que ses adversaires des Leafs ne se sont pas gênés pour venir le frapper.

    Si vous croyez que Carey Price était épuisé après une dure soirée de travail, vous vous trompez. Le jeune gardien était frais comme une rose et il distribuait les compliments.

    « J’ai fait quelques bons arrêts, c’est vrai, mais ne vous laissez pas déjouer par le nombre de tirs. Ils venaient de loin, ils venaient d’angles restreints et mes coéquipiers se sont bien occupés des rebonds », assurait Carey Price.

    « Il est tellement calme devant son but, il nous met tous en confiance », a indiqué Steve Bégin en ajoutant que Cristobal Huet dégageait lui aussi ce même sentiment de confiance au sein du vestiaire.

    Fort d’une quatrième victoire, Carey Price ne partageait pas l’avis des journalistes qui ne misaient pas cher sur les chances de Mike Komisarek de marquer en échappée.
    « Nous complétons souvent nos entraînements avec des tirs de barrage. Ça permet à tout le monde de mieux se préparer. Mike a quelques gestes décevants vous savez. Je pensais qu’il opterait pour un tir, mais il a réalisé une très belle feinte », a analyse Price.

    « Quand j’ai vu Mike se retourner pour réaliser qu’il avait une bonne longueur d’avance, j’ai su qu’il allait marquer. Parce qu’il n’avait personne à ses trousses, il a peu prendre son temps et bien profiter de sa chance. C’est un gros but. »

    Guy Carbonneau a pris un pari en envoyant Carey Price dans la mêlée à Toronto.

    « Quand je prends des paris, j’aime mieux les gagner. Mais je n’avais pas de doute dans mon esprit quant à cette sélection. Depuis son deuxième ou troisième match, Carey nous a prouvé qu’il pouvait vraiment faire le saut dans la LNH. Il est très bon et les bons joueurs savent toujours se démarquer dans les occasions importantes. Il l’a fait ce soir. Nous avons deux gardiens qui nous donnent l’occasion de gagner. Notre attaque à cinq nous donne des chances de gagner à tous les matchs. C’est ce qui nous a permis de nous en sortir ce soir après une deuxième période qui n’a pas été évidente », a commenté Guy Carbonneau.

    Dans le vestiaire des Leafs, Jason Blake avait des hommages à rendre à certains joueurs du Canadien.

    « Le gardien a été très bon, c’est évident. Il est calme et a réalisé de très bons arrêts de la mitaine. Mais Alex Kovalev a disputé une très grosse rencontre et ce damné numéro 14, Tomas Plek… je ne sais pas trop, il est vraiment très bon. Je le regarde aller depuis l’an dernier et c’est un joueur qui peut changer le cours d’un match. Lui et Kovalev l’ont d’ailleurs fait en marquant le but qui nous a fait très mal en fin de deuxième et celui qui a poussé le match en prolongation. »

    Entre les lignes

    Mes excuses tout d’abord. J’ai déposé le blogue à mon retour à l’hôtel hier soir, mais je viens de me rendre compte que j’ai dû louper une procédure. Désolé du retard…

    Rentré de Toronto immédiatement après la rencontre, le Canadien s’entraînera aujourd’hui avant de reprendre la route, demain, afin de se rendre à Buffalo où il croisera les Sabres vendredi.

    Le Canadien a obtenu son premier tir de la deuxième période – un tir inoffensif qui venait de la ligne bleue – après 8 :46 de jeu…

    La leçon de mises en jeu donné par Guy Carbonneau à ses quatre joueurs de centre hier midi n’a pas donné les résultats espérés les Leafs ayant remporté 61 % des 62 mises en jeu disputées hier.

    Parlant de Guy Carbonneau, il est parti à rire hier lorsqu’on lui a demandé de commenter le fait que son bon ami Brett Hull est maintenant directeur général par intérim des Stars de Dallas. « Il s’intéressait à ce poste depuis un bon moment. Je ne sais pas s’il est prêt, mais il sera bien entouré », a lancé Carbonneau qui est certains d’avoir une autre job, si jamais Bob Gainey devait le congédier…

    Bryan Smolinski a quitté le match en deuxième victime d’une coupure au dessus de l’œil. « J’ai été atteint par le bout du bâton de Kostitsyn pendant un changement de joueurs. Il y avait bien des joueurs qui se croisaient et je n’ai pas vu la lame de son bâton arriver. C’est passé trop proche de l’œil à mon goût. Pour ce qui est du premier but, j’ai perdu Wellwood. Je me suis retourné et la seconde d’après, il marquait… »

    Saku Koivu a réalisé deux petits jeux qui ont eut de grandes répercussions. Sur le but de Markov, le valeureux capitaine n’a pas obtenu de mention d’aide, mais c’est lui qui a fait une partie du travail en sautant pour laisser passer la rondelle tout en voilant la vue du gardien des Leafs Andrew Raycroft. Pendant une attaque massive des Leafs, Koivu a aussi remporté une bataille pourtant très inégale, alors qu’il a chassé de la rondelle le gros Alexei Ponikarovsky pour ouvrir la voie à un dégagement…

    Les joueurs du Tricolore se sont rendus coupables d’un bien vilain jeu en première. Après l’annonce d’une pénalité, Carey Price s’est rendu au banc pour être remplacé par un sixième attaquant. Rien de mal jusque là. Mais par la suite le Canadien a niaisé avec la rondelle, il est revenu dans son territoire et s’est finalement rendu coupable d’un dégagement refusé. Résultat : une mise au jeu en territoire défensif et l’impossibilité de compléter des changements…

    Lu sur une pancarte que tenait un fier papa accompagné de son épouse et de deux charmantes fillettes : Deux équipes favorites, un match à gagner = une chicane de famille. Non monsieur, c’est juste un jeu. Ou à peu près…


    À vous de lancer la discussion!

    Soyez la première personne à commenter cet article.

    Vous désirez commenter cet article?   Ouvrez une session  |  Inscrivez-vous

    publicité

  • Twitter

  • Catégories



  • publicité





  • Calendrier

    mai 2013
    L Ma Me J V S D
    « avr    
     12345
    6789101112
    13141516171819
    20212223242526
    2728293031  
  • Archives

  • publicité